CHAPITRE XI
graderai mon l'ang , mon État , la race de qui je descends, le fils qui me succédera, les rois et princes étrangers, dont les droits seraient lésés dans ma personne, en obéissant à une lettré pareille? Jamais. Abattue, à ce que je dois pamitre, mon cœur est grand, et il ne se soumettra à aucune humi^ liation'. »
Elle ajouta, d'ailleurs, qu'elle était privée de ses papiers, dénuée de conseils, entourée d'adversaires, qu'elle ignorait les lois et les statuts du royaume où elle ne saurait trouver des pairs compétents pour la juger, et affirma qu'elle était innocente. « Je n'aî, dit-elle en finissant , ni dirigé , ni encouragé aucun attentat contre votre maîtresse. Je suis sûre que rien de pareil ne pourrait être prouvé contre moi , bien que je l'avoue librement , lorsque ma sœur eut rejeté toutes mes offres, j'ai remis moi et ma cause entre les mains des princes étrangers*. »
Le refus que faisait Marie de reconnaître la juridiction à laquelle on prétendait la soumettre n'était pas seulement conforme à la majesté de son rang, il était im moyen de sûreté pour sa personne. Si elle avait persisté jusqu'au bout, il eût été difficile de la condamner sans qu'elle fût entendue, et il serait
* UoweM^ State trials, 1. 1, p. 1169.— Ms. State Pap. Of£, 12 oct. 1586; The Scotish Queen's first answer. — Tytler, t. Vra, p. 850.
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a38 MARIE STUART.
devenu impossible de conduire à l'échafaud une reine en exécution de la sentence portée contre elle par les sujets incompétents d'une autre reiiie. Elle parut le comprendre d'abord^ et ne reçut les principaux commissaires que dans sa cbambre. l^le eut plusieurs entrevues avec le lord cbancelieir et le Icnrd trésorier, qu'elle embarrassa par la finesse de ses rep£U*ties et VéDei^ie de ses récriminations.
Instruite de ses fières réponses et de ses opiniâtres refus y Elisabeth prescrivit aux commissaires de passer outre à l'examen du procès^ mais de ne pa» prononcer le jugement avant d^ètre revenus auprès d'elle et de lui avoir présaité un rapport sur toute l'affaire ^ Elle essaya en même temp,. avec beaucoup d'artifice, d'ébranler la détermination de Marie^ en faisant luire, à travers sa sévérité, un rayoo d'espérance pour elle si elle montrait plus de con-, descendance envers ses volontés. « Vous avez, lui disait-elle, essayé, en diverses sortes, de m'èt^r la vie et de ruiner laon royaume par effusion de sang. Je n'ai jamais agi si dur^nent coBtre vous^ mais au contraire, je vous ai préservée comme si vous étiez ime autre moi-même. Ces trahisons vous seromt prouvées et rendues manifestes. Par cette raison^ notre plaisir est que vous répondiez à ma noblesse et paire de mon royaume comme vous le feriez si j'étais pré-
* The English Queen to lord Burghley, 12 ùcL Brit Mu»* Calig;ula, c. ix, fol, 332. — Ms. State Pap. Off.