‹ Histoire de Marie StuartChapitre 161 sur 224 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

près d'eux les lords du conseil privé, Crofts, Hatton, Walsingham, Sadler, Mildmay et Paulet. Un peu en avant se trouvaient, à droite les grands juges d'Angleterre et le premier baron de la cour de l'échiquier, et à gauche les autres juges et barons avec deux docteurs de la loi civile. Au milieu étaient rangés, autour d'une table, l'attomey général de la reine Popham , son solliciteur Egerton , son sergent es lois Gawdy, et le clerc de la couronne Thomas Powell, avec deux greffiers pour écrire les procèsverbaux ^ Quelques gentilshommes du voisinage, admis à l'audience, se tenaient à la barre*.

Lorsque Marie Stuart parut devant cette imposante assemblée, elle s'inclina vers les lords avec une grande dignité ^. Conduite jusqu'au siège de velours qui avait été préparé pour elle, et voyant qu'il n'avait pas été mis sous le dais, mais plus bas^, elle parut sentir cette humiliation, et dit fièrement : «Je suis reine, j'ai été mariée à un roi de France, et ma place devrait être là**. » Elle promena ensuite un triste regard sur cette grave réunion de lords , d'hommes d'État, de jurisconsultes , et ajouta avant de s'asseoir : « Hélas ! il y a ici un grand nombre

* Howell, t. I, p. 1172-73. — * Tytler, t. VIII, p. 353, » Tytler, t. VIII, p. 354. — * Howell, t, I, p. 1172.

* L'Aubespine de Châteauneuf à Henri III, le 30 octobre 1586. Ms. delaBibl. nat., n« 9513; De Mesmes, CoUect. de lettres origiîiales et État, t. lïï, fol, 381, et Life of Egertouy 1. 1, p. 86.

d^ cow^Uers^ et pourtant pas un seul neU pour

I^ lîbaucaUer &*omley^ se levant alors, expo^ les raisons qui avaient décidé h reine d'Angleterre à mettre en jugement la reine d*Écosse , et déclara que, si elle ne Teût pas &it, elle aurait mérité qu'on Jaœusât de négliger la causa de Dieu et de porter ^an vain 1 epée de la justice ^. Le clerc de la couronna donna ensuite lecture de la commission qui instituait le tinbunal ^, Après lavoir entendue , Marie Stuart prit la parole , et rappela l'inique indignité des traitements qu'elle avait subis en Angleterre^ où elle s'était prés^tée en amie et en suppliante , et où elle avait été retaïue prisonnière. Elle dît au^ membres de la haute cour qu'elle ne reconnaissait point la validité de la commission en vertu de laquelle ils prétendaient la juger; que 5 princesse libre et rdne ointe 9 elle ne relevait de personne » si ee n'est de Dieu. Elle ajouta qu'elle ne leur répondmit que sous la réserve de cette protestation *. Le lord trésorier Burghley lui répliqua que quiconque était dans le royaume se trouvait soumis à ses lois^ contne

* L' Aubespîne de Châteauneuf a Henri III , le 30 octobre 1586. Ms, delaBibl. nat, n» 9513; De Mesmes, Collect. de lettres originales et État ^ t. HT, fol. 381, et làfe of Egerton, t. I,p. 86.

' liowell, t. I, p. 1173. — Tytler, t. VIII, p. 355.

» Tytler, t. VIIl, p. 355. — * Camden , t. I^ p. 495, 496.

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