‹ Histoire de Marie StuartChapitre 160 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

sente. Je vous y engage et vous le commande. J'ai été informée de votre aiTc^ânce ; agissez ouverte* ment^ et vous serez traitée avec plus de faveur *. »

Ce$ dertiièress paroles^ qui auraient dû blesser Marie^ TébranlèreDir Elle se laissa de plus surprendre aux insiimatiom du vice^efaambellan Hatton* Favori d'Elisabeth et confident promue de 9eê in-' tentions^ Hatton k conjura de répondre^ de peur que son silence ne fût considéré comme uil aveti et qu'on ne procédât contre elle en son absence. «^ Vous êtes accusée^ lui dit^il^ mais non cofldamonée^^ Voud êtesreine^ c'est vrai^ mais la dî^ité royale n'exempte pas de répondis à l'imputation d un tel crime, que ni la loi dvile, ni la loi canonique^ ni le droit des gens^ ni le droit naturel ne sauraient empêcher de poursuivre. ^ vous êtes innocente^ les commissaires de la reine^ qui sont des hommes prudents et justes^ se r^ottiront de tout leur coeur que vous le leur momries^ La reine dle-mémie en éprouvera de la joie, vous pcwivcz m*en croire. Lorsque je l'ai quittée, elle m'a affirmé que rien ne lui avait jamais été plus douloureux que de vous voir chargée d'un pareil crime^ Laissez donc de côté ce vdn privilège de k dignité royale qui ne peut maintenant vous servir^ paraissez en justice, soutenez votre imio-

* Life of Thùtnas Egerton, U I , p. 86.

2 HoweU, State triais^ t. I, p. 1 171, 1172.

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cence, ne vous rendez pas vous-même suspecte en fuyant le procès, et ne vous exposez pas è souiller votre réputation d'une tache étemelle. » Burghley ajouta que le lendemain on procéderait contre elle, même en son absence ^ Après une nuit passée dans le trouble des incertitudes, Marie consentit à comparaître devant ses juges.

Le 14 octobre au matin , suivie d'un détachement de hallebardiers , et appuyée sur le bras de son maître d'hôtel, sir André Melvil, et de son médecin Bourgoin, car elle avait beaucoup de peine à marcher , elle descendit dans la grande salle de Fotheringay^, où siégeaient les commissaires formés en tribunal. Au fond de cette salle, sous un dais que surmontaient les seules armes d'Angleterre, s'élevait un fauteuil qui était réservé pour la reine Elisabeth absente et qui resta vide. De chaque côté du dais étaient placés, dans un ordre conforme à leur dignité, les divers commissaires : à droite, le lord chancelier Bromley, le lord grand trésorier Burghley, les comtes d'Oxford, de Kent, de Derby, de Worcester, de Rutland, de Cumberland, de Warwick, de Pembroke, de Lincoln, et le vicomte Montagu; à gauche, les lords Abergavenny, Zouch, Morley, Stafford, Grey, Lmnley, et d'autres pairs ayant au-

* HoweW y State triais^ t. 1, p. 1172.

* Brit. Mus. Caligula, ch. ix^ fol. 333. — Tytler, t. Vïlî, p. 354.

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