‹ Histoire de Marie StuartChapitre 163 sur 224 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

gleterre et de n'avoir jamais consenti à ce qu'on conspirât contre elle. J'avoue que j'ai écrit à mes amis et que j'ai sollicité leur assistance pour me tirer des misérables prisons où depuis dix^neuf ans on me retient captive. Je confesse encore que j'ai écrit souvent en faveur des catholiques persécutés, et que si j'avais pu les délivrer de leur oppression en versant mon propre sang, je l'aurais fait. Mais les lettres qu'on produit contre moi je ne les ai pas écrites, et je ne saurais répondre des dangereux desseins de gens poussés au désespoir, et que je ne copnais pas^ »

L'habileté avec laquelle Marie Stuart se défendit, en saisissant le côté attaquable des preuves fournies contre elle, décida le lord trésorier Burghley à lui répliquer. Il fit l'histoire du complot, en s'appuyant sur les lettres qui pouvaient le moins être contestées ; exposa , d'après lés déclarations de Nau et de Curie, comment Marie Stuart procédait dans sa correspondance secrète , et de quelle manière elle avait répondu à Babington, affirma la réalité de la lettre que Nau et Curie convenaient d'avoir envoyée , que Babington avouait avoir reçue , que Tichboume, Ballard et Donn avaient connue, qui était écrite avec le chiffre ti'ouvé dans ses papiers et chez Babington; il soutint que la complicité de

* Jdvis de M. de Bellièvre , dans Egerton , p. 103. — Camden , p. 497, 498. — Tytler, t. VIII, p. 357 et 358.

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Marie résuitak du conlieiiu même de ceUe lettre^ entièrement conforme à la confessioa de Babington , aux lémoigoagitô de Nau et de Curie, attestant à la fois la connaissanoe qu elle avait eue du complot, et Tapprohation qu elle y arait donnée ^ L'argumentation «errée du lord tivéiK>rier n embarrassa point l'esprit courageux de la reine d'Ecosse.

Peu lui importait, répondit-elle^ ce qu'avait déclaré Babîngton* Elle l'ignorait, et elle ne saurait dire si ce qu'on présentait comme' sa confession était ou non de son écriture. Pourquoi ne l'avait-^m pas confronté avec elle avant de le faire mourir? C'était le moyen de connaître la vérité. Est-ce qu'on ne voulait pas qu'elle se fît jour? Il en était de mêtne de ses deux secrétaires Nau et Curie. Sans doute, ils vivaient encore; que n'étaient-ils là pour voir s'ils oseraient soutenir devant elle ce qu'ils avaient avancé hors de sa présence? Curie était un homme simjple mais honnête , elle n'en doutait pas, Nau était un homme plus habile, doué de beaucoup de talent; mais, bien qu'il eût été secrétaire du cardinal de Lorraine et qu'il lai eût été recommandé par le roi de France, elle n'était pas certaine que la crainte d'un danger et l'espoir d'une récconpense ne l'eussent pas enti^aîné à faire contre elle une dépo^tioo fausse à laquelle il aurait associé Curie , dont il dis-

* Hardwicke, t. I, p. 233 à 237, — Tytier, t. VIH, p. 358, 359. -- Howe» , t. I , p. 1183, 1184.

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