CHAPITRE VII
encore plusieurs semaines à Londres sans oser se mettre en route'.
Afin d'éviter le sort dont il était menacé, il eut recours à la ruse. Throckmorton , à qui son animosité contre Cecil, son intérêt pour Marie, son amitié pour le régent faisaient souhaiter l'accord des partis en Ecosse et l'union des royaumes dans l'île de Bretagne, ménagea un entretien entre Murray et le duc de Norfolk*. Dans cet entretien, Muri'ay manifesta le plus grand regret de ce qui s'était passé , et il attribua les poursuites qu'il avait dirigées contre sa sœur à la nécessité où l'avait réduit ÉHsabetb. Il assura, du reste, qu'il ne s'était engagé dans cette pénible affaire que pour la conservation de son jeune souverain , et il exprima le désir de voir Dieu toucher assez le cœur de la reine d'Ecosse pour qu'elle se repentît de sa conduite passée et renonçât au mariage impie et illégitime qu'elle avait contracté. Il ajouta adroitement que , si sa sœur s'unissait alors à un personnage honorable et pieux, affectionné à la vfaie religion , et si ce personnage était le duc lui-niême, il en serait très-satisfait et donnerait à sa sœur, qui lui était toujours chère, des preuves de son attachement et de sa bonne volonté aussi fortes qu'il avait pu le faire dans d'autres mo-
* Lettre de Murray, dans Robertson , History of Scotlandy pièces justificatives n** XXXIII.
* Mémoires de Mehnl, t. T, liv. ni, p. 312, 313,
ments de s^ vie. Cette démarche , plus habile que sincère, apaisa le duc de Norfolk. Avec la crédulité qu'on porte ordinairement dans ce qu'on désire , le duc admit les explications du régent et se confîa en ses paroles. Il le considérait comme plus en mesura que tout autre de faciliter son union avec Afarie Stuart. a Comte de Murray , lui dit^il , la femme de Norfolk est maintenant entre vos mains \ « L'ordre de l'assaillir en route fut révoqué , et le régent retourna sans crainte comme sans péril en Ecosse, où il rentra à la fin de janvier 1569*.
Quant à Marie Stuart, elle resta prisonnière en Angleterre. Elisabeth noui-seulement ne l'assista point contre ses sujets, ainsi quelle lavait offert, mais ne lui rendit pas même la liberté, dont elle n'aurait jamais dû la priver. Sans respect pour les règles de la justice et les droits de l'hospitalité, comme pour les prérogatives des couronnes , elle n'avait pas craint d'emprisonner une suppliante et de mettre en jugement une reine. Elle n'avait été sensible ni à la confiance de la fugitive, ni aux prières de la parente , ni à l'affliction de la femme, ni à l'honneur de la souveraine. Marie Stuart, à son
* Lettre de Murray, dans Robertson, append. n*» XXXIII. — LeslysNegoûationSy dans Andersen, t. III, p. 36 à 39.
2 Mémoires de Melvilf t. I, Hv. m, p. 314, ^l^.^^l^e^ly's JN egotiations j dans Andersen , t. lïl, p. 40, 41. **- Tytl^^r, t. VII, p. 272,273.