CHAPITRE VII
vait jamais voulu acceptera 'Aussi se prolongea-t-elle durant tout le mois de janvier sans que personne eût l'intention de céder. Les commissaires de la reine d'Ecosse demandèrent de nouveau qu elle pût quitter librement l'Angleterre , tout comme allait le faire Murray. Mais ce fut en vain. Us terminèrent alors ces longues négociations, en protestant encore contre tout ce qui pourrait être tenté au préjudice de leur maîtresse pendant qu'elle serait détenue^. Us se rendirent ensuite auprès de Marie Stuart, qui avait été enlevée à la garde de lord Scroope, beau-frère du duc de Norfolk, et conduite le 26 janvier de Bolton à Tud)ury, dans le comté de Stafford, où elle arriva le 3 février et fut placée sous la surveillance du comte de Shrewsbury *. Quatre jours après qu'elle fut arrivée dans ce château, encore plus éloigné de la frontière d'Ecosse^ l'évêque de Ross, lord Herries et ses autres com-
* Aiiswet to the qtlene of Scots commissidners by the edUDcil tirrittfefi by sir W. Cecilj to the detnttndei of ihe Q. of S. to bave such letters and otfaers writings as wherewith ihe said Q. bad been charged. Jan. 13, 1568-69. — Golton, lib. Caligfula, c. i, vol. 281, et dans Malc. Laing, t. I, p. 196, 197. — Goodall, t. II, p. 310. — Tytier, t. VU , p. 265. — Malc, Laing, t. I, p. 201.
2 Goodall, t. II, p. 310, 313. — Tyller, t. VU, p. 265,
3 Labanoff, t. II, p. 279, 280, 286, 296.
missaires vinrent lui présenter le registre qu ils avaient dressé des conférences d'York et de Westminster, et recevoir l'approbation de leur conduite ^ Ainsi finit cette enquête désastreuse , que Marie Stuart n'aurait dû accepter sous aucune forme , qui ne fut pas suivie d'une décision déshonorante pour elle, mais qui, enpermettant sa diffamation, fournit un prétexte à son emprisonnement.
En mettant ainsi le comble aux infortmies de sa sœur, Murray s'était placé lui-même dans la position la plus périlleuse. Le duc de Norfolk était courroucé contre lui. Il ne lui pardonnait pas d'avoir rompu à Westminster les engagements qu'il avait pris à York, et d'avoir rendu plus difficile le projet qu'il avait conçu de se marier avec la reine d'Ecosse. Les deux comtes de Northumberland et de Westmoreland étaient tout aussi outrés d'indignation , et voulaient punir Murray d'avoir accusé d'adultère et d'homicide l'héritière catholique de la couronne d'Angleterre. Partisans dévoués de Marie Stuart, ils se proposaient de faire attaquer et tuer le régent d'tcosse lorsqu'il retournerait dans son pays en traversant les distincts du Nord*. Murray le savait, et après avoir pris congé de la reine Elisabeth , il resta
* Labanoff, t. II, p. 296, 297.
2 Ëxamination of ihe bisbop of Ross, dans Murdin, p. 46, 51, 54. — Mémoires de Melvil^ t. I, liv» m, p. 315.