CHAPITRE VllI
empêcher. Elle finît par tout découvrir. Leicester lui livra le secret de la négociation par des aveux complets et avec des repentirs craintifs'. Elle fit questionner le régent d'Ecosse sur la part qu'il y avait prise*, et le régent lui communiqua les lettres confidentielles de Norfolk. Avant qu'elle fût aussi pleinement instruite et lorsqu'elle n'en était encore qu'aux soupçons, elle conseilla au duc de Norfolk, par une allusion menaçante aux propres mots dont il s'était servi à son retour d'York, de prendre im bon oreiller pour reposer sa tête*. Puis, lui signifiant son absolue volonté sur un mariage qui déplaisait à sa haine et inquiétait sa politique, elle luy défendit d'y penser et lui ordonna de ne pas aller plus avant avec la reine d'Ecosse, sous peine de manquer à son allégeance*. Les menées mystérieuses de la grande noblesse et cette sorte de conspiration qui s'était ourdie en faveur de sa rivale jusque dans son conseil lui donnèrent un de ces accès de colère qui faisaient tout trembler devant la fille redoutée d*Henri VIII.
^ Gamden , t. 1, p. 188. — La Mothe Fénelon , Dépêche du 8 oct. 1569, t. lï, p. 212.—Lesly's Negotiadons^ AadersoDjj t. III, pi 79, 80.
3 Hayaes , p. 521 à 523, et p. 525.
• Sharp, Memorials of the rébellion oflB^d, London, 1840, in-8°, p. xui, note *. — Camden, t. I, p. 188,
♦ Sharp , Memoriab of the rébellion. Jbid.
m MARIE STUART.
Le duc de Norfolk , malgré les injonctions de sa souveraine , ne renonça point au dessein d'épouser Marie Stuart. Il n'avait plus dès lors qu'à se mettre à la tête de ses partisans dans les provinces et à les soulever contre Elisabeth. Entraîné moitié par crainte, moitié par ambition , il quitta soudainement la cour le 23 septembre , et se rendit dans le Norfolk. Le comte d'Arundel , le comte de Pembroke et lord Lumley imitèrent son exemple ^ Ils se retirèrent chez eux, tandis que leurs amis, le$ comtes de Northumberland et de Westmoi'eland, se trouvaient dans les comtés du Nord, où ils étaient prêts à agir. C'était le moment d'exécuter une partie du plan dans lequel étaient entrés déjà depuis quelque temps tous ces puissants personnages. Ils étaient allés jusqu'à concevoir la pensée de changer la religion du pays', ce qui entraînait la chute d'Elisabeth et l'élévation de Marie.
* Lesbfs NegùHationSy dans Anderson, t. III, p. 72, 73.
> Voir dans La Motfae Fénelon, t. I, p, 258 h 262, à là date du 13 mars 1569. — Mémoire pour communiquer à la roî/ne( Catherine de Médicis), prenant promesse délie qu*elle n*en parlera à personne du monde. Ce mémoire commence ainsi : « Le S' Roberto Ridolfy, Florentin, ayant receu charge et commandement, de la propre personne du pape, de tretter de la restitution et restablissement de la religion catholique en Angleterre avec les seigneurs catholiques du pays, il s'est princîpallement adressé au comte d'Arondel et à milhord Lomley, auxquels auparavant il avoit eu affaire pour quel* ques sommes qu'il leur avoit prestées. v P. 258. — Il ajoute