‹ Histoire de Marie StuartChapitre 49 sur 224 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

nelon à Catherine de Médiois, prennent grand fondement par le moyen du duc de Norfolk qui prétend de Fespouser... et quand désormais la reine d'Angleterre ne le trouveroit bon, Von ne laissera de passer oultre tant les choses seml^lent estre ac(vancées... et si elle ne se resould d'entendre bientost à la liberté et restabliss^nent de la royne d'Escoce, on l'y fera procéder malgré elle'. » Mais le duc de Norfolk, qui s'adressait à la cour de Finance afin quelle envoyât cinq ou six cents arquebusiers avec des munitions dans Dumbarton , et qui invoquait aussi l'assistance de la cour d'Espagne, oserait il poursuivre ouvertement le but vers lequel il s'était jusqu'alors dirigé par des voies assez cachées? Lui et ses adhérents s'étaient flattés d'y amener Élisa* beth ei]i unissant dans le même vœu les principaux personnages de l'Angleterre et de l'Ecosse. Maintenant que l'adhésion des Écossais leur noianquait, çssaiemi^itrils tout seuls de persuader la reine d'Angleterre ou de la contraindre, comme plusieurs d'entre eux s'en vantaient? C'était trop présumer d'eux-mêmes et bien mal connaître cette princesse altière, jalouse, violente, qui ne suivait aucun avis contraire à ses intérêts et n'aurait souffert aucune atteinte à son autorité.

Les desseins du duc de Norfolk et de Marie Stuart

* Dépêche de La Mothe Fénelon du 27 juillet 1569, t. II, p. 126 à 128.

ne pouvaient pas avoir été commuiliqués , soit en Angleterre, soit en Ecosse , à tant de personnes diverses de position et de sentiments, sans arriver à la connaissance d'Elisabeth. Elle avait eu bruit de la poursuite du mariage entre le duc et la reine qu'on voulait faire déclarer son héritière. Elle s'était aperçue que la faveur de son propre conseil se tournait vers sa rivale, dont la présence ranimait le parti catholique dans son royaume et devenait pour elle une source d'embarras et de dangers. Aussi déclarat-elle à La Mothe Fénelon, qui la pressait de plus en plus, au nom de sa cour, de rétablir Marie Stuàrt, que Marie Stuart ne serait point rétablie, et qu'elle avait mérité son emprisonnement par ses fautes'. — « Je sais, dit-elle à l'ambassadeur de France, toutes les menées qu'elle a pratiquées depuis qu'elle est entrée en ce royaukne. Les princes ont des oreilles grandes qui oyent loin et près... Elle s'est esforcée de mouvoir le dedans de ce royaulme contre moy, par le moyen d'aulcuns des miens qui lui promettent de grandes choses; mais ce sont gens qui conçoy vent des montagnes et ne produisent que petits monceaulx de terre. Ils m'ont cixi si sotte que je n'en sentirois rien^ »

Dans ses défiantes alarmes, elle s'appliqua à éclaircir ce qu'elle avait si grand intérêt à savoir et à

*■ Dépêche de La Mothe Fénelon du 1"^ septembre 1569, t. II, p, 211* -^2 /6W., p. 212.

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