Chapitre viii. «os
Certainement, les circonstances étaient favorables à une agression contre Elisabeth. Si tous ceux qui avaient à se plaindre de sa conduite ou qui détestaient sa domination s'étaient entendus pour l'attaquer de concert * ; si les membres de la haute noblesse, qui venaient de quitter sa cour, s'étaient jetés hardiment dans les comtés, où ils exerçaient une grande influence , et s'étaient joints aux catholiques disposés à revendiquer l'exercice de leur culte les armes à la main ; si le duc d'Âlbe , débarquant en Angleterre une partie des troupes qui ne lui étaient plus nécessaires, et qu'il licenciait dans les Pays*Bas , avait prêté aux mécon* tents politiques et aux opprimés religieux de ce royaume l'assistance militaire du roi son maître, Elisabeth et le protestantisme auraient couru un danger égal.
Elisabeth avait senti le péril dont elle était menacée. Elle prit surJe-champ les mesures les plus capables de l'en préserver. Marie Stuart était à Wingfield, dans le comté de Derby, sous la garde un peu complaisante du comte de Shrewsbury, qui ne mettait aucun obstacle à ses correspondances et à ses secrètes négociations. Elisabeth la fît transférer immédiatement au château moins accessible de Tut-
* « The civil administration of Elisabeth had created considérable dissatisfaction among[st the antîent nobility. » Sharp, Memorials ofthe rébellion^ p. x.
bury * 5 et elle y envoya le comte de Huntin^ton , qui était le compétiteur de Marie à la couronne d'Angleterre , et dès lors son ennemi , pour la soumettre à ime surveillance plus étroite*. Déconcertée dans ses espérances , tremblante pour sa vie qu'elle crut en péril*, la rdne prisonnière-, dont les serviteurs furent chassés, les gens fouillés*, trouva cependant lé moyen de dépêcher quatre des siens* au duc de Norfolk , à l'évêque de Ross et à l'ambassadeur de France La Mothe Fénelon. — « Je vous en prie, écrivit-elle à ce dernier, encouraigez et conseillez les amys de se tenir sur leurs gardes et de faire pour moy maintenant ou jamais^. » Dans ce moment décisif, malgré les alarmes qui l'assiégeaient, tenant plus de compte de ses desseins que de ses dangers , elle fit dire au duc de Norfolk d agir valeureusement sans s'inquiéter d'elle ni de sa vie que Dieu garderait''.
Le duc, arrivé dans le Norfolk, s'était entouré de catholiques^. De sa maison de Keninghall, il
* Le 21 septembre. Labanoff , t. Il, p. 379.
» Haynes , p. 525, 526. —Labanoff, t. II , p. 379.
* Marie Stuart à La Mothe Fénelon, 25 sept. 1 579. LabanofF, t. II, p. 381. — */6.,p, 380.— */6.,p. 381.— «/fc., p. 38L
' u La reina deEscocia le escribio incitando le a que obrara valerosamente y que no tuviera cuidado por la vida de ella, pues Dios la g^uardaria. » Don Tomas Gonzalez, jipuntamientos , etc., p. 94«
* Lord Wentworth au secrétaire Gecil, 30 septembre 1569.