‹ Histoire de Marie StuartChapitre 53 sur 224 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

avait envoyé des messagers aux comtes de Northumberland et de Westmoreland beaucoup plus décidés que lui'. Mais, en même temps, il avait écrit des lettres humbles et obséquieuses à Elisabeth , à laquelle il allégtiait le chagrin de sa disgrâce comme le seul motif de son éloignement, et affirmait qu'il n avait jamais eu aucune pensée contraire à sa couronne et à sa dignité*. Elisabeth, n'acceptant ni cette explication ni cette assurance , lui enjoignit de retourner à Londres dans quatre jours sous peine de trahison', et elle prescrivit également aux comtes d'Arundel et de Pembroke et à lord Lumley de reparaître dans son conseil sans délai et sans excuse*. Elle ordonna de réunir les forces nécessaires au maintien de la paix publique* dans les comtés où la nouvelle que

Haynes , p. 538. — - « Se saliô de Londres y se fue é su pais, donde se le reuniô gran numéro de gente de â pie y de à caballo. » Don Tomas Gonzalez, Apuntanûentos^ p. 94.

* « Cantrell (serviteur du duc de Norfolk ), hrought a letler lo me ( comte de Northumberland ) from the duke, the efifect wfaereof was , for so much as be had bene moovid by soon* dry noble men and bis frends , be thought it appartaynid bîm not Xo enter into yt without the advise and consent of bis deare frends ; amongst wbich be accompted me one. And, thereunto , I aunswered by woord of mouthe , be shoold fynd my liking tberein , as be sbould find of otlier noblemen. » Memoriab of rébellion. Appendix, tbe earl of Nortbumberland's confession, p. 195.

* Haynes , p. 528 , 629 — » /«d. , p. 529.

* Itid., p. 529, 530. — • J6W., p. 531, 532.

le duc de Norfolk avait quitté la cour avait répandu beaucoup d'agitation.

Sujet peu obéissant , Norfolk refusa de se rendre auprès de la reine en prétextant ime fièvre qui le retenait cbez lui', et, conspirateur indécis, il n osa point se soulever, malgré certaines assurances d'être soutenu. Ses refus irritèrent la reine ; ses hésitations attiédirent ses partisans. A la fin , découragé par la froideur que son irrésolution même avait causée autour de lui, intimidé par les sommations impérieuses d'Elisabeth, qui lui enjoignit de se faire ramener en litière si la fièvre l'empêchait de revenir à cheval *, et qui dépêcha quelques-uns de ses gardes pour que, s'entendant avec les shériffs, ils se saisissent de sa personne au milieu du comté s'il refusait d'obéir'*; espérant d'ailleurs, comme le lui écrivait Cecil , que les colères de la reine ne passeraient pas les paroles*, il se décida à retourner à la cour. Afin de n'être pas compromis par l'insurrection désormais inopportune des comtés du Nord , il dépêcha, de Bolton, un messager fidèle à son beau-frère le comte de Westmoreland , qu'il supplia de ne pas remuer, s'il ne voulait point l'exposer à perdre sa

* Haynes, p. 532. — > Ibid,y p. 533.

3 Ibid. , p. 533 et 539.

* Cecil au duc de Norfolk, 28 septembre 1569. Haynes, p. 533.

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