CHAPITRE VIIL Ui
Ils avaient été sur le point de tout abandonner quand ils avaient appris le retour pusillanime du duc de Norfolk et son emprisonnement à la Tour. D'ailleurs l'ambassadeur d'Espagne ' et 1 evêque de Ross ' leur avaient fait dire, tout comme le duc , de ne rien tenter dans le moment. Les docteurs catholiques eux-mêmes auxquels ils avaient soumis la question de savoir si Ton pouvait , d'après les lois de Dieu y prendre les armes contre son prince , étaient partagés. Les uns étaient d'avis qu'on ne le pouvait paS) jusqu'à ce que la reine fût excommuniée par le chef de l'Église ; les autres soutenaient qu'on le pouvait légalement y la reine étant déjà excommuniée par le seul fait d'avoir refusé l'ambassadeur que lui avait envoyé le pape ^. Au milieu de ces incertitudes, ils furent entraînés à agir par les passions ardentes qui se maintenaient au-dessous d'eux, et par la crainte d'être arrêtés à leur tour. Invités de nouveau par le comte de Sussex à le joindre dans York) mandés par Elisabeth à la cour, ils refusèrent d'obéir ^, Ils n avaient plus d'autre alternative.
* Confession du comte de Northumberland. Ibid. Appendix, p. 195.
^ L'évêque de Ross dit à Wilkinson , envoyé du comte de Northumberland : a In good faithe, my lord cannot be holped ; for the faotors are taken away and comylted to prison. * lUd., p 364
* IbU.f p. 204
* /Mm p. 37, 293 à 394, et Haynes, p. 553.
que de quitter le pays ou de prendre les armes. — « Notre péril est si grand, dit le vieux Richard Norton , et notre cause si juste , que nous devons forcément commencer et courir la fortune que Dieu nous enverra , ou sortir du royaume. Ce serait une grande tache poiir nous que de partir en abandonnant une entreprise si sainte ^ » Le comte de Northumberland ayant quitté Topcliff , où il avait eu peur d'être surpris, et s'étant rendu à Bransepath, on décida l'insurrection *.
Après avoir écrit au pape Pie V ', à l'ambassadeiu: d'Espagne et au duc d'Albe, pour leur demander des secours et leur annoncer qu'on s'emparerait, sur la côte orientale de l'Angleterre, d'un port où il serait facile de débarquer des troupes * ; après avoir sollicité l'assistance des comtes de Cumberland , de Derby et de lord Warthon ^ , qu'ils savaient puissants dans ces contrées et qu'ils supposaient favorables à leur projet, ils partirent de Bi'ansepath le 14 novembre, à la tête de cinq cents chevaux ®, et marchèrent vers Durham. L'insurrec-
* Memorials of rébellion, etc., p. 196.
2 Ibid., p. 199, 200. — » Ibid., p. 319.
* Murdin, p. 42. u Wilkiason, was the principal person sent from the Ëarls to the Spanish ambassador, with letters directed to the duke of Alva to g^ive the rebels aid , so as a port migrht be taken. » Memorials of rébellion^ etc., p. 363.
« Ibid., p. 198, 210, 211. —nbid., p. 37 et 322.