CHAPITRE VIII
ûon était surtout catholique. Ils avaient peint Jésus- Christ crucifié, avec les cinq plaies saignantes, sur une bannière que portait le vieux Norton, animé du plus religieux enthousiasme ^ Le peuple de Durfaam leur ouvrit ses portes et se joignit à eux. Maîtres de la ville, les insurgés se rendirent dans la cathédrale, où ils brûlèrent la Bible, détruisirent le livre anglican des Communes prièreSy brisèrent la table de la communion protestante, et rétablirent l'ancien culte'. Sans se déclarer contre Elisabeth, dont ils ne méconnaissaient pas entièrement l'autorité', mais qui aurait été infailliblement détrônée * si elle avait été vaincue, les deux comtes annoncèrent, dans leurs proclamations, qu'ils voulaient faire admettre le droit de Marie Stuart à l'héritage de l'Angleterre et restaurer la vieille religion du royaume ®. Ils déclarèrent que le duc de Norfolk, les comtes d'Arun-
* Strype , Ânnab of the reformation , and establîssement oj religion and other various occurrences in the church of England, etc. A new édition, in-8*, Oxford, 1824, vol. I, part. II, p, 323.
^ Memorials of rébellion, etc., p. 36, 37. 3 Voir leurs proclamations dans Strype, Annab, etc., vol. I, part, n, p. 313, 314.
* « I barde it opeind ôr moved at any mans hands to proclaime her (Marie Stuart) quene of £ng[land. » Confession du comte de Northumberland , Memorials of rébellion, etc., Appendix, p. 193.
* Strype, vol. I, part, ii, p. 314.
4U MARIE STUÀRT.
deletde Pembroke, lordLumley, qu'ils entendaient délivrer de prison , tout comme Théritière * catho* lique, étaient d'accord avec eux, et ils semblèrent avoir pris surtout les armes contre Cecil et les hommes nouveaux qu'ils accusaient d'égarer la reine et d'avoir bouleversé TÉtat : — « Des personnes, disaient-ils, désordonnées et malintentionnées autour de Sa Majesté, ont, par leurs procédés subtils et artificieux , afin de s'avancer elle^-mêmes , renversé dans notre pays la vraie et catholique religion de Dieu, abusé la reine, troublé le royaume, et à la fin travaillé à la destruction de la noblesse 2 c'est pourquoi nous nous sommes réunis pour leur résister par la force, avec l'assistance de Dieu et la vôtre, bon peuple, pour redresser les choses abattues, rétablir toutes les anciennes coutumes et libertés de l'Église de Dieu et de ce noble royaume , car si nous ne le faisions pas nous-mêmes, les étrangers l'entreprendraient au grand hasard de l'état de notre pays*. « Leur appel fut entendu, et ils eurent bientôt une petite armée de mille cavaliers assez bien équipés et de cinq à sii^ mille hommes de pied '.
Aucune force n'était capable de leur résister dans le nord , où le frère même du comte de Sussex , sir
* Memorials of rébellion, p. 193, 202, 203. ' Dans Strype, vol. I, part. 11, p. 313. ' Dans Strype, vol. I, part. 11, p. 315, et Memorials of rébellion, etc., p. 65, 66, 71.