‹ Histoire de Marie StuartChapitre 57 sur 224 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

Égvemcmt Ratoliffe, se joignit à eux ^ Le comte de Sussex, resté fidèle, s'enferma dans York qu'il mit en état de défense '. Les trois gardiens des frontières de l'est, du centre et de Touest, lord Hundson, sir John Forstiw et lord Scroope, tinrent Berwick, Newcastle et Carlisle *, où ils se rendirent inattaquables. Les deux comtes, ne raicontrant personne pour s'opposer à eux en rase campagne , prirent successif vement possession de Richmond, d'Allerton, de Ri^* pon. Ils envoyèrent Christophe Nevill s'emparer d'Hartlepool, et fortifier ce port favorablement situé à la pointe d'une petite presqu'île , entre la Tyne et la Tees , afin d'y recevoir les secours que ne manquerait sans doute pas de leur fournir le duc d'Albe lorsqu'il apprendrait leur insurrection*. Ils s'avan-^ cèrent en attendant vers le sud et pénétrèrent sans obstacle dan# toutes les villes ouvertes.

Elisabeth s'était exposée, par la perfidie de sa conduite envers Marie Stuart, aux troubles qui agitaient son royaume depuis onze ans ti^anquille, et qui menaçaient son autorité. En retenant en Angleterre une aussi dangereuse prisonnière , elle avait offert ellemême aux catholiques et aux mécontents une raison de s'insurger et une espérance de réussir. Mais si elle avait provoqué le péril , elle ne s'en laissa pas abatti-e. Elle n'avait jamais plus d'énergie que dans

* Memorials of rébellion f etc., p. 71.

* Ibid., p. 76, 77. — » Ibid., p. 77. -- * Ibid., p. 79, 80.

les moments difficilesi. Aux arrestations déjà opérées, elle avait ajouté celles de Throckmorton , de Tévêque de Ross et du Florentin Ridolfi , qu'elle soupçonna d'être entrés dans les desseins du duc de Norfolk ^ L'un des généraux les plus entreprenants du duc d'Albe , Ciapino Vitelli , était arrivé en Angleterre pour y arranger les différends commerciaux survenus entre elle et Philippe IL Craignant qu'il n'y vînt avec d'autres projets , Elisabeth ordonna de retenir son escorte militaire à Douvres et ne lui permit de se faire suivre que de cinq hommes à Londres , où il fut étroitement surveillé*.

Afin que Marie Stuart ne fût pas délivrée par les révoltés, dont sa présence aurait encouragé l'ardeur et accru les chances, Elisabeth prescrivit sa translation immédiate du château de Tutbury dans Coventry, place forte du comté de Warwick*, où elle devait être à l'abri d'un coup de main. Il parait même que ses gardiens eurent l'ordre de la mettre à mort, si les événements tournaient en faveur de l'insurrection*. De peur que celle-ci ne reçût des secours du

* Don Tomas Gonzalez, Apuntamientos, p. 95. — Haynes^ p. 541, 544.— -Labanoff, t. II, p. 386, 387.

* Labanoff, t. II, p. 386, 387. — Don Tomas Gonzalez, Apuntamientos, etc., p. 95, 96.

3 Labanoff, t. II, p. 395.

* u Remember how upon a less cause, how effectually ail the coiuicil of England, once dealt with Her Majesty, /or

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