CHAPITRE VIII
le comte de Sussex^ à la tête d'environ douze cents chevaux et quatre mille fantassins ^ s avança contre eux» prêt à leur livrer bataille s'ils l'acceptaient ^ Le comte de Warwick et l'amiral Clinton arrivaient du sud^ à marches forcées, avec environ douze mille hommes, et ils étaient attendus à Boroughbrig^. Les chefs de la rébellion» pressés au nord par John Forster qui venait de Newcastle » à l'est par Sussex dont les troupes étaient égales aux leurs, menacés au midi par Warwick et Clinton qui leur étaient trèssupérieurs en forces, désespérant alors tout à fait de leur cause, assemblèrent le peuple dans Durham le 16 décembre, invitèrent chacun à pourvoir à sa sûreté , licencièrent les hommes de pied , et suivis de leurs hommes de cheval, se rendirent à Hexham. Là, ils passèrent la Tyne après avoir aussi évacué Hartlepool et s'enfuirent en Ecosse*» Le comte de Westmoreland , sir Égremont Ratcliffe, Norton, Markenfield, Swinbum, Tempest, y trouvèrent un asile auprès des clans hospitaliers des Scott, des Ker, des Hume, des Johnston *. Le comte de Northum«^ berland , moins heureux , tomba entre les mains
* Memorials ofrebelHon, p. 78, 102, 103.
2 /Wd, p. 108.
3 Ibid., p. 104 à 109. — La Mothe Fénelon , t. II, p. 426,
* Memorials ofthe rébellion, etc., p. 148, 149, 150, 296. Tytler, t. Vil, p. 294.
d'un bandit des frontières nommé Hecky Armstrong, qui le retint dans sa tour de Harlaw et le livra peu de temps après pour de l'argent à Murray, lequel l'enferma à Lochleven ^
Ainsi se termina cette insurrection, qui aurait pu devenir redoutable à Elisabeth si elle avait été mieux conçue et mieux conduite. Il aurait fallu que l'union de la grande noblesse et du catholicisme fût plus complète, et que, s'appuyant du nom et des droits de Marie Stuart, avouée par Norfolk , soutenue par le duc d'Albe, elle se déclarât avec plus de résolution, agît avec plus d'ensemble pour mettre en péril le trône de la reine protestante. Mais la faiblesse du duc de Norfolk, la tiédeur du duc d'Albe *, qui, par excès de prudence, laissa échapper une occasion unique dans l'intérêt de sa religion et de son maître; l'incertitude même des catholiques, qui flottèrent entre leur croyance religieuse et leur fidélité politique, rendirent la rébellion des comtes de Northumberland téméraire en la laissant trop partielle et en la condamnant à être impuissante. Cette rébellion fit beaucoup de mal à la cause de la foi ancienne et de la reine captive, dans le pays où le catholicisme et Marie Stuart comptaient le plus de partisans. Les Percy, les Nevill, les Norton, les Marckenfield , les
* Tytler, t. VII, p. 294, 298. — Metnorials of rebelliorif etc., p. 118, et Appendix, p. 323. 2 Voir r Appendix J à la fin du volume.