‹ Histoire de Marie StuartChapitre 67 sur 224 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

La nature des demandes qui lui furent adressées au nom d'Elisabeth , le caractère politique des personnages que cette princesse dépêcha auprès d'elle, semblaient annoncer cette fois que la négociation était sérieuse. Pendant que se traitait à Chatsworth le rétablissement de Marie Stuart, Elisabeth avait ménagé, entre les partis en Ecosse, une trêve qui s'étendit depuis le mois de septembre 1570 jusqu'au mois d'avril 1571, et qui devait servir d'acheminement à la pacification générale \

Marie Stuart accepta avec espérance les nouvelles ouvertures qui lui .furent faites. Elle consentit à tout ce qui pouvait rassurer Elisabeth sans porter atteinte à sa propre dignité. Elle acquiesça au traité d'Edimbourg et renonça à tout droit sur la couronne d'Angleterre pendant la vie d'Elisabeth ou de ses descendants légitimes, si elle en avait. Elle ne repoussa point une ligue offensive et défensive entre l'Angleterre et l'Ecosse, pourvu que l'objet en fût défini et limité. Elle promit de n'avoir aucune intelligence avec les sujets de la reine sa voisine , sans son consentement. Tout en refusant, par des motifs d'humanité et d'honneur, de livrer le comte de Northumberland et les autres rebelles anglais qui s'étaient réfugiés en Ecosse, elle s'obligea à les éloigner de son royaume dans un délai déterminé.

* Lestifs Negoûationsy dans Anderson, t. III, p. 95 et 96. — Tytier, t. VII, p. 342.

Elle s'engagea ) avant (J'êti'e rendua à la liberté, à remettre comme otage entre les mains d'Elisabeth le prince son fils , pour être élevé en Angleterre jusqnh l'âge de quinze ans, et à ne se marier ellemême que de Tagrément d'Elisabeth.

Comme six otages pris dans la noblesse d'Ecosse étaient exigés de plus, afin d'assurer l'exécution du traité , Mari^ Stuart demanda que ce nombre fût réduit à quatre; que le duc de Châtellerault, les comtes de Huntly, d'Argyle, d'Athol, les lords Fleming et Seton, ainsi que les gardiens des frontières en fussent exceptés; que les conite^ et fils aînés de comtes, que les lords et fils aînés de lords, qui seraient choisis, pussent rentrer en Ecosse pour leurs affaires, en fournissant des otages de même qualité. Elle consentit à faire confirmer ce traité par le parlement du royaume, et, si elle le violait, en atta* quant Elisabeth ou en assistant ceux qui l'attaqueraient, à être déchue non-seulement de ses droits à la couroïine d'Angleterre , mais de la possession même de la couronne d'Ecosse , qui passerait immédiatement sur la tête de son fîlsV Après une discussion soutenue de sa part avec adresse et noblesse, tous les points principaux furent convenus, et la pauvre prisonnière, que la captivité accablait,

* Voir les articles de cette négociation dans le recueil du prince Labanoff, t. III, p. 88 à 115, et Lesb/'s Negotiations, Anderson, t. III, p, 101 à 108.

Page 1