CHAPITRE VIII
rite de la noblesse d'Angleterre y était représentée comme favorable à un changement ou devant s'en rendre complice *. Marie Stuart, qui partageait cette illusion ou qui affectait cette confiance afin de mieux décider Philippe II, annonçait que le duc de Norfolk était prêt à se mettre à la tête de la noblesse et à prendre les armes. Elle offrait d'envoyer son fils en Espagne pour y être élevé catholiquement. Elle exprimait une grande douleur de la violence que hii avait faite Bothwell, en l'obligeant à un mariage dont elle demandait l'annulation depuis que sa passion pour lui était calmée *. Elle promettait le rétablissement de la foi romaine et chargeait Bidolfi d'exposer oralement ce qu'il y avait de plus secret dans sa mission. «Et comme cela touche, disait-elle, aux intérêts publics de la chrétienté et particulièrement du roi catholique, on ne doit pas, par négligence ou par retard , laisser se perdre une entreprise aussi sûre. Ridolfi ajoutera de bouche tout ce qui lui a été dit par le duc et par l'évêque de Ross *. >»
*■ Cette liste est dans le recueil du prince Labanoff, (. III, p. 251 à 253. — Sur 2 marquis, Tun était désigné comme favorable, l'autre comme neutre; sur 18 comtes , 10 comme favorables, 3 comme hostiles, 5 comme neutres; sur 3 vicomtes, 1 comme favorable, 1 comme hostile, I comme neutre; sur 40 lords, 28 comme favorables, 10 comme neutres, 2 comme hostiles.
^ Instructions secrètes données par Marie Stuart à RidolB. Labanoff, t. III, p. 221 à 233.
' « E per tanto che tocca dell' intéresse publico di lutta
La cour de France venait de conclure la paix avec les protestants et négociait le mariage du duc d'Anjou avec la reine d'Angleterre; aussi inspirait^Ue une grande défiance à Marie Stuart, qui recommanda à Ridolfi de ne rien communiquer à Catherine de Médecis ni à Cbarles IX en passant par Paris. Ridolfi, arrivé à Bruxelles^ fut admis auprès du duc d'Albe ^ auquel il exposa le plan^ les ressotu*ce$ et les besoins des conspirateurs qui l'envoyaient auprès du pape et de Philippe II. Ce politique pénétrant n'avait pas plus d'illusions dans ses jugements qu'il ne mettait de scrupules dans ses actes. Il ne parut pas prendre beaucoup de confiance en l'envoyé florentin , qu'il traita de grand bavard {parlanchin^)^ ni dans son entreprise^ qu'il regarda comme trop téméraire. Il écrivit à ce sujet » le 7 mai 1571, une lettre de plus de vingt pages à Philippe II *. Dans cette longue et curieuse dépêche , encore in*
la christianita, e particularmente del re cattolico, non si debbe trascurare, e lasciar perdere per tolleranza o troppo lunga dilatione taie sicura impresa , che al présente si ofFeriâce, ag^g^iundetido il Ridolfi in qnesto proposito, di bocca, quello che per il duca e il vescovo dî Rosche qM é estato detto. n Labanoff, t. III, p. 229.
* The bishop of Ross's eiamination. Murditi, p. 25. — The examinatioti of Will. Barker. Ibid,, p. 110. — liettre de Bailly. Ibid., p. 16 et 17.
* Apuntcamentos ^ etc., p. 111.
* Ms. Simancas, Neg. de Estad. Inglaterra , leg. 823.