CHAPITRE VIII
être remises à Pie V et à Philippe II par Ridolfi *. Le duc refusa de signer les pouvoirs de Bidolfi , à cause du péril auquel il serait exposé s ils étaient découverts, mais il les avoua^ après les avoir lus, et en fit prévenir l'ambassadeur espagnol don Gueraldo d*Espè8^
Le 20 mars , un peu avant que Ridolfi quittât Londres, Marie Stuart envoya John Hamilton aur près du duc d'Albe , auquel elle s'adressa d'avance u comme au fidèle conseiller du roy d'Espagne, deffenseur et refuge de l'Église catholique ^. j> Elle lui demandait un prompt secours « bien nécessaire, disait-elle, à la cause de Dieu, à moy et aux miens ^. » Reprenant ses prétentions à U couronne d'Angle-terre, elle annonçait qu'elle communiquerait bientôt ses particuliers desseins ^ au duc d'Albe, avec le-
* Ces instnictioDs en italien, extraites des archives secrètes du Vatican , sont imprimées dans le recueil du prince Labanoff, t. Ilî, p. 221 à 233, pour ce qui concerne Marie Stuart, et p. 234 à 249 pour ce qui concerne le duc de Norfolk. Elles sont aussi imprimées en espagnol, mais en partie seulement dans les Apuntamientos de don Tomas Gonzalez , qui les a tirées des Archives de Simancas, documentos n° 23, n"" 24, p. 215 à 219. — Elles sont confirmées par la confession de révoque de Ross. Murdin, p. 19 et suiv.
* The bishop of Ross's examination. Murdin, p. 25, 26. ' Mémoire du 20 mars donné à John Hamilton par Marie
Stuart pour le duc d'Albe, dans Labanoff, t. III, p. 216.
* Ibid., p. 220. — « Ibïd.y p. 218.
quel elle désirait traiter non de sa part sew/te, mais pour obliger perpétuellement « toute ceste isle au roi d'Espaigne son maistre et à luy comme fidèle exécuteur de ses commandements \ >y
Quatre jours après, Ridolfi se mit en route pour le continent muni des iïisti*uctions de Marie et de Norfolk. D'après ces instructions, le duc de Norfolk demandait six mille arquebusiers, quatre mille arquebuses, deux mijle corselets ou cuirasses, vingtcinq pièces d'artillerie , avec les munitions et l'argent nécessaires. Il désirait qu'on portât ce secoui's , s'il était possible , jusqu'à dix mille hommes, dont quatre mille seraient détachés pour faire une utile diversion en Irlande.* Il promettait d'y joindre vingt mille hommes de pied et trois mille chevaux , de s*emparer de la reine d'Angleterre et de tous les membres du conseil, de délivrer la reine d'Ecosse et de la mettre en possession du royaume ramené à l'obéissance religieuse envers le souverain pontife *. Afin d'inspirer plus de confiance dans le succès de l'entreprise, Ridolfi devait désigner tous ceux qui la seconderaient ou qui ne s'y opposeraient pas. Il portait annexée à ses instructions une liste des principaux seigneurs anglais, avec l'indication des sentiments de chacun d'eux. L'immense majo-
* Labanoff, t. III, p. 218, 219.
^ Voir ses instructions dans Je recueil du prince Labanoff, f. III, p. 230 à 249.