Histoire de Marie Stuart, reine d'Écosse
le litre qu'ils om choisi pour le donner à cette collection' u> bons livres. Ils regardent comme une obligation rigoureuse de ne rien négliger pour le justifier dans toute sa signification et toute son étendue.
Aucun livre ne sortira de leurs presses, pour entrer dans cette collection , qu'il n'ait été ru préalable lu et examiné attentivement, non-seulement par les Éditeurs , mais encore par les per-
sonnes les plus compétentes et les plus éclairées. Pour cet examen, ils auront recours particulièrement à des Ecclésiastiques. C'est à eux, avant lotit, qu'est confié le salut de l'Enfance , et , plus que qui •ju<- ■ '■ Mur . il- -i-w ■ jp.'l'l'-v •]>■ il«*..iivnr ■ r qui . le moins du monde , pourrait offrir quelque danger dans les publications destinées spécialement à la Jeunesse chrétienne.
Toute observation à cet égard peut êire adressée aux Éditeurs sans hésitation. Ils la regarderont comme tin bienfait non-seulement pour euxmêmes , mais encore pour la classe si inléressunie de lecteurs à laquelle ils s'adressent.
1NTB0DUCT10N.
L'Écosse avant l'Avéïieinenl dos StuarU.
Pendant qu'Édouard I er régnait en Angleterre , la descendance mâle de David I ur , roi d'Écosse, s'étant éteinte, l'ambitieux Édouard résolutde joindre ce petit royaume à sa couronne. Pour s'en emparer plus sûrement, il favorisa les troubles qu'y excitaient les prétentions de Jean Baillol et de Robert Bruce , tous deux issus de David 1 er , mais par les femmes, et quand il jugea qu'affaiblie
Digilized'by
par ces sanglantes discordes, l'Écosse subirait patiemment le joug de l'Angleterre, il Se prononça en faveur de Baillol, et l'aida à s'asseoir sur le trône , en qualité de roi tributaire.
Le premier soin de Baillol, devenu paisible possesseur de l'Écosse, fut de chercher à s'affranchir du servage quTidouard lui- avait imposé , et les querelles sérieuses qui éclatèrent alors entre ce prince et Philippe le Bel , roi de France , servirent la cause de l'indépendance écossaise. Pendant deux ans , Jean , à la téte de sa noblesse , lutta contre les Anglais ; mais , en , il fut fait prisonnier à la bataille de Dumbar.
Williams Wallace, dont les chroniques écossaises célèbrent les aventures, parut alors , et , proclamé régent , prit le commandement de l'armée. C'était un gentilhomme d'une taille gigantesque , d'une force prodigieuse et d'un courage qui ne le cédait ni à sa taille ni à sa force.
Après des faits d'armes merveilleux, Wallace chassa les Anglais de l'Écosse ;
mais à peine ce malheureux pays commen-r çail-il à respirer, qu'Édouard, instruit des revers de son armée, quitta la Flandre, où il était occupé à soutenir la révolte du comte Gui, vassal de Philippe le Bel, et marcha contre les Écossais. La bataille de Falkirck , leur fui fatale ; Édouard lit , plus que jamais, sentir aux vaincus son tyrannique pouvoir, et, comme Wallace n'était pas mort, une nouvelle révolte éclata bientôt.
Trois années anglaises furent taillées en pièces par le héros montagnard, et le roi d'Angleterre passa de nouveau en Écosse.
Williams, vaincu à plusieurs reprises, mais ' non dompté, ralliait sans cesse autour de lui les défenseurs del'Écosse ; il fallut qu'Edouard , pour se défaire de ce terrible ennemi, eût recours à la trahison. Wallace lui fut vendu, et périt par la main du bourreau.
Son exemple avait créé des héros : Robert Bruce , .fils de celui qui avait disputé le trône à Jean Baillol , déclara qu'il poursuivrait jusqu'à la mort l'entreprise commen-
cée par Wallace , et qu'il vengerait son sang si cruellement répandu. Les Écossais répondirent à son appel , et lui décernèrent le titre de roi. Robert s'en montra digne en délivrant enfin son pays de l'oppression des Anglais (1323).
Robert Bruce se rendit si cher à ses sujets , que David II, l'un de ses successeurs , étant mort sans laisser d'héritier, ils résolurent d'élire pour roi un de ses petits-fils du côté maternel. Walter Stewart ou Stuart, qui avait épousé Marjorie, fille de Robert Bruce , était mort en laissant un fils ; ce fut ce fils que les Écossais choisirent pour les gouverner.
Richard II , roi d'Angleterre, essaya alors de les soumettre; mais .comprenant qu'il ne parviendrait pas à les dompter , il rappela ses troupes et laissa proclamer Robert Stuart, sous le nom de Robert II.
ifmtoDVfrnnx. Il
Rouert II,. âgé de cinquante-cinq ans lors de son avènement au trône , mourut après un règne de peu de durée , en laissant pour successeur son fils Jean, qui prit le nom de Robert III.
Robert III eut deux fils. Le duc de Rothsay, qui était l'aîné, avait tous les défauts et toutes les qualités d'un de ces aventureux chevaliers dont on aime à lire l'histoire. Albany , son oncle , qui le considérait comme, un obstacle à son influence sur le roi, l'accusa de conspiration et obtint de Robert l'ordre de le faire arrêter. On le conduisit au château de Falkland , et on l'enferma dans un cachot où on le laissa mourir de faim.
Le vieux roi, en apprenant qu'il ne lui restait plus qu'un fils, comprit trop tard qu'on avait voulu le priver de ses soutiens naturels pour régner sous son nom , et , afin
de soustraire Jacques au sort de son aîné, il résolut de l'envoyer en France. Le vaisseau qui portait le jeune prince fut attaqué par les Anglais! et l'héritier présomptif du trône d'Ecosse fut conduit à Londres. Robert écrivit aussitôt au roi d'Angleterre pour réclamer son lils, qu'il envoyait, disait-il, à la cour de France , afin qu'il y reçût une bonne éducation. Henri IV, qui n'avait pas renoncé aux prétentions de ses ancêtres sur l'Ecosse , répondit à Robert qu'il n'était pas nécessaire que le jeune prince fît un si long voyage , puisque lui , Henri , roi d'Angleterre , se chargeait de le faire instruire par les hommes les plus savants de sa capitale.
Jacques fut mis en prison ; mais le roi tint parole et lui donna d'excellents maîtres.
Robert mourut la même année, et le duc d'Albany fut nommé régent en l'absence de Jacques, qu'il ne se mit point en peine de faire rentrer en Ecosse. 11 y gouverna jusqu'à sa mort et laissa la régence à son (ils Murdac, qui, ne pouvant se faire respecter de ses enfante , résolut , pour les punir , de rendre