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le trône au souverain légitime. 11 offrit au roid'Anglelerre une forte rançon, et laprison de Jacques s'ouvrit.
Jacques 1 er avait près de trente ans lorsqu'il rentra en Ecosse. Brave, juste, accessible aux pauvres et aux petits, il se fit aimer de ses sujets. A cette époque , l'Ecosse était partagée en un grand nombre de petites souverainetés dont les rois étaient obligés de ménager les chefs. Jacques résolut d'abaisser l'autorité de ces seigneurs, et, pour y arriver, il déclara qu'à lui seul désormais appartiendrait le droit de rendre la justice.
Les grands, irrités, se révoltèrent, et parmi eux le comte de Graham , qui se ré~" fugia chez les Higlanders ou Montagnard^ , peuplade tellement insoumise , que le roi Jacques , n'en attendant aucune soumission , les avait exemptés d'obéir aux lois du royaume, disant que c'était leur coutume de se piller et de se tuer les uns les autres.
A quelque temps de là, Jacques, ayanl , pour fêter la Noël, donné dos divertisse-
ments au peuple de sa bonne ville de Perth, y trouva tant de plaisir, qu'il résolut d'y rester quelques semaines, malgré les avis d'une vieille femme qui lui avait annoncé que le séjour de cette cité lui serait funeste.
Le 20 février suivant , au moment où le roi, sans aucune défiance, se disposait à prendre du repos , un grand bruit d'armes se fit entendre dans la cour du monastère qu'il avait choisi pour résidence , et une troupe de Higlanders, conduits par Graham, s'emparèrent de toutes les issues. Le roi, ne pouvant se soustraire par la fuite au péril qui le menaçait , tint tête à ses ennemis aussi longtemps qu'il le put. Désarmé et blessé, 11 demanda qu'avant de le tuer on lui amenât un prêtre; mais cette grâce lui Fut refusée.
Jacques II n'était encore qu'un enfant lors de l'assassinat de son père. Les Douglas et les ducs d'Albany , parents des Stuarts , et presque toujours leurs rivaux et leurs ennemis , excitaient , môme sous lè gouvernement des princes les plus braves, de san-
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glatîtes divisions au sein du royaume; ils ne manquèrent pas de se disputer l'autorité pendant la minorité du jeune roi. Archibuld Douglas avait d'abord été lieutenant-général des armées écossaises. Cette charge lui ayant été retirée , il s'arma contre le roi et fit périr ' - Mac-Lellan, un des plus fidèles serviteurs de Jacques. Le chancelier Oiehton, par une odieuse vengeance, appela àla cour les deux fils d'Archibald , et le roi , qui ignorait dans quelle intention son ministre les avait fait venir, les reçut avec bienveillance. Feu de jours après , pendant que les deux, jeunes seigneurs étaient à table, la tête d'un taureau noir fut apportée devant eux. C'était , d'après la coutume écossaise, un avertissement de mort. Les Douglas , effrayés , se levèrent et voulurent quitter le palais. Mais des gardes apostés dans la chambre voisine s'emparèrent d'eux et les conduisirent en prison. On instruisit leur procès pour la Corme , et ils furent condamnés comme coupables de conspiration.
Arehibald, leur père, conclut alors avec
le comte de Crawford et le lord des lies , comte de -Koss, prince dont la puissance égalait presque celle du roi, une ligue offensive et défensive. Jacques 11 en fut alarmé, et résolut de tout faire pour la rompre. Ses efforts ayant été longtemps infructueux , il manda le comte de Douglas au palais, et, comme le chancelier Crichton était mort, Douglas, muni d'un saut-conduit signé par le roi , vint à Edimbourg. Jacques lui fit bon accueil et le retint à souper. Pendant le repas , il l'engagea amicalement à renoncer à la ligue : ce à quoi le comte répondit que , comme il avait donné sa parole aux seigneurs ses alliés, il n'était pas en son pouvoir de faire ce que souhaitait le roi. Insensiblement la discussion s'anima. Douglas oublia à qui il parlait et mêla à son refus des paroles outrageantes. Jacques , ne se possédant plus , tira son poignard de sa ceinture et en frappa le comte en s'écriant :
« Depar le Ciel , milord , si vous ne voulez pas rompre la ligue , voici qui la rompra ! »
Les quatre frères du comte prirent aus-
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sitôt les armes pour venger leur aine ; ils parvinrent à réunir quarante mille hommes et marchèrent contre le roi. Jacques, effraye, se disposait à abandonner l'Ecosse , quand l'archevêque de Saint-André, son cousin, l'engagea à détacher l'un après l'autre de cette ligue menaçante les seigneurs qu'il ne pouvait espérer de vaincre. Le roi suivit cet avis , et , aidé de l'archevêque , il rallia autour de son trône la plus grande partie des lords. Jacques Douglas , abandonné de ses amis, s'enfuit en Angleterre, et le roi, délivré de ces puissants ennemis, régna paisiblement pendant plusieurs années.
11 mourut au siège du chàteau-fort de Koxburgti, qu'il voulait enlever aux Anglais ; et les seigneurs, découragés par cette perle, allaient se retirer de devant la place, quand la reine Marguerite , tenant par la main son jeune fils, parut au milieu d'eux. « Fi ! mes nobles lords lleur dit-elle. N'auriez - vous pas honte d'abandonner une entreprise si glorieusement commencée, et de ne pas vengerrévéuemenl fatal arrivé sous les murs de
ce château! En avant, mes hraves lords! Il ne faut pas qu'il soit dit qu'une femme et un enfant ont eu plus décourage qu'une armée.
Or, sachez que, si vous levez le siège de cette fatale forteresse , mon fils et moi nous nous y ferons tuer avec ceux de nos soldats qui voudront rester fidèles à la veuve et h l'héritier de leur roi. »
Ces paroles firent rougir les seigneurs; ils jurèrent de vaincre ou de mourir, et proclamèrent aussitôt, sous le nom de Jacques III , le fils de Marguerite roi d'Ecosse. Le siège dura trois mois. Enfin, le château , réduit par la famine, ouvrît ses portes et fut rase.
L'archevêque de Saint-André , qui avait été pour Jacques II un précieux conseiller, gouverna sagement pendant la minorité du roi ; mais quand Jacques III fut en âge rie régner, on reconnut qu'il manquait nonseulement des qualités qui font les grands rois, mais qu'il était privé du courage qui , dans ces temps de troubles continuels , pouvait seul faire respecter le chef rie l'état.
Toujours enfermé dans son château-l'orl ,
il ne prenait aucune part aux jeux guerriers de la noblesse, et, au lieu de s'entourer, comme l'avaient fait ses prédécesseurs , des lords les plus braves, il ne se plaisait que dans la société des artistes , grave sujet de reproche en un temps et chez un peuple encore barbares.
Le duc d'Albany et le comte de Mar, frères du roi, étaient deux braves et brillants seigneurs dont les habitudes martiales contrastaient avec le caractère craintif de leur aîné. Ils haïssaient les favoris du roi, et ceux-ci le leur rendaient bien. Le maison Cochram, qui possédait toute la confiance de Jacques III , s'en servit pour l'indisposer contre ses frères, et, profitant de sa faiblesse, il gagna un prétendu sorcier qui ■ augmenta les craintes du prince en lui prédisant que le lion serait la viclime des deux lionceaux. Jacques , tremblant pour ses jours, fit emprisonner les deux frères, et le comte de Mar, sur lequel se portail surtout la haine du favori , eut les veines ouvertes par ordre du mi.
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Le duc d'Albauy, plus heureux , fut enfermé dans une forteresse d'où il parvint, grâce à des amis lidèles , à s'échapper et à passer en France. Jacques, qui n'avait jamais été brave , ne voyant partout que cons.
pirations contre sa personne, et se rendant peut-être justice en reconnaissant qu'il n'avait pu se faire chérir de ses sujets, défendit qu'aucun noble parût armé à sa cour. Les seigneurs furent indignés de cette ordonnance , et , comme un lord écossais ne marchait pas sans son épée , le palais fut abandonné aux favoris de Jacques.
L'empire que Cochrarn exerçait sur ce prince grandit de jour en jour, et son audace alla jusqu'à s'emparer des dépouilles de sa victime et se taire donner le titre do comte de Mar. Quelques historiens pensent qu'il acheta ces terres et ces parchemins , l'avarice du roi faisant argent de tout. Le nouveau comte mit le comble à la haine dont il était l'objet en mettant en circulation une monnaie de faux aloi , et comme un do ses amis, témoin du mécontentement qu'ex-
citait dans toutes les classes l'émission de cette monnaie , lui conseillait de la retirer : « Non , dit-il , elle aura cours jusqu'au jour où je serai pendu. »
Cochram prophétisait sans songer; car les nobles, s'ctant réunis, sur l'invitation de Jacques menacé parles Anglais, voulurent, avant de repousser les ennemis du dehors , se débarrasser des favoris dont ils subissaient impatiemment le joug. Le comte de Douglas attaqua Cochram au moment où , se prévalant de son titre , il rejoignait les nobles assemblés ; les autres seigneurs lui prêtèrent main forte, et non-seulement le maçon du roi , mais tous ses favoris , à l'exception de Ramsay de Balman, furent saisis, condamnés à mort et pendus , à la grande joie de toute l'Ecosse.
Les lords emmenèrent Jacques à Stirling, le firent garder dans cette forteresse et revinrent contre les Anglais. Parmi ceux-ci était le duc d'Albany; il pria ses compatriotes de rendre la liberté à Jacques, et, les Anglais s'étant retirés, les seigneurs condui-
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