‹ Histoire de Marie StuatChapitre 1 sur 214 · PAULIN, LHEUREUX ET C- , ÉDITEURS · texte numérisé non relu

PAULIN, LHEUREUX ET C- , ÉDITEURS

RUF RIOHELIRU, 60

L'histoire de Marie Stuart a été écrite bien des fois. On la refait de siècle en siècle ^ Aujourd'hui des documents nouveaux, ajoutés avec abondance aux documents déjà connus, permettent de la raconter d'une manière plus complète et plus vraie. Reith avait inséré en 1734, dans son Histoire ^Ecosse ^ des matériaux très-précieux sur le règne de Marie Stuart, depuis la naissance de cette princesse jus- €|u'à sa fuite en Angleterre. Robertson , à la suite de ses sobres récits , à l'appui de ses jugements si honnêtes et si sages, avait donné des pièces justificatives extraites des dépôts publics d'Angleterre et

* Un écrÎTain de talent, M. Dargaud/en a publié récemment une en deux volumes.

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d'Ecosse. Les vastes collections d'Anderson et de Goodall renfermaient tous les actes i*elatifs au redoutable débat élevé en 1568 devant les commissaires de l'artificieuse Elisabeth , à York et à Westminster, entre Marie Stuart et ses sujets, touchant le meurtre de Darnley. Enfin les recueils importants de Digges , de Haynes , de Murdin , d'Hardwicke , formés des papiers d'Etat d'Angleterre, joints au recueil non moins intéressant de Jebb , ainsi qu'aux mémoires de Castelnau de Mauvissière , si considérablement enrichis par le Laboureur, aidaient à suivre l'histoire de la reine prisonnière jusqu'à sa mort.

Cette masse de documents s'est très-heureusement accrue de nos jours. Dans la Grande-Bretagne M. G. Chalmers a écrit une Vie de Marie Stuart tirée des papiers d'État. M. H. EUîs et M. Th. Wright ont publié beaucoup de lettres d'Elisabeth et des principaux personnages de son temps. M. Cuthbert Sharp a retracé, avec des matériaux inédits, l'insurrection catholique du nord de l'Angleterre , provoquée en 1569 par l'emprisonnement de Marie Stuart et tentée pour sa délivrance. M. P^. Fraser

Tyder, le dernier, le plus étendu, et le mieux instruit des historiens d'Ecosse, admis récemment au State paper Office^ a puisé dans ces archives politiques de TAngleterre tout ce qui était resté ignoré de ses prédécesseurs , et a pu compléter les histoires de Keith et de Robertson , les recueils de Haynes , de Murdin , de Hardwicke. Il s'est servi des dépêches des ambassadeurs et des agents anglais pour éclairer d'un jour plus vif et animer de plus de détails la vie entière de Marie Stuart. En France, la correspondance de François II, recueillie et éditée par M. Louis Paris; la correspondance diplomatique de La Mothe Fénelon, qui s'étend de 1568 à 1575, pendant les sept premières années de la captivité de Marie Stuart, et qu'a imprimée M. Pm*ton Cooper; les correspondances de Noailles , de Monduc , de Paul de Foix , de Du Croc , de Castelnau de Mauvissière , du baron d'Esneval , de l'Aubespine de Châteauneuf , etc., que M. Teulet vient de publier et qui embrassent pour ainsi dire l'existence de Marie Stuart de 1542 à 1587; enfin la correspondance de Marie Stuart elle-même donnée en sept volumes, et rendue si achevée par les recherclies infatigables et les soins

habiles du prince I^abaiioff , ii auraient plus rien laissé à désirer sur ce temps et sur cette reine, si Ton avait possédé les documents espaf|;nols qui concernent l'un et lautre. Philippe II , ce grand chef du catholicisme en Europe , a été constamment mêlé aux affaires religieuses et politiques de TÉcosse et de l'Angleterre , sous Marie Stuart et sous Elisabeth^ et n'a cessé de prendre part à la longue et terrible rivalité des deux causes et des deux reines. Don Tomas Gonzalez a publié en 1832, pour l'Académie royale de l'histoii^ de Madrid, quelques extraits de la correspondance des ambassadeut^ espagnols en Angleteire entre les années 1558 et 1576* J'ai pu aller au delà , au moyen de dépêches copiées dans les i*iches archives de Simancas. I^es confidences mêmes de Philif^e II , du duc d'Albe et des ambassadeurs espagnols, en Angleterre, à fiome, en France, de 1558 à 1588, m'ont permis de mieux ooDoaitre les tentatives du parti catholique dans la Grande-Bretagne et les desseins de Marie Stuait, durant les dix-neuf années où, retenue captive ^ elle a conspiré poiu* se rendre libre en renversant du tràne Elisabeth.

c'est à Faide de tous ces matériaux , et en consultant aussi les nombreux ouvi^ages publiés pendant et après le seizième siècle, sur les événements politiques et les changements religieux de TÉcosse et de l'Angleterre, que j'ai composé cette histoire. Déjà, de 1847 à 1850 , j'avais inséré dans le Jomnal des Savants une série d'articles à ce sujet. Le beau et vaste Recueil du prince Labanof f m'en avait fourni l'occasion. Ces articles, semblables à ceux qui ont paru en 1846 sur Antonio Ferez et Philippe II en un volume si favorablement accueilli du public , ont été refondus dans l'ouvrage que je donne aujourd'hui sous la forme d'un récit continu. Après une courte exposition de l'état antérieur de l'Ecosse, ce récit commence avec la minorité de Marie Stuart et finit avec l'expédition de V Invincible Armada , par laquelle Philippe II chercha à venger la mort de cette reine et à déposséder du trône d'Angleterre la protestante Elisabeth. J'espère y avoir retracé complètement ce long et pathétique épisode des grandes révolutions du seizième siècle.

DB

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