‹ Histoire de Marie StuatChapitre 2 sur 214 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'Ecosse avant Marie Stuart. — Ses guerres avec l'Angleterre pour le maintien de son indépendance. — Les luttes de ses rois et de ses banms. — Son état au moment de la mort de Jacques V et de l'avénement de Marie Stuart.

L'Ecosse a été Tun des pays les plus troublés de FEurope jusqu'au moment où elle a été réunie a l'Angleterre et a formé , avec elle , la Grande-Bretagne. Sous aucun de ses roi^ nationaux elle n'a éprouvé autant de révolutions et n'a offert une suite d'aussi tragiques catastrophes que sous Marie Stuart. Cette reine, que le malheur ne cessa de poursuivre depuis sa naissance jusqu'à sa mort, avait à peine six jours lorsqu'elle fut appelée au trône. Bientôt réduite à fuir son royaume, elle épousa l'héritier de la couronne de France, qu'elle perdit à l'âge de dix-huit ans. Restée veuve dans une si extrême jeunesse, elle retourna en Ecosse, où venait de s'accomplir la révolution protestante, et où elle trouva l'ancienne indocilité féodale accrue de tout le fanatisme

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inspiré par les nouvelles croyances. Elle y fut en peu de temps emprisonnée , déposée , proscrite , et pour échapper aux violences de ses sujets, elle tomba au pouvoir de ses voisins , qui la retinrent dix-neuf ans captive et lui tranchèrent la tête sur un échafaud.

En racontant, après tant d'auti*es, cette touchante et tragique histoire, j'essayerai d'en présenter les événements dans toute leur réalité, sans laisser d'incertitude sm* leurs vraies causes. Aux documents employés ou découverts récemment, j'en ajouterai qui sont demeurés inconnus jusqu'à ce jour. Aidé de notions plus complètes, je porterai peut-être une lumière tiouvelle sur ce sujet resté obscui* fen quelques points. Dégagé de toute prévention, je tie serai ni l'apologiste ni le détracteur de cette reine ^duisante qui a passionâé jusqu'à la postérité. Je ne ju* gérai pas Marie Stuart en catholique ou en protestant, comme un Écossais ou comme un Anglais. Je rechercherai, avec la tranquille équité dç l'histoire, ce qu'il y a eu de fatal ou de mérité dans ses ittfor* tunes, en faisant la pan de si situation et de sa conduite sans indulgence et sans dureté.

Il est indispensable^ avant tout, d'exposer l'état politique de l'Ecosse et l'esprit de la révolution presbytérienne qui exercèrent tant d'influence sur la destinée de Marie Stuart.

Placée à l'extrémité septentrionale de l'Ile de Bre-

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