‹ Histoire de Marie StuatChapitre 113 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nient qui allait être convoque, pour consommer légalement la ruine dés lords fugitifs ; emprisohtier la reine; confier à Dariilcy la souveraineté nominale; replacer Murmy à la tête du gouvernement : tel fut le j>lan cbiiçu pai* Morton ei qu'adoptèrent en Ecosse lès iords Lindsay, Rutliven, Lethitigtôil , les deux iiilliistrfes d'ËdiinboUtg Knox et Craig , le clferc dé justice fielletlden , Ife clerc du protocole Mdkgill, les làitds de Brunston, de Caldet et d'Ormistôd. Hors de FÉcosse , le comte de Lennox le porta lui-même â la eolmaissance dfe Aliirray, de Rothes, de Grange, de Glencâim et d'Ocliiltree, beau-père de KnoX, qui y adhérèrent et convinrent de se rendre sur la frontière pour être prêts à rentrer à Édimbdtu'g, aussitôt que la conjuration aurait rétissi '.

Oti dressa deux covenants pour liei* solennellement les uhs aux autt-e^ le roi bt ses complices. Dans lé préitiiérj qitfe signèreiit le roi ; Mdrlori et Rlithvért, le roi décldi*tiit t[ilë là teiné étant birbdn vernie et trbinpëe par des Ubniines pervers , particùliëreiiietit par un Italien nommé David , il s'était déterminé , avec l'assistance de la noblesse et d'autres personnes, à s'emparer de ces ennemis du royaume, et, s'ils résistaient , à les frapper. Il s'engageait, sur sa parole né princfe, à soutenir et à défendre ses associés, en présence même de la reine et dans l'intérieur du

* Vclir Tytlër, t. Vil, p. 25, 26, 27, et Proofs and illustrations, n° I, p. -427 à 438.

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palais'. Dans le second covenant, les comtes de Murray, d'Argyle, deGlencaim et de Rothes, les lairds Boyd et Ocbiltree promettaient , en leur nom et au nom de leurs complices, de soutenir Damley dans toutes ses justes querelles, d'être amis de ses amis, et ennemis de ses ennemis , de lui conférer la couronne matrimoniale, de maintenir la religion protestante , et d'abattre ceux qui lui étaient opposés. Le roi , de son côté, promettait de pardonner à Murray et aux lords exilés, d'arrêter toute procédure ultérieure contre eux au sujet de leur forfaiture, et de les rétablir dans leurs propriétés et dans leui^ dijpiités*.

Ces covenants furent soumis à Randolph , qui en transmit la copie à Cecil. Randolph et le comte de Bedford écrivirent en même temps de Berwick, le 6 mars, au secrétaire d'État d'Elisabeth, et lui recommandèrent de garder le secret le plus absolu, excepté vis-à-vis de la reine et de Leicester, sur la grande entreprise prête à être mise à exécution. « Vous con-

* G)pie du temps, sur le dos de laquelle a écrit Randolph, au Musée britannique Galigula, B., IX, fol. 212, et dans Tytler, t. VII, p. 28.

^ G)pie écrite par Randolph sur l'original, au State Pap. Off. Elle a pour titre : Conditions for the earls ta perform to tfieir king, et Conditions to be performed hy the king ofScots, to the earls, Cecil y a mis de sa main primo martn 1565 (1566, Tannée finissant encore h Pâques), et dans Tytler, t. VII, p. 29.

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naissez, disaient-ils ^ les mésintelligences et les disputes qui se sont élevées entre cette reine et son mari, parce que d'un côté elle lui a refusé la couronne matrimoniale, et parce que de l'autre il a appris qu'elle faisait de sa pei^sonne un usage qu'on ne saurait supporter, et qu'il nous répugnerait d'admettre comme réel, s'il n'était pas trop connu. Afin de supprimer ce sujet de scandale, il a résolu de se trouver présent à l'arrestation et à l'exécution de celui qu'il est en mesure de charger du crime , et qui lui a causé le plus grand déshonneur que puisse éprouver un homme, et surtout un homme dans sa position ^ w Ils rapportaient dans leur dépêche tout ce qui concernait les arrangements conclus par les conjurés, et ils ajoutaient : « Si la reine d'Ecosse, s'opposant à ce qui sera exigé d'elle, trouve le

* a You bave heard of divers discords and jarrers between this queen and her huâband, partly for that she hath refused him the crown matrimouial, partly for that he hath assured knowledge of such usage of herself as allogether is intolérable to be borne, which , if were not overwell known , we would both be very loath to think that it coold be tnie. To take away this occasion of slander, he is hîmself determined to be at the appréhension and exécution of him whom he is able manifestly to charge with the crime, and to bave done him the most dishonour that can be to any man, more much being as he is. » Dépêche de Bedford et de Randolph à Cecil, du 6 mars 1566, extraite du State Pap. Off., et publiée pour la première fois par Tytler, t. VII , p. 30.

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moyen de se procure!* (|uelque pouvoir à rintérièùr, oii Itii rësîskërà ; et elle sera réduite àlix seufe cousëils db la pdrtie dé là noblesse qui Idi reste attachée. Si ellie fcHerché des secours à l'étranger, Sa Majesté la reine, Hotre sbuvferâihe , serd priée de Vouloir bien âccepteHa défense dii i'oi et des lords, atec dès bffres raisonnables et de Hatùi-fc à la sati^fairle. Voilà les choses qui hous 6ht semblé et qui nous sèiîibleht encore d'une grande impdî^tahce. Ndils avons crU qii'il était de hotre devoir dé vbiis en informer, nidhsieur lé seicrétairë, afin qtic vous puissiez en fdire un exposé (â là relHé) sëloH que vôtre sagesse lé trouvera fconvenable *. »

Elisabeth fût eh effbt instruite dit cbhlpldt et n'y apporta ilictifa obstacle. Ni Marie StuaH ainsi tt-âhiè, ril David Iliccîb ainsi riienScé; né se dbiitèteht de ce qui était U^mé, l'une contre son pouvoir et son honneur, l'autre contre sa vie, bien que cette ténébreiise conjuration fût conniie de tdnt dfe personnes. Cependant la reiiië n'igHorait pas l'aVbrsibh prdfonde que la notlesse avait pour son trop intime et trop accrédité secrétaire. Dans un écrit* où étaient exprimés ses sentiments à cet égard ^ elle répondait avec tihè terve floignantë àlix pt-étéhtidhs dès lords qiii , s'autorisant dès mentes de lëiirs ancêtres , et se

• Tytier; t. VIT, p. 31.

' Imprimé dans lé recueil (lu priiice Labanofï, t. Vil, p. 297.

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regardant, dîsaièht-îls, cbiiilne tiiieiix a^pH.S et ^lus géhéreùsement élevés, voulàienl tout conduire ddns rËiai;, âdils prétexte cjil'ils dvaîérit plus d'horiileur et pliis dé ktétis â liii cbtisacrei* tjiie les àiitres. Elle trbilvâit (Jtl'ên géHërdl , ad lîeU d'êtffe vaîllantà et sages tomme leurs ancêtres, ils étaletit partidui pbitr leur hiàisdU , sàiis soin de Itur honiielir; hasardeux, ti*ditt*e§, tiaitnaht iquâ comhlandêt*; dédaignant le rbi éi les loié. ËUb se demandait s'il Fallait làissel* , danâ ce cds, mëcohnaitre bii dihiinuer par eux TaUtoHté royale et respecter la leur, et elle ajoutait: « Si le rbî trouve un hotnmé de bas estât, pauVrfe en biens, itiais généreux d'esprit , fidèle eii (CÙfeUb et pf bpre à la charge requise pour soti service, il lié llii oseht fcomniëctré autorité parce que les graiids ijùî ont desjà en Veulent encore ' ! « Elle était dbtic fermement réélue â soutenir contré eux Rlccib , qui était cfet hotniiiè d'une conditibti infériedt-e , à l'esprit gériéreiix et au cbeur fidèle.

Riccio, dé son bôté; cbmjltaiit sur l'ëhergicjué d({pui de 4a courageuse reine, se monU*ait inaccessible à la crainte. Il avait été cejiendàht prévenu de se tenir sûr se^ gàbdes par un astrologue hothitié Damiot qu'il avait l'bâbitudé de coiisiilter. Maïs les indications mystérieuses de celui-ci , qui l'engageait , diton, à se défier du Bâtard^ en désignant Georges DoUglâS; fils naturel du comte d'Angus, semblaient

' » Lâbanotf, t.Vli,p. 2^8,299.

le menacer de Murray *. Or Murray , aloi^ absent, s'étant naguère adressé à Riccîo même afin de rentrer en grâce, le trop confiant favori dédaigna cet équivoque avertissement. Il ne prit aucune précaution et continua à vivre dans une familiarité imprudente avec la reine *.

Marie Stuart , ayant découvert que l'ambassadeur anglais avait fourni une somme d'argent à Murray au moment de sa rébellion, lui avait donné, le 17 février, l'ordre de quitter l'Ecosse. L'agitateur Randolph s'était retiré à Berwick. La reine convoqua le parlement pour lui faire i^tifier la condamnation de Murray et des lords exilés. Elle l'ouvrit en personne le 7 mai^, jour où furent nommés les lords des articles, et elle y rendit à l'ordre spirituel du royaume la place qui lui était assignée avant les changements opérés dans le culte public, afin, comme elle le dit elle-même, de travailler à la restauration de l'ancienne religion et de procéder contre les rebelles '. L'acte de forfaiture

* Knox, History, etc., t. II, p. 521 et 522. — Spottiswood , p. 194. — Tytier, t. VII, p. 33.

^ u This David Rizîo was so foolish , that not only he had drawn unto him the managing of ail affaires, the king set asîde, but also liis equipag[e and train did surpass the kinç's : and at the parliament that vsras to be, he was ordaincd to be chancellour. » Rnox, Jlistory, etc., t. Il, p. 521.

* « We, accompanied with our nobility for the time, past to the Tolbuith of Edinburgh for holding of our parlement

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