CHAPITRE II
du parti français et de la cause catholique. — Mort de la r^nle. — Trailé d'Edimbourg, qui consacre le triomphe et assure la domination de l'aristocratie écossaise. — Ëiablissement du culte protestant et organisation de l'église presbylérienne d'après la foi et le rite de Genève. — Irritation de la cour de France. — Mort de François U. — Retour de Marie Stuart en Ecosse.
C était pour b première Fois qu'une femme était appelée à s'asseoir sur le trône d'Ecosse. Marie Stuart y apportait la double intîrmfté de son âge et.de son eexe. La r^ence , qui devait durer longtemps sous une reine à peine âgée de si\ jours lorsqu'elle succéda à son père, fut ambitionnée par le cardinal Beaton, archevêque de Saint-André ', que son titre de primat mettait à la tête de l'Église, et pr James Hamilton, comte d'Arran, qui était le plus proche héritier de la couronne, et que soutenait la faveur de la plupart des barons. Le chef de la noblesse l'emporta focilement sur le chef du clergé. Le comte d'Arran reçut du parlement assemblé la régence du royaimie et la tutelle de la jeune reine. Marie Stuart
* n parait même qu'il avait fait signer par Je roi mourant, quelques minutes avant qu'il expirât, un papier blanc qui s'était transformé en un teslameni, dans lequel i'arcbevSque était dé*i|pé comme tuteur de la jeune reine, et gouverneur du royaume. Il devait avoir pour conseillers et assesseurs les comtes d'Argyle, de Huntly et d'Arran. Ce losomeiil fut publié è Edimbourg et oon exécuté par la noblesse, qui n« lui aurait probablement pas obéi, ne l'eùi-elle pas tenu pour suspect. (Keith, p. 25.)
28 MARIE STUAHT.
fut ensuite couronnée le 9 septembre 1543, dans Véglise de Stîrling, par le cardinal Beaton.
Dès ce moment se formèrent et agirent les deux partis qui devaient se disputer le pouvoir, la personne et l'héritage de Marie Stuart , en s appuyant l'un sur TAngleteiTc, l'autre sur la France. Le premier, composé d'abord de la plus grande partie de la noblesse rentrée en possession de son indépendance , écarta des affaires le second , auquel se rattachait l'Église en déclin et que dirigeait le primat mécontent * , d'accord avec la reine douairière , en ce moment tout à fait impuissante. Henri VIII crut devoir profiter d'une occasion aussi favorable pour accomplir ses desseins sur l'Ecosse. Après avoir offert quelques années auparavant sa fille Marie à Jacques V, il demanda alors Mai'ie Stuart pour le prince de Galles, son fils ^. Ce projet était aussi politique qu'opportun. Par l'union de l'héritière de l'Ecosse et de l'héritier de l'Angleterre , il préparait sans trouble et tout naturellement l'union des deux États. Mais Henri VIII le compromit dans l'exécution. Son fougueux désir, qui ne savait ni s'accom-
* Le cardiiicil, qui avait invité le duc de Guise à venir en armes pour prendre le (jouvernement du royaume, fut même mis sou.s la garde de lord Seton , dans le château de Black ness. (Keitli, p, 27.)
^ C'est ce qu'avait prévu Jacques V en înourant. (Voir cidessus, p. 18, note 1.)