CHAPITRE V
vait évidemment désignée Botbwell afin d*y accomplir plus facilement le meurtre convenu. Dai-nley i'ut établi au premier étage , où ses trois serviteurs Taylor, Nelson et Edward Simons furent placés dans la galerie, qui servit en même temps de garderobe et de cabinet. On transforma le cellier du rezde-chaussée en cuisine , et la reine se fit dresser un lit dans la pièce située immédiatement au-dessous de celle du roi. Elle fit aussi dégager une porte, au moyen de laquelle on communiquait du rez^echaussée au premier étage \ Ainsi installée, quoique fort incommodément , à côté de Damley, elle passa plusieurs nuits sous le même toit que lui. Son assiduité, ses soins, les témoignages tout nouveaux de sa tendresse, étaient très-propres à le rassurer.
Tandis que Marie Stuart semblait revenue à son ancienne affection pour Damley, Botbwell se livrait à tous les préparatifs du meurtre. Outre les complices de haut rang qu il s*était associés à Craigmillar, et depuis, pour assurer Timpunité de son dessein, il s'adjoignit alors des complices subalternes pour le mettre à exécution. Son valet de chambre Dalgleish, son tailleur Wilson , son portier Powrie , le laird
* Malc. Laîng, t. I, p. 31 à 33, et note 28; t, II, p. 17 à 19, et note 25. Diaprés les dépositions de Nelson , de Paris , de Hay de Tallo, et la lettre du conseil d'Ecosse écrite à la reine-mère de France, k ]a suite de l'explosion de la maison de Bal four.
296 MARIE STUÂRT.
James d*Ormiston ' et son frère Robert , et surtout deux hommes de main , Hay de Tallo et Hepburn de Bolton , dont il avait éprouvé le courage et le dévouement dans sa guerre sur les frontières, reçurent ses confidences, et n'hésitèrent pas à devenir ses instniments. Il avait fait fabriquer de doubles clefs', au moyen desquelles on pût pénétrer sans obstacle dans la maison de Balfour, et il envoya chercher à Dunbar un baril de poudre *, qui devait être placé sous lappartement du roi et détruire la maison même par son explosion.
L'assistance du Français Paris , qu'il avait placé auprès de Marie Stuart , lui était nécessaire pour vérifier si les doubles clefs étaient bien semblables aux autres et pour déposer la poudre dans la chambi*e même qu occupait la i*eiue au-dessous de celle
* Dépositions de Dalçteish , Chamberlain de BolhwelJ , et de Powrie , son portier, des 23 et 26 juin 1567, devant le conseil privé d'Ecosse, dans Anderson, t. U, p. 165, et dans Maie. Laingr, Appendix, t. II, p. 268 et 274; du laird d'Oriniston, du 13 décembre 1573, dans Laingf, Appendix, t. II, p. 319; de John Hay, du 13 sept. 1567, dans Laing, t. Il, p. 277, et dans Anderson, t. II, p. 117; de John Hepburn, du 8 décembre 1567, dans Laing, t. II, p. 282, et dans Anderson, t. II, p. 183.
^ Première déposition de Paris, dans Laing;, t. II, p. 302, et deuxième, ibid.y p. 313, et dans Howell, Cnminal Tnalsy Lond., 1816, t. 1, p. 931 à 943.
* Dépositions de Hepburn, dans Laing^, t. II, p. 282, et de John Hay, i^W., p. 279.