CHAPITRE V
de Bolton et le laird d'Ormiston , dans la chambre de la reine, pour y transporter la poudre au moment où la reine serait auprès de Darnley. Bothwell avait défendu à Paris de dresser le lit de la reine immédiatement au-dessous de celui du roi , parce que c'était là qu'il voulait placer la poudre. Paris n'en ayant rien fait, Marie Stuart lui ordonna elle-même, lorsqu'elle entra le soir dans sa chambre , de changer le lit de- place \
La nuit du dimanche , 9 février , fut fixée pour l'exécution de l'horrible complot. La conduite de Marie Stuart, lorsqu'apprôcha le moment du meurtre, n'est que trop de nature à confirmer les accusations qui résultent des dépositions des témoins, des confessions des acteurs et de ses propres lettres. Elle fit enlever, d'après Nelson, un lit de velours
* Paris raconte ainsi cet incident, qui, s'il faut l'en croire, suffirait seul pour mettre hors de cloute la complicité de Marte Stuart. a La reyne me dist : Sot que tu es , je ne veulx pas que mon Hct soye en cet endroict-là ; et de faict le feist oster, par lequelles paroles j*ai aperscu en mon esprit qu'elle avoit cognoissance du fieiyt. Là dessus je preins la hardiesse de lui dire : Madame, monseigneur de Bolsduel m'a commandé luy porter les clefs de vostre chambre, et qu'il a envie de y faire quelque chose, c'est de faire saulter le roy par pouldre qu'il y fera mettre. — Ne parle point de cela , ceste heure-ci, ce dict-elle, fais en ce que tu vouldras. Là-dessus, je ne Tosoys parler plus avant»*, »
* Deuxième dëpotUion de Paris, diinfl Malc. Leing, t. II, p. 312, et
dm Howeli, Crim, TiiaU, p. 940.
300 MARIE STUARÏ.
neuf de lappartement du roi et Vy remplaça par un vieux'. On retii*a de plus, de sa propre chambre, d'après Paris, une riche couverture en peaux de martre ' qu'elle ne voulait sans doute pas y laisser à la veille de l'explosion. Le dimanche, elle vint passer la soirée auprès du roi, à qui elle avait assuré qu'elle ne quitterait pas de la nuit la maison de Balfour ^. Tandis qu'elle causait familièrement * avec lui aii
* Nelson , qui fut trouvé sous les décombres de la maison renversée, raconte en ces termes Touverture de la porte de communication entre la chambre de la reine et celle du roi, et Fenlèvement du lit de velours neuf : u She (la reine) causit tak doun the uttir dour that closit the passagpe towart baith the chalmeris... and wes nathing^ left to stope the passage into the saidis schalmeris, bot only the portell durris, and alsua sche causit tak doun the said new blak bed, sayand it wald be sulzeit with the bath, and in the place thairof sett upe ane auld purple bed that wes accustomat to be carit. » Dans Malc. Laing;, t. II, p. 293, et dans Anderson , t. IV, part, u , p. 166.
' Le soir du samedi. — Première déposition de Paris, dans Malc. Laing, t. Il, p. 302, et dans Howell, Cnnûiial Trials, t. I, p. 935.
3 Elle y avait déjà couché deux fois, et d'après la déposition de Nelson , avait promis au roi d'y coucher encore la nuit du dimanche. « ...Quherin sche lay the saids tua nytis, and promist alsua to haif bidden thair upoun sounday at nyt. » Dans Malc. Laing, t. II, p. 293, et Anderson^ t. IV, part, ii, p. 136.
^ u Bot eftir sche had tareit lang and intertenit the kingr vercy familairlie. " Ibid.