‹ Histoire de Marie StuatChapitre 192 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

bon à ceux qui ont le cœur droit * , » et Murray fut proclamé régent à la croix du marché, au milieu des acclamations populaires '.

La révolution qui dépossédait Marie Stuart et constituait un autre gouvernement que le sien était consommée. La plupart des nobles dissidents s'y soumirent. Les comtes de Rothes, de Crawford, les maîtres de Menleith et d'Errol, les lords Drummond, Ogilvie, Oliphant, Somervil, Bortliwick et Yester assurèrent le régent de leur obéissance et de leur fidélité *. Les lords Fleming, Boyd et Livingston ^ ne tardèrent point à les imiter. Aucune résistance ne fut tentée par les Hamilton, bien qu'ils y fussent cncou* rages par la reine Elisabeth '. Murray ne rencontra pas plus d'obstacles au dehors qu'au dedans. La cour de France, préoccupée de ses propres embarras, refroidie par les fautes de Marie Stuart, ne voulait pas rompre avec le gouvernement des lords, de peur de rejeter tout à fait l'Ecosse du côté de l'Angleterre.

^ « Après il mist la main sur la Bible , puis fut chanté le psaume lxxii*, Quant bonus Israël Deus his qui recto sunt corde. » Dans Teulet, t. II, p. 194.

^ La proclamation est dans Keith , p. 454.

■ Throckmorton à Elisabeth, 20 août 1567, dans Keith, p. 447.

* Ibid.

* Elisabeth à Throckmorton, 29 août 1567^ dans Keith, p. 451, 452.

440 MARIE STUABT.

Aussi M. de Ligûeroles, abandonnant en quelque sorte la reine $ déclara aux confédérés quil n'était pas envoyé pour les desservir et que la France était 1 alliée non d'un prince en particulier, mais du gouvernement établi en Ecosse \ Il partit, sans même se plaindre de n'avoir pas pu visiter la reine et de n'avoir pas été autorisé à conférer avec les Hamilton ^. Quant à Elisabeth, bien que très-irritée des chan* gements accomplis par les lords et acceptés par Mut* ray au mépris de ses i*ecomlnandations , elle n'avait aucun moyen et aucune raison de rétablir Marie sur son trône et de renverser le régent. C'est ce que les lords comprirent très-bien. Ils ne s'émurent point de sa colère, et loi*sque l'ambassadeur anglais Tbrockmorton quitta l'Ecosse après la proclamation de la nouvelle régence, il eut avec Lethington et Murray un dernier entretien datis lequel il les trouva tous deux prêts à la résistance et pleins de résolution. « Si votre maîtresse veut la guerre , lui dit Lethington , nous tenterons plutôt la fortune que de mettre en liberté notre reine, dans son état actuel, disposée qu'elle est à garder et à défendre Bothweli, à hasarder la vie de son fils, à perdre le royaume, à ruiner sa noblesse'... Cette guerre, nous la connaissons.

* Mémoires de J. Melvily 1. 1, lîv. m, p. 273. Keitli, p. 443, ' Throckmorton à Élisabelh, 20 août 1567, dans Keilh,

* » And if there be no remedy but that the queen your

Page 1