CHAPITRE VI. m
Vous brûlerez nos frontières et nous brûlerons les vôtres. Si vous faites une invasion^ nous ne vous craignons point et nous sommes assurés de la France ' . » Se montrant blessé du ton impérieux que prenait Elisabeth vis-à-vis d'eux, il finit en disant à Tbrockmdtton : — « 11 suffit de répondre à un si étrange langage que nous sommes les sujets d'un autre prince et que nous ne reconnaissons pas Sa Majesté la reine pour notre souveraine*. » Mutray fut plus bref et tout aussi péremptoire. 11 dit à l'ambassadeur d'Éli^ sabeth 5 qui avait essayé de séparer sa cause de celle des lords en lui rappelant qu'il était étranger à [ce qu'ils avaient fait : <« Si je n'ai pas pris part aux ac* tions passées de ces lords, je dois les approuver au* jourd'hui; et^ voyant que la reine ma souveraine et eux m'ont imposé la charge de la régence à laquelle je me serais soustrait volontiers, je suis décidé à maintenir leur œuvre : je réduirai tout le monde à l'obéissance, au nom du roi, ou j'y perdrai la vie *. »
sovereign will make war, and noarish war against us , we can be but sorry for it, and do the best we niay. But to put you out of doubt, we had ralher endure ibe fortune ihereof, and suffer tbe aequel , tban to put (he queen to liberty now in this mood tfaat she la in, being; resolved to retain Dothwell and to fortify him, to hazard the life of her son, to put the realrn in péril and to forfeit at ail noblcmen. *» Throckmorton à Élisabetli, Édimbourg^^ 22 aoàt 1567, dans Koith,
i Ibid. — J Ibid. — î Ibid.
L'intention qu'il manifestait si fièrement, il Texé*cuta avec une grande vigueur. En disciple de Knax, nourri de la lecture de la Bible , il voulut prendre pour modèle les anciens chefs qui avaient conduit le peuple d'IsraèP. Le laird de TuUibardin et le laird de Grange venaient d'être envoyés par le âbnseil privé à la poui^uite de Botbwell qui avait été proscrit par une proclamation du 26 juin et qui s'était retiré de Dunbar dans les Orcades *. MuiTay mit sous sa main presque toutes les places fortes du royaume*. Balfour lui restitua le cbàteau d'Edimbourg. Mais ce complice épargné de Botbwell ne s'en dessaisit que moyennant cinq mille livres d'argent, une pension annuelle pour son fils, le prieuré de Pittenweem et l'assurance de l'impunité pour lui-même ^. Murray, qui s'empara bientôt de Dunbar, d'Inch-Keith, et de plusieurs autres forteresses*,
* « Went stoutly to work resolved rather lo imitate those wfao had led the people of Israël. » Throckmorton h Gecil , 20 août 1567, dans Stevenson, p. 382, et dans Tytler, t. VII, p. 192.
* Anderson, t. I, p. 139 à 145. — Keich, p. 442.
' Thmckmorton à Cecil, 26 août 1567, dans Stevenson, p. 294, et fiedford à Cecil, 11 sept. 1567, au Stale Pap. Off., et dans Tyller, t. VII, p. 192.
* Keith, p. 455, et Throckmorton à Cecil, 26 août 1567, au State Pap. Off., el dans Tytler, t. VII, p. 193»
•Keiih, p. 456 et 459.