‹ Histoire de Marie StuatChapitre 202 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

la hauteur, où ils ne parvinrent que harassés par une montée fatigante et déjà troublés par les coups de feu tirés sur leurs flancs. Ils y trouvèrent les troupes fraîches du régent qui les reçurent avec une grande vigueur. Le combat eut lieu corps à corps , et les hommes à lance , des deux côtés , luttèrent surtout intrépidement. Mais, au bout de trois quarts d'heure, les habiles manœuvres du laird de Grange, qui se portait avec des renforts sur tous les points faibles, le courage froid de Morton , la vaillance de Hume et un mouvement décisif de Murray s'avançant avec le centre de ses troupes contre l'armée déjà ébranlée de la reine , mirent celle-ci en pleine déroute. Elle laissa sur le champ de bataille de Langside environ trois cents morts, le régent ayant fait défense de tuer après la victoire, et beaucoup de prisonniers des principales familles , ainsi que ses canons '.

La fortune s'était déclarée encore une fois contre Marie Stuart. La malheureuse reine, placée sur une élévation^, avait assisté avec une anxiété extrême à

^ Voir Keith , qui cite les divers récits de la bataille de Lang^side faits par Crawford^ p. 477; Mal vil, p. 478, 479; Calderwood, p. 479 et 480. — Voir aussi le récit que Tytler a donné, t. VII, p. 460 à 462, Proofs and illustrations, sous le titre de : Advertisements of ihe conflict in Scotland, et Jdvertisement dEscosse du xvi* de niay 1568, dans Teulet, t. II, p. 215 à 216.

* « When the queen , wbo stood on an emineoce to wiew tlio arniies, percoived that her friends had lost the day, sbe

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la bataille qui devait décider de son sort. Elle avait vu la marche , lattaque , le trouble , la défaite deg siens. Elle avait vu tomber ses dernières espérances avec ses derniers défenseurs. Api*ès Carberry-Hill, il lui restait encore le parti intact des Hamilton ; après Langside, il ne lui restait personne. Elle n avait plus qu'à fuir. C'est ce qu'elle fit dans un état de profonde consternation. Descendant en toute hâte du coteau où elle avait été le douloureux témoin de cet irrémédiable désastre, elle monta à cheval, et, suivie d'un petit nombre de serviteurs , elle se dirigea vers Dumfries , au sud de l'Ecosse , et fit seize milles sans s'arrêter. Arrivée à l'abbaye de Dundrenan, près du golfe de Solway, elle pouvait s'embarquer pour la France ou se réfugier en Angleterre. L'un de ces partis était plus sûr, l'autre plus aisé. Se confiant dans les témoignages d'intérêt qu'Elisabeth lui avait donnés pendant qu'elle était captive , comptant sur les offres d'amitié que cette reine lui avait faites depuis qu'elle s'était évadée , elle résolut de se placer sous sa protection. Lord Herries , qui l'avait accompagnée , écrivit , en son nom , à Master Lowther, gouverneur anglais de Cai4isle, pour demander un asile*. Sans attendre sa réponse, sans exiger qu'Élisa-

lost courage; which $he had never done before. » Keith, p. 481 . — Tytler, t. VII, p. 220.

* Anderson, t. IV, part, i, p. 2, 3. — Lettre de Marie Stuart à ÉHsabetli, de Workinçion, le 17 mai 1568, dans

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