‹ Histoire de Marie StuatChapitre 201 sur 214 · CHAPITRE VT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VT

arquebusiers; Glasgow s arma pour sa cause*. I^e comte de Mar envoya à son camp six pièces de canon de Stirling ' ; le vaillant Alexandre de Hume y conduisit six cents lances du pays de Merse ; l'énergique Morton, lardent Glencaim, Thabile Kirkaldy y arrivèrent avec leurs vassaux, et le régent se trouva, dix jours après Févasion de la reine, à la tête de quatre mille hommes^ bien résolus et bien corn* mandés» Il projeta d'attaquer sans différer larmée de la reine , avant qu elle reçût les renforts que le comte de Huntly et le lord Ogilvy devaient lui amener des régions septentrionales.

S'il avait intérêt à livrer la bataille , la reine avait intérêt à la refuser. (îagner du temps pour elle , c'était gagner pour ainsi dire sa cause. Soit défiance, soit prévoyance, elle voulut se rendre dans la place inattaquable de Dumbarton^, qui n'était pas éloignée de Glasgow et dont le gouverneur , lord Fleming , était un de ses plus invariables serviteurs ^. Mais les Hamilton , se voyant supérieurs en force , désiraient combattre. Us comptaient vaincre, et, du même

* Drury à Gecîl, 7 mai 1568, dans Keith, p. 475.

* /6W., p. 474, et Drury à ThrockraortOD , 9 mai 1568, dans Teulet, t. II, p. 208, 209.

' Advertisements of the cotiflict in Scotland , 16 mai 1568, au State Pap. OfF., ee dans Tytler, t. VU, p. 314 et 215.

* Keith, p. 475 à 477. — Tytler, t VII, p. 216.

* Robertson, t. II, liv. v,p. 243.— Tytler, t. Vil, p. 216.

coup , abattre le régent , vieil ennemi de leur maison, et dominer la reine. Pour concilier ces deux .sentiments contraires , on convint de se diriger vers Dumbarton et d'accepter la bataille si l'ennemi l'offrait pendant qu'on serait en marche. Ce parti était le moins bon. Il exposait à se battre dans un mouvement de retraite , ce qui est toujours plus périlleux, car on ne choisit ni son moment ni son terrain. Marie Stuart en fit la funeste expérience le 13 mai, onze jours après qu'elle était sortie de Lochleven.

Son armée , placée sur la rive gauche de la Clyde, devait passer au sud de Glasgow pour se rendre à Dumbarton. Le régent, afin de lui barrer le chemin, avait transporté ses troupes sur la même rive et l'attendait dans une position très-avantageuse. D'après le conseil de l'expérimenté laird de Grange, il avait occupé la hauteur de Langside avec ses principales forces et avait embusqué des arquebusiers dans un défilé que devait traverser l'armée ennemie avant d'aborder cette hauteur. Ce terrain , coupé de haies, semé de plantations et de maisons, ne permettait pas à la cavalerie de la reine, infiniment plus nombreuse que celle du régent, de se déployer, et il exposait ses gens de pied à un inévitable ébranlement. Aussi, lorsque les Hamilton , à la tête de leur avant-garde, forte de deux mille hommes , s'engagèrent dans ce difficile passage, le feu des arquebusiers jeta du désordre parmi eux. Us s'élancèrent alors à l'attaque de

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