CHAPITRE III
répondit vivement à la reine que sa volonté n'était pas la raison et que ce qu elle pensait de FÉglise de Rome ne saurait changer cette prostituée, comme rappelaient lui et les siens, en l'épouse immaculée de Jésus-Christ. Il se livi*a aux plus violentes invectives contre cette Église dont il ne comprenait pas les dogmes profonds et dont les longs abus avaient compromis aux yeux des réformateurs les grandes institutions. U la déclara remplie d'erreurs , souillée de vices , et s'offrit à prouver que la croyance y avait plus dégénéré que dans l'Église des juifs. La reine mit fin à cette audacieuse sortie ^ et le congédia. U sortit en priant Dieu u de la bénir dans la république d'Ecosse aussi amplement que l'avait été Déborali dans la république d'Ismël '. »
La fougue inconsidérée de Knox encourut le blâme des chefs politiques du parti protestant. liCthington écrivit même à Cécil : u Je voudrais que M. Knox parlât d'une manière plus aimable à une aussi jeune princesse et que sa véhémence, que rien n'arrête , ne lui fît pas émettre des sentences difficiles à digérer pour un estomac faible. Assurément, elle montre vis-à-vis de lui une sagesse au-dessus de
' Ce long entretien, que j'ai abrégé, est toat entier dans Knox, History ofthe reformation, t. II, p. 377 à 286. — Il est également dans M*Crie, Life of John Knox, t. II, p. 31 à 39. — Randolph en fait mention en écrivant à Cecil , le 7 septembre 1561; Keith, p. 188.
son âge. Que Dieu lui accorde Fassistance de son esprit \ >> Pannt les douze comtes ou lords dont Marie avait composé son conseil privé, elle avait donné la prépondérance aux sectateurs du culte nouveau. Dans une assemblée générale réunie pour régler Tétat et les moyens d'existence de TÉglise réformée, il fut décidé que le tiers du produit des biens ecclésiastiques, restés entrç les mains des prélats ou saisis par les nobles, serait remis à la reine pour l'entretien des prédicateurs, l'établissement des écoles , l'assistance des pauvres et l'augmentation de son propre revenu. Lord James, Maidand de Letbington , le comte d'Argyle et le comte de Morton furent chargés de surveiller la fixation de ce tiers. La confession de foi resta la règle de la croyance, mais le livre de discipline fut repoussé par la noblesse, qui voulut bien se soiunettre à la doctrine des ministres Sans accepter leur gouvernement *. Ces pi-emiers
^ tt You know the vehemency of M. Rnox's spirit, which cannot be bridied , and yet doth sometimes utter such sentences as cannot easily be di(jested by a weak stomach. I could wish he woiild deal with her more g^ently, beinç a young^ prîncess impersuaded. For this I am accounted toc politic , but snrely in her coniportinç with him , she doth déclare a wisdom far exceedinç her âge. God g^ant her the assistance of his spirit. )) Lethington à Cecil, 25 octobre 1561, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. Il, p. 281, 282.
* Tytler, t. VI, p. 291 à 293. — Knox, History, etc., t. H, p. 295 à 299.