‹ Histoire de Marie StuatChapitre 61 sur 214 · CHAPITRE m. I2Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. I2Ô

nait rÉtat à la relif][iôn , ne recula point devant ces conséquences de sa théorie : — « Très-certainement, madame, dit-il, si les princes excèdent leurs devoirs. » Comparant alors le souverain qui , dans un accès de zèle aveugle, voudrait frapper les enfants de Dieu, à un père de famille qui , dans un mouvement de folie, poursuivrait ses propres enfants avec une arme que ceux-ci auraient le droit de lui enlever, Knox dit : — « Il serait permis d'ôter Tépée à un td prince, de lui lier les mains et de le mettre en prison jusqu'à ce qu'il fût devenu plus calme. Ce ne serait pas lui désobéir, mais se conformer à la parole de Dieu, p — Marie resta confondue. Une doctrine aussi subversive de toute autorité, qui faisait les sujets juges de l'obéissance qu'ils devaient à leurs souverains, et qui, sur la provocation de leurs chefs spirituels, les autorisait à la révolte, la remplit d'épouvante. Elle entrevit le terrible avenir qui lui était réservé, comme reine catholique, au milieu de ces fiers et insubordonnés protestants, de ces sombres et fanatiques ministres. Elle n'eut plus la force de répondre, car elle en sentit l'inutilité. Elle tomba dans un triste silence et elle resta comme accablée . pendant un quart d'heure '.

Lord James assistait seul à cette étrange scène où

' a At thèse words , tbe quene stood as it war aroased , inore than ihe quarter of one bour. Her contenance ahered. n Knox, Hislory ofthe reformations t. II, p. 282.

Knox se présentait devant cette jeune et aimable reine récemment arrivée de France comme les prophètes juifs allaient porter les admonitions du Très- Haut aux rois dlsraël et de Juda. Il chercha à remettre l'esprit et à remonter le courage de sa sœur; et Marie Stuart, donnant un assentiment ironique aux paroles factieuses de Knox afin d'en mieux montrer la portée: « Bien, dit-elle, je le conçois. Mes sujets doivent vous obéir et non à moi ; ils doivent faire ce qui leur plaît et non ce que je leur commande. Au lieu d'être leur reine, je dois apprendre à devenir leur sujette ! » — Poussé à cette extrémité de sa doctrine, Knox se récria, et voulant revenir en arrière : — « A Dieu ne plaise, répliquat-il, qu'il en soit ainsi. Je suis bien éloigné de commander à qui que ce soit, ou de délier les sujets de leur loyale obéissance. Je ne désire qu'une chose , c'est que les princes comme les sujets obéissent à Dieu dont la parole enjoint aux rois et aux reines d'être les pères et les mères de son Eglise et de la nourrir. »> Marie, qui n'entendait pas devenir la protectrice d'ulie religion qu'elle supportait, mais qu'elle détestait, ne se contint plus. Elle laissa éclater les sentiments qu'elle avait jusque-là dissimulés, et dit avec colère : — « Ce n'est pas votre Église que je nourrirai, mais l'Église de Rome que je crois la vraie Église de Dieu. »

A ces mots, Knox ne se contint pas davantage. Il

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