‹ Histoire de Marie StuatChapitre 71 sur 214 · CHAPITRE ÏÏI · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÏÏI

Et l^hoiTiine inorl est biea heureux , Heureux qui plus rien ne désire ' .

Arrivé sur la place de Texécution , il leva les yeux au ciel en prononçant ces mots : « O cruelle dame * ! » Cette aventure eut un grand et fâcheux éclat. Elle fit souhaiter davantage encore que la reine évitât, par im nouveau mariage, les périls auxquels l'exposaient sa beauté et son veuvage. D'ailleurs la nécessité de donner des héritiers au trône d'Ecosse le lui commandait, sa jeunesse l'y poussait, ses sujets l'y invitaient et elle était demandée depuis longtemps par plusieurs princes de l'Europe. Ce second mariage, dont la négociation se pi*olongea quatre années, provoqua l'intervention des plus grands potentats , de Philippe II, de Catherine de Médicis, de l'empereur Ferdinand , d'Elisabeth , du roi de Suède et du roi

* Odes de Ronsard, t. II, p. 540. Paris, 1630, in-18. — D'après Knox il mourut avec repentir : » Ai the place of execuCioun, when he saw that there was not remeady but death, he niade a gfodiy confessioun. » Knox, p. 369. — Cest ce que dit aussi Randolph : u He died with repentance. » — Tyller, t. VI, p. 320.

^Knox, p. 369. — Brantôme dit qu'après avoir achevé l'ode h la mort : u se tourna vers le lieu où il pensoit que la reyne fust, s'écria tout haut : a Adieu, la plus belle et la plus cruelle princesse du monde;» et puis, fort constamment tendant le col à l'exécuteur, se laissa défaire fort aisément, n T. y, p. 125. Voir, Appendix B,les vers que Chastelard avait adressés h Marie avant sa tra^jîquc aventure.

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de Danemark , qui travaillèrent soit à le faire conclure, soit à Tenipécher. Comme il prit une extrême import^Dcç par les intérêt» qu'il mît en jeu , le$ desseins qu'il dévoila, les terribles suites qu'il eut, il convient d'en exposer, ^vec détail et à l'aide de documents nouveaux , les phases curieuiies et b triste conclusion.

Moins d'un mois après la mort de François ÏI, plusieurs prétendants avaient aspii^ à la main de sa veuve. Marie Stuart repoussa les rois de Danemark et de Suède , pt son cboi^^ parut inelinep vers don Carlos, fils de PbUippe II. Le cardinal de Lorraine, son pncle , fit l'ouverture de ce mariage h Cbantpn-s nay? ambassadeur du roi catholique à la oour de France * , Un pareil projet éveilla les défîanpes et v^ïp-

conti^ l'opposition d'Elisabeth et 4e Catherine de Médicis , également intéressées à ne pas en souffrir l'exéeution. ïl eût été fort dangereux pour l'une et pour l'autre que l'héritier de l'Espagne ', du Milanais, du royaume des Deux-Siciles, des Pays-Bas, de la Franche-Comté, épousât la reine d'Ecosse aspirant à la couronne d'Angleterre. Catherine de Médicis, plu4 en mesure qul^lisal^eth de mettre obsta^île à ce mariage, chargea Tévêque de Limoges,

^ Voir ci-dessus, p. lOâ, note 1.

' Don Carlos était né le 12 juillet 154Ç. Il avait quinze ans et demi à la mort de François II, et était moins âgé que Mnrie Stuart de près de trois ans.

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