CHAPITRE m
son ambassadeur à Madrid, et sa fille qui avait épousé Philippe II après la paix de Catcau-Cambrésis, de l'entraver avec adresse, en se servant de toute leur iqfluenoe auprès du roi catholique. « Pour rompre* ce coup 9 leur écrivit -elle, je donnerai sourdement tout l'ordre que je pourrai *. w Elle y employa même le duc de Guise et le cardinal de Lon*aine, dont elle changea les dispositions par les raisons les plus pO"> litiques. Elle leur dit que, leur nièce ayant des droits au royaume d'Angleterre, il pouvait arriver^ si elle épousait le prince d'Espagne , que l'Ecosse et l'Angleterre s'ajoutassent aux États du roi catholique pour en accroître encore la grandeur, et elle les conjura, avec les plus vives instances, de ne jamais concourir à un mariage qui exposerait le royaume de France au plus grand péril qu'il e^t jamais couru *.
* Catherine de Médicis à l'évoque de Limoges, ambassadeur de France à Madrid, 3 mars 1561. Négociations sous François H, p. 818 et 819.
* « La reyna madré Iiabia entrado en {jran sospeclia del easamiento de su alteza por la pretensa de su reyna a este reyno, y llamado al duque de Guisa y al cardenal, pîdiendo les con grandissima instancia, que en ning^una manera viniessen a este easamiento, porque séria el mayor dano e iaconveniente que podria ser y venir al reyno de Francia ocu- |)andose con la grandeza de Y. M^. estos dos reynos. » C'est ce que Lething;lon raconte en avril 1565 à Gusman de Silva, ambassadeur de Philippe II à Londres, et ce que Silva transmet à Philippe H par sa dépêche du 26 avril 1565. Arch. de Simancas, Inglaterra , h'Q. 818.
lis MARIE STUART.
Le duc et le cardinal le lui promirent. Ils donnèrent leur parole qu'ils agiraient conformément à ce qu'elle souhaitait d'eux, parce qu'ils préféraient, •»disaient-ils, le bien de la France à l'avantage de leur nièce ^ Ils tinrent leur engagement, il faut le dire à leur gloire. Au moment où Marie Stuart quitt'iit la France , elle consulta le duc de Guise sur son mariage. Le duc lui répondit qu'il ne voulait pas lui donner conseil, parce qu'il ne pouvait pas lui donner le conseil qui lui convenait le mieux, et il l'engagea à faire son choix elle-même *. Mais ce choix, qui continua à se porter sur le prince royal d'Espagne , fut quelque temps après traversé par le cardinal de Lorraine qui , rencontrant l'empereur Ferdinand à Inspruck, négocia avec lui et à l'insu de sa nièce un projet de mariage entre celle-ci et l'archiduc Charles, second fils de l'empereur *. Ce projet ne pouvait que déranger l'autre. Il devait in-
*■ a ...y que cllos so lo habian prometido y dado palabra, de bacello assî , tcniendo en mas el util de aquel rcyno que el bien de su sobrina. » Ibid,
* ti El duque le habia dicho que en materia de casamiento no le queria dar consejo, porque no le podia dar el que le convenia, que mirasse ella por lo que mejor le estaria. » Ibid.
* « Y que estando el mîsmo Ledington en este reyno (en France) tuvo aviso que cl de Lorena se veia con el emperador en lospruch para tractar destc casamiento siii lo saher su revna. » Ihiri,