CHAPITRE m
trouvant fort bien où je suis, je me propose d'y rester. Prenez ceci pour réponse. » En même temps qu elle rappelait Lennox et Darnley, Elisabeth chargeait Bandolph d'assurer de son appui les protestants et les dissidents d'Ecosse*.
Ceux-ci tentèrent alors un dernier • effort pour empêcher le mariage. L'assemblée générale de l'Église d'Ecosse , convoquée par le comte d'Argyle et par Knox, décida que les bourgeois d'Edimbourg seraient armés et qu'une supplique serait présentée à la reine pour réclamer Tabolition de la messe nonseulement dans tout le royaume , mais encore dans son propre palais, et imposer à tous ses sujets l'obligation d'assister aux prières et aux cérémonies de la religion établie. Le comte de Glencairn et cinq commissaires délégués avec lui par l'assemblée générale portèrent cette supplique à la reine, qui promit de maintenir fidèlement leur culte, mais qui demanda pour elle la tolérance qu'elle accordait aux autres'. Elle eut l'art de calmer les protestants ; sans parvenir toutefois à ramener auprès d'elle Murray , qui refusa de paraître à Perth , en alléguant que sa vie y était menacée par Darnley et par Lennox *. Murray se porta en même tciyips aux dernières extrémités. D'accord avec le duc de Chfltellerault , les
* Elisabeth à Randolph, 10 juillet 1565, dans Keilii, p. 296.
* Spolliswood , p. 190. — Keilh, p. 289.
» Randolph h Cecil , dans Keith. — Tyiler, t. VI, p. 407.
comtes d'Argyle, de Rodies et lord Boyd, il projeta de surprendre la reine et Darnley lorsqu'ils se rendaient de Perth à Callendar, château de lord Livingston. Les conjurés devaient livrer Darnley aux Anglais ou même le tuer, enfermer Marie Stuart à Lochleven, et replacer Murray à la tête du gouvernement ' . Mais la reine , ayant été prévenue de leur audacieuse conspiration, quitta Perth précipitamment , sous l'escorte de trois cents chevaux que commandaient le comte d'Athol et loixl Ruthven, passa les défilés de Kinross, où elle devait être attaquée , deux heures avant que le comte d'Argyle y arrivât avec son monde, et elle parvint sans obstacle à Callendar*.
Ce crîminel dessein excita une grande indignation par tout le pays et ne laissa à ceux qui venaient d'échouer dans une aussi odieuse tentative que la révolte ouverte. Ils y recoururent. Murray appela le peuple et les frires aux armes, tandis que Marie, de son côté, convoqua tous les vassaux de la couronne à Edimbourg, en équipage de guerre et avec les provisions nécessaires à une entrée en campagne. Elle publia adroitement une proclamation destinée à rassurer l'Église protestante, et assista même, pour la première fois, au sermon d'un ministre presbyté-
* Raiidolph h Cccil, 4 jiiillot 1505, dans Kcidi, p. â9l. » Jhid., et dans Tvtler, t. VI, p. 410 et 411.