‹ Histoire de Marie StuatChapitre 88 sur 214 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

1er. Elle avait assemblé la haute noblesse de son royaume à Stirling, et, le 15 mai', lui avait signifié l'intention où elle était d'épouser Damley, sans . qu'aucune voix eût osé contredire sa volonté *. Le même jour elle avait créé Darnley comte de Ross et lord d'Ardmanack en lui concédant de grandes propriétés dans le royaume '. Ces actes décisifs rendaient la mission de* Throckmorton tout à fait inutile. L'envoyé d'Elisabeth communiqua à Marie les remontrances du conseil privé d'Angleterre et lui exprima la surprise qu'éprouvait la i^inc sa niaitresse de ce que le comte de Lennox et lord Darnley, qui étaient ses sujets, n'avaient pas craint de s'engager, sans avoir pris son agrément , dans une affaire de cette nature qui intéressait l'Angleterre aussi bien que l'Ecosse. Marie répondit à Trockmor* ton d'une manière à la fois spirituelle et fîère : u Le mécontentement «de ma bonne sœur est vraiment merveilleux, car le choix qu'elle blâme a été fait conformément à ses désirs communiqués par M. Randolph. J'ai rejeté tous les compétiteurs étrangers; j'ai accepté un Anglais descendant du sang royal des deux royaumes et le premier prince du sang en Angleterre. Je suis donc étonnée de la désapprobation tardive d'un choix également convenable pour les

* Keith,p. 277.

» FHd., p. 276 h 280. -- » Ibid.

deux royaumes'. » Elle ajourna toutefois la célébration de son mariage dans l'espérance d'adoucir sa dangereuse voisine et d'éviter une rupture avec elle. Cette condescendance ne suffit pas à Élisabedi, qui voulait non Tajoumement du projet, mais son entier abandon , et auprès de laquelle les justes raisons de Marie Stuart ne trouvèrent pas grâce.

Cette reine, aussi emportée qu'artificieuse, fit conduire à la Tour de Londres la comtesse de Lennox , déjà soumise à une étroite surveillance dans sa maison et soupçonnéede s entendre avec les chefs catholiques de l'Angleterre *. Elle somma le comte de Lennox et lord Damley, comme sujets anglais, de se rendre à sa cour. Lorsque Randolph leur transmit cet ordre, Lennox refusa d'y obéir en disant que sa femme était détenue en Angleterre , et qu'il ne s'aventurerait pas à y reparaître avant qu'il (ùt plus assuré de la faveur de la reine Elisabeth •. Le refus de Damley fiit moins respectueux et plus hautain. « Je ne me reconnais, dit-il, d'autre devoir d'obéissance qu'envers la reine d'Ecosse que je sers et que j'honore. Votre maîtresse envie ma bonne fortune. On a ici besoin de moi , comme vous l'apprendrez sous peu de jours *. Je n'entends donc pas retourner, et me

^ Throckmorton à Elisabeth, 21 mai 1565, dans Keith, p. 278.

» Tytler, t. VI, p. 396 et 403.

* Randolph à Ceci], 22 juillet 1565, dam Keitb, p. 304.

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