‹ Histoire de Marie StuatChapitre 96 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vre-de-Grâce, que les huguenots avaient cédé aux Anglais en retour et comme prix de l'assistance qu'ils en avaient reçue. La rusée Italienne, en même temps qu'elle allait se ménager l'appui de Philippe II son gendre par l'entrevue de Bayonne, voulut sans doute paralyser la dangereuse malveillance d'Elisabeth par une demande de mariage.

Elle chargea Paul de Foix, son ambassadeur à Ijondres, d'en faire à Elisabeth la proposition formelle, u Je désirerois, lui dit-elle, estreindre notre amytié d'iui lien plus estroit , et je me sentirois la plus heureuse mère du monde si un de mes enfants, d'une bien aimée sœur, m'en avoit fait une trèschère fille ' . » Paul de Foix demanda une audience à la reine Elisabeth, qui la lui assigna pour le 14 février 1565 , à l'époque même où Damley arrivait en Ecosse afin d'épouser Marie Stuart. kS'acquit* tant de sa délicate mission avec dextérité , il montra à Elisabeth la dépêche même de Catherine de Médecis qui l'accablait d'éloges, et prétendait qu'elle trouverait dans le jeune roi Charles IX son fils tant au corps qu'à l'esprit de quoi la contenter *. En Usant

^ Dépèche de Catherine de Médicis à Pau1.de Foix. Ms. de la Biblioth. nat., fonds Saint-Germain Harlay, n"* 218. Cette dépêche était du 24 janvier 1565, comme Tindique Paul de Foix lui-même dans le récit qu'il donne le 18 février de la négociation avec Elisabeth.

' IfÀH. Dépêche de Paul de Foix h Catherine de Médicis

cette lettre Elisabeth changea plusieui^ fois de couleur et de contenance. Elle parut satisfaite et confuse, et répondit à Paul de Foix que l'offre d'un tel honneur lui inspirerait toute sa vie pour la reine mère la même affection que si elle était sa fille. Mais elle ajouta que la reine mère n'était sans doute pas bien informée de son âge, quelle était trop vieille pour un aussi jeune roi qui la négligerait comme le roi d'Espagne avait négligé la feue reine Marie sa sœur, tf J'aimerais mieux mourir , dit-elle , que de me voir méprisée et délaissée, n

Néanmoins, sur les instances de l'ambassadeur de France qui fit valoir les avantages politiques et commerciaux d'un projet d'union que sa cour semblait prendre au sérieux, la négociation s'engagea dans toutes les règles. Elle dm*a un certain nombre de mois. Le grave Cecil fut appelé à donner son avis sur ou, pour mieux dire, contre un aussi bizarre mariage qu'Elisabeth soumit également aux principaux seigneurs de son royaume. Pendant ce temps, Catherine de Médicis et Charles IX montrèrent le plus impatient désir de le voir conclure à Smith ^ , qui avait succédé à Throckmorton auprès d'eux comme ambassadeur d'Angleterre. Paul de Foix s'attacha de son côté à affaiblir les fortes objections de

du 18 février. — Voir les pièces inédites que je donae sur ce projet de mariage daas Tappeadix D.

* Dépêche ms. de Smith du 15 avril 1565, au Sr. Pap. Off.

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