CHAPITRE IV
vigueur , et semblait dépourvue de tout bon sens lorsqu'il s'agissait d'elle-même. Ce qui la flattait le plus, c'était d'éti*e demandée en mariage : une semblable recherche supposait une admiration pour sa beauté et un goût pour sa personne qui la touchaient vivement. A cet égard elle n'avait rien à envier à Marie Stuart. Philippe II s'était mis le premier sur les rangs après la mort de sa seconde femme ' , la reine Marie. La plupart des princes qui avaient aspiré à la main de la reine d'Ecosse avaient prétendu à la sienne. De ce nombre étaient le roi de Danemark, le roi de Suède, et l'archiduc Chai*les, avec lequel la négociation était depuis longtemps ouverte, sans être ni avancée ni rompue. Il avait été question du comte d'Arran ' parmi les Écossais , et , parmi ses sujets, le comte d'Arundel' avait cherché à lui plaire et le comte de Leicester y était parvenu *.
* Voir Tappendix A*
* Voir dans Keith, p. 54 et 55, la lettre écrite à ce sujet par les lords écossais en 1560, et p. 56 et 57 la réponse d'Elisabeth.
* « Dicenme que el conde de Aroudel trae inuy altos pensamieatos... Todos creen que no se 'casara (Elisabeth) coa estrangero, y no atinan a quien inclina, pero los mas dias sale gfrita de nuevo niarido. Ya ha dexado al conde de Arondel , y dizen que se casara con hijo de Guillen Haubard ( Howard ]• » Le comte de Feria à Philippe II, Londres, 14 décembre 1558. Arch. de Simancas. Ingl., lef]^. 811.
* « Dizen que esta enamorada de milord Roberto. » Le comte de Feria à Philippe II, 29 avril 1659. Arch. de Si-
TOM. n 13
Quelque habituée qu'elle fût à toutes sortes de propositions de mariage , elle en avait reçu une de nature à la surprendre beaucoup. Catherine de Medicisy soit qu'elle cherchât à écarter Tarchiduc Charles afin d'empêcher la reine d'Angleterre de con* tracter une alliance avec la maison d'Autriche, soit qu'elle tint à s'attirer la bienveillance politique de cette reine en s'adressant à sa vanité, Catherine de Médicis imagina de lui offrir pour mari Charles IX. Ce projet étrange d'unir un jeune homme de moins de quinze ans et une femme de plus de trente , un catholique et une protestante , le roi de France et la reine d'Angleterre , fut mis en avant vers l'automne de 1564. Catherine de Médicis venait de sortir des premières guerres civiles dans lesquelles Elisabeth avait secouru les huguenots, et de reprendre le Ha«
mancas. Ingl., leg. 812. — « Era tan pùblica la voz de que Isabel ténia relaciones estrechisimas con Robert, que en una de las audiencias que di6 alla al erabajador Cuadra, trato de sincerarse manifestandole toda la disposicion de su càmara y alcoba, persuadiéndole que eran calumnias infundadas todos aquellos minores. Robert por su parte hacia tambien oficîos para ganar al embajador, y envi6 perros de caza y otros regalos à Felipe. » Apuntamientos para la historia del rey don Felipe Ségundo de Espana por lo tocante a sus relaciones con la rdna Isabel de Inglaterra, desde el ano 1558 hasta el de 1576, formadas con presencia de la correspondencia diplomatica original de dicha época por don Tomas Gonzalez^ in-4**, p. 72. Et Memorias de la real Academta de la histonfif t. Vlï, p. 284.