‹ Histoire de Marie StuatChapitre 98 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

aborda un autre sujets Quelque temps après, elle rassura Silva en lui disant qu'elle ne se laisserait point prendre aux propositions de la cour de France.

En effet, lorsque les délais qu'elle avait demandés à Paul de Foix afin de sonder à cet égard les personnages les plus importants de l'Angleterre furent expirés, elle lui donna, le 2 mai, une audience où elle le prépara à son refus. Enfin , le 12 juin , Paul de Foix fut conduit à la salle du conseil dans Westminster pour y recevoir une réponse définitive. Il y trouva le comte de Leicester , le grand chambellan Howard, Cecil, Pi ter et le marquis de Northampton. Celui-ci lui dit au nom de tous les autres :

*■ m Dijele : tanibien se dice que se casa con Y. M. el rey de Francia. Bajo un poco la cabeza, y despues riosc... dîjo me la reyna : Yo me quiero confcsar con vos , pues es cuaresma, y sois mi amig;o. Tractose casamiento conmîg^o del rey mi hermano y ha se tractado por el de Francia, y por los reyes de Suecia y Dinamarca. Dijele : Y entiendo que por el archiduque. Dijome es asi : Solo lo del principe vuestro no se me ha hablado, habiendose tractado por todos los de mas. — La causa a mi parescer esta clara, que el rey mi senor debe tener por cierto , que V. M. no se quiere casar, pues habiendose hablado por su parte, siendo el mayor principe de la cristiandad y de mayores partes , y a quien sc(j;un me ha dicho S. M. estaba mas obligada, no lo ejecuto, — Eso no quedo tanto por nii que se pudiese pensar tan claramente, aunque en aqucl tiempo no deje de tener harto pensamiento de casarme, y yo vos prometo, que si lioy pudiese nombrar sucesor a este rey no tal como yo queria y conbendria , que no me casare, por que no es çosa à que ja-

àOO MARIE STUART.

u Que la principale difficulté que i^encontrait le mariage du roi son souverain avec la reine leur maîtresse était Tinégalité de leurs âges , et l'incertitude prolongée et dangereuse d*un successeur à la couronne , la jeunesse du roi ne laissant pas espérer que la reine eût des enfants de lui avant quelques années '. » Paul de Foix écrivit alors à Catherine de Médicis qu*il n y avait plus rien à espérer. Mais il ajouta que, s*il ne pouvait pas décider la reine d'AngleteiTC à épouser le roi , il saurait bien empêcher le mariage de l'archiduc Charles, que l'ambassadeur de l'empereur était venu proposer.

mas he sido afecionada , pero danme tanta priesa mis sabditos, que no se podrâ dejar de hacer, a lo menos no se hallando este otro medio, que sera bien dîficîl. Y es fucrte cosa que paresce al nmndo que, en no se casando, una muger oo puede vi vîr, 6 lo déjà por algun incombentente , 6 causa no buena, como decian de mi, que no me casaba porque estaba afîcionada al conde de Lecester, y no me casaba con el por tener en aquel tiempo muger, y agora que no la tîeoe, tam poco se ba hecho, aunque en algun tiempo se me bab16 en ello por parte del rey mi hermano. Mas que podemos hacer, pues no podemos atajar la boca â todos, sino hacer el deber y tener cuenta con dios , pues al cabo la verdad se ha de mostrar y tener su lugar y el sabe la mia y mi antmo, que es bien diferente en lodo de los que se piensa... Mas si fuese por Francîa, que os pareceria? — Que no es buen camino ni corto y que en el largo hay siempre pasos dificultosos. Riose y paso a tratar de las vîstas, etc. » Gusman de Silva à Philippe II, Londres, 34 mars 1565. Arch. de Simancas, leg. 818.

* Dépêche de Paul de Foix du 18 juin 1565.

CHAPITRK IV, 201

Cet ambassadeur, nommé Adam 8\vetko\vitz, envoyé par le nouvel empereur Maximilieu pour rapporter les insignes de Tordre de la Jarretière qu*avait laissés son père Ferdinand P% débarqua en Angleterre le 5 mai , trouva le cabinet et la noblesse vivement occupés du mariage de la reine Elisabeth , et mit plus que jamais sur les rangs l'archiduc Charles, que n'avait point agréé la reine d'Ecosse. Cecil ne lui fut pas défavorable , et il fut appuyé par le duc de Norfolk et le comte de Sussex, ennemis de Leicester. L'affaire parut conduite assez sérieusement. Cecil vit à plusieurs reprises l'ambassadeur impérial, lui communiqua le contrat de mariage qui avait été conclu dix années auparavant entre le prince d'Espagne et le reine Marie , et exigea comme conditions, en cas que le mariage se fit , que la religion ne fût pas changée ; que les charges et les offices du royaume ne fussent donnés qu'à des Anglais ; que l'Angleterre ne fût mêlée ni aux guerres de l'empire ni à celles de l'Espagne ; et que, si la reine mourait sans enfants, le parlement réglât seul tout ce qui concernait la succes-

sion V

Paul de Foix, sentant combien ce dessein était contraire aux intérêts de sa cour, se servît des comtes de Pembrocke, de Schrewsbuiy , de Bedford, et

* Dépêche lie Paul de Foîx de la fin de juillet 1565. Ms. Bibl. nat., fonds Saint-Germain Harlay, n*" 218.

surtout de Tbrockmorton et de Leicester, pour le traverser, et il supplia lui-même Elisabeth de ne pas faire à son souverain l'injure et le tort d*épouser larchiduc. Afin de ruiner encore mieux ce projet de mariage, Paul de Foix, conformément aux ordres qu'il reçut de sa cour, appuya vivement auprès d'Elisabeth les prétentions de Leicester, qui aspirait toujom^s à la main d'Elisabeth, Cet ambitieux favori , objet de l'affection vive et persévérante de sa souveraine, qui l'avait établi dans sa cour et qui avait placé sa chambre tout près de la sienne ' , recherchait , pour l'épouser , l'appui du roi de Finance comme il avait réclamé celui du roi d'Espagne dans les commencements du règne d'Elisabeth '. Dans une conférence que Paul de Foix eut avec cette reine , peu de temps après qu'elle eut refusé Charles IX et que Marie Stuart eut épousé Damley , il lui conseilla de prendre le comte de Leicester pour mari , afin

* a Le ha mandado la reyna dar un aposento en lo alio junto al suyo por ser mas sano que el que el ténia abajo , y esta contentissîmo. b Dépêche de Quadra à Philippe II, 12 avril 1561. Arch. de Simancas. Ingflaterra, Icq. 815.

^ Dans une grande fête que lord Robert donna le 24 juin de la même année à Elisabeth, la reine, se trouvant avec révêque Quadra et Dudley, parla de son mariage à l'ambassadeur espagnol sur le ton de la plaisanterie. Quadra rendit compte de cet entretien singulier à Philippe II en ces termes, dans sa dépêche du 30 juin : « Y se pas6 tan adelante en ellas (burlas) que lleg^ milord Robert a dezirle que yo podia ser

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