‹ Histoire de Marie StuatChapitre 99 sur 214 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

d'assui^er le repos de son royaume et le contentement de ses sujets. II lui dit qu* elle avait éprouvé Taffection du comte depuis de longues années, et qu elle recevrait de lui une obéissance proportionnée à rhonneur qu'elle lui accorderait en l'élevant si haut; qu étant Anglais, il ne favoriserait jamais les étrangers; que, n'étant pas puissant, elle n'aurait jamais rien à en craindre ; qu'elle ne mécontenterait d'ailleurs aucun des princes ses voisins par la préférence qu'elle accorderait à l'un au mépris des au« tres , ce qui lui assurerait la conservation de l'amitié de tous. Elisabeth lui répondit qu'elle ne savait pas encore si elle se marierait ; qu'un de ses propres sujets , bien qu'il n'eût pas grands moyens , acquerrait par son mariage beaucoup de pouvoir pour exécuter ses mauvaises volontés, s'il en avait quelqu'une. Elle ajouta qu'elle était résolue , à cause de cela , à ne départir jamais à celui qui serait son mari ni biens, ni force , ni moyens , ne voulant s'aider de

el ministro del acto del desposorio , si alla queria ; y ella (que no le pesaba de oyr aquello) decia que no sabia si yo entendîa tante inglés. Yo les ayude a burlar un rato , y al ulttmo tomando à las veras les dije a entrambos que si nie creian elios se eximirian de la tyrannia de esios sus consejeros, que se habian apoderado de la reyna y de todos sus negocios y restituirian al reyno la paz y union que ha menester cod restîtuirle la religion , y despues podrian Lacer las bodas que decian y ser yo ministro de ellas. » Arch. de Simancas. Inglaterra, leg. 815.

toi MARIE SÏUART.

lui que pour laisser un successeur ; mais que, quand elle pensait à se marier, il lui semblait qu'on lui ar^ rachat le cœur du ventre ' . Paul de Foix reprit plusieurs fois encore cet entretien. Sans s'engager, Elisabeth loua beaucoup I^eicester, qui pénétrait chaque jour plus avant dans ses bonnes grâces et son affection, et de qui elle disait hautement qu'elle ne pouvait pas rester un jour sans le voir *.

Aussi le favori confiant espéra-t-il, dans cette occurrence décisive, mettre le comble à sa fortune par ce mariage. Ses ennemis se rapprochèrent de lui. Le comte de Sussex le rechercha, Cecil fut plus froid pour larchiduc. Leicester se rendit chez le puissant secrétaire afin de s'ouvrir à lui et de le gagner à son projet. Il lui dit qu'il voulait bien lui apprendre qu'il prétendait épouser la reine et qu'il lui semblait qu'elle nétait bonne pour aucun autre que pour lui^\ qu'il le priait dès lors de laisser ses autres desseins, en l'assurant qu'il tiendrait toujours la main à ce qu'il fût non-seulement maintenu en son état , mais encore élevé à un plus grand , comme il le méritait par les services que sa rare prudence et sa loyale habileté rendaient à la reine et au royaume. Cecil parut touché des confidences de Leicester,

* Paul de Foijc à Catherine de Médicis, Londres, 22 août 1565. Ms. Bibl. nat., fonds Saint-Germain Harlay, n® 218. ^ Dépôche de Paul de Foix du 27 septembre 1565. Ibid.

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