XII PRÉFACE
Luxure^ qui fit, récemment, hennir M. de Phocas.
Ah ! vous pouvez bien, mon cher Lorrain, rechercher cetEnsor commeVillustrateur-né de vos plus hallucinantes méditations ; car, dans l'œuvre du maître d'Ostende ils et elles abondent, les M. de Gondrecourt et les M™® Gorgibus, dont vous nous faites connaître les funèbres aspects. Puis il y a dans votre livre tant de cai ctères encore de petites villes mortes, des dolents et blêmes paysages, un vieux Péronne entre autres, d'une vie si close, si claquemurée entre ses remparts^ que je songe à des campagnes pareilles près de Mariakerke, et que James Ensor représenta maintes fois. Il me semble donc bien que lui, le peintre, et vous, l'homme de lettres, vous avez exploité à vous deux et sans vous connaître, si je ne m'abuse, un domaine singulier et magnifique, sur lequel vous avez mis parallèlement votre empan.
PRÉFACE XHJ
Mais en particulier pour vous, mon ami, je ne sache pas qu'il y ait dans les Lettres contemporaines une Imagination capable de créer de plus équivoques personnages et de les faire vivre dans des décors, intérieurs ou paysages, plus appropriés; et, quand vous les présentez, qui ne goûte enfin votre style descriptif, coloré, vivant, alerte et rythmé, spirituel, fantaisiste, ce style de charme et de ressources qui a d'imprévus retours d'images et comme de perpétuels enchantements par tant d'épithètes heureuses 1
Gustave Goquiot.