‹ Histoire de MélanChapitre 22 sur 124 · V. SALMOIRY · texte numérisé non relu

V. SALMOIRY

Dans la Vie de saint Ponce, abbé de Sixt, écrite en 1666

{«Sceau de la chartreuse de Mélan. » Ce sceau se trouve à la Grande Chartreuse.

2 [] yest question de la dot de Catherine de Pressier, religieuse de ce couvent. Or, la dot ne se constituait qu'à l’époque de la profession.

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par le chanoine Jean de Passier ! de la mème abbaye, on trouve ce récit que nous abrégeons. Aléïde, fille d'Aymon I, prince de Faucigny, excitée par les exemples de son oncle Ponce, résolut de se vouer à la vie religieuse, « Elle vint se fixer, dit l'historien, avec une petite troupe de filles, composée tant de demoiselles de son train, que des originaires de sa patrie, à l'entrée de la vallée de Siz, environ mille pas proche du monastère, dans un lieu scabreux et environné de rochers qu'elle appela Salmorié. »

Après y avoir fait construire une église et un monastère, elle y mena avec ses compagnes une vie exemplaire sous la direction du vénérable abbé. Mais l’âpreté du climat ébranla leur santé, car de Passier ajoute: « Leur bonne Dame et Supérieure Aléïde et quelques autres de cette famille y avaient contracté de notables infirmités. Il fut enfin fort charitablement résolu de les transférer en un air plus tempéré et de les établir en la vallée de Châtillon, où elles firent leur demeure jusques à ce que Béatrix, fille de Pierre, comte de Savoie, et Dame de Foucigny, ayant fait construire le monastère de Mélan, ces bonnes filles, qui survécurent à leur dévote Dame Aléïde, y finirent leurs jours”. »

Ainsi donc une sorte de couvent d’Augustines avait été fondé à Sixt par le B. Ponce à la fin du xne siècle. Elles étaient venues au commencement du xmme° s'établir à Châtillon “ où mourut leur Supérieure Aléïde. Enfin, les survivantes vinrent s’adjoindre aux premières chartreuses de Mélan.

Quel bonheur elles durent éprouver à l’arrivée de leurs nou-

! Ce religieux fut un des premiers qui en 1610 acceptèrent la réforme de saint François de Sales.

2 Recueil de la vie et gestes du vénérable Ponce, premier abbé des chanoines réguliers du monastère de Sis, par R. M. Jean de Passier chan. régul. du monast. dudit Siz Chap. x. Voir pour le même ve Grillet, Dict. hist., art. Sirt.

3 D'après l'Inventaire de l’abbaye de Sixt (archiv. de cette paroisse), cette Aléide nommée priorissa de Siz aurait beaucoup travaillé pour acquérir à l’abbaye la montagne de Sales provenant des de Miolans,et en 1207, elle aurait encore fait à Salmoiry une déclaration en faveur de cette abbaye.

4 Probablement au lieu dit « Les Fontaines.»

velles sœurs, inconnues encore mais déjà aimées! Celles-ci, de leur côté, saluèrent avec un saint tressaillement leur nouveau monastère et cette vallée gracieuse, entourée de hautes collines qui, limitant l'horizon, éléveraient sans cesse leurs regards vers le ciel.

Un acte de 1299 cite 17 des premières religieuses ; voici leurs noms : Dame Marguerite de Gex, prieure ; Sœur Béatrix Sesterhacy ; Dame Alixe Cherbonel ; Dame Catherine de (rongé ?)!; Dame Clémence, du mème lieu ; Dame Alise de Chäteauneuf; Dame Alise de Myolans; Dame Guillermine de Faucigny ; Dame Marguerite, du même lieu ; Dame (ruillermine de Noërey ; Dame Alise de Villar ;? Dame Béatrix de Lucinge; Dame Ambroise de Saint-Joire [sic); Dame Catherine de Noërey; Dame Reymonde de Bégnyns ; Dame Catherine de Lucinge ; Dame Béatrix de Chabuexl.

Selon les coutumes de l'Ordre, leur première visite fut pour leur céleste époux. Elles se rendirent donc à la chapelle du chapitre qui leur servit d'église jusqu’à l’achèvement de celle-ci, en 1290. Puis, la prieure assigna à chacune de ses filles la cellule qu'elle devait occuper.

La pieuse fondation de Béatrix était enfin réalisée. Durant cinq siècles, Mélan allait voir fleurir, dans ses murs, la vie des anciennes vierges de Bethléem. Jour et nuit, des prières et des chants, en même temps que le parfum d’héroïques vertus, devaient s'élever de cette solitude vers le ciel pour en faire descendre sur l’Église et la société une abondante rosée de bénédictions. Le seul fait de sa durée donne à cette communauté un lustre particulier ; car, on le sait, l'Ordre cartusien n’admet aucun relâchement à la sévérité de ses règles. Un de ses monastères dégénère-t-il, le mal est pris à sa

{ Le parchemin est illisible à cette place. Nous crovons cependant qu'il s’agit ici de Catherine de Pressié, mentionnée dans la grande charte de 1292 et dans un acte de 1343.

2 En 1281, on trouve une Jeanne de Villars, fille d’Eticnne I sire de Thoire-Villars et d'Agnès de Villars, prieure de Poleteins, une Béatrix de Villars, fille d'Humbert V sire de Thoire-Villars et d’Kléonore de Beaujeu, prieure du même couvent vers 1350 ; une de ses religieuses Marie était sa sœur. (Œuvres de Marguerite d'yngt, prieure de Poleteins, par Philipon, Lvon, 1877.)

racine : le monastère est supprimé. Quinze maisons de chartreuses furent fondées avant 1793. Dix d’entre elles disparurent successivement. Seules Mélan, Prémol, Salettes, Gosnay et Bruges subsistèrent. La solitude profonde de Mélan, les fréquentes apparitions de ses visiteurs, la sainteté d’un grand nombre de ses vierges et de ses vicaires, lui valurent l’insigne honneur de réaliser pleinement les intentions de celle qui l'avait fondée « à la gloire de Dieu, de sa sainte Mère et de tous les Saints. »

Avant d'aborder l’histoire de ce nouvel établissement, nous devons dire un mot de la hiérarchie religieuse et administrative ainsi que du règlement de vie des moniales chartreuses!.

1 Nous emprunterons les détails qui vont suivre à divers auteurs, mais spécialement aux statuts des moniales chartreuses et à la Vie de sainte Roseline, déjà citée.

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Clef de voûte.

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