VICAIRE : GUILLAUME DE SCIENTRIER
A famille de cette prieure était originaire de Riddes (en Valais). Elle vint de bonne heure en Savoie où elle se fixa à Flumet. Elle se divisa en deux branches : les de Riddes de Charbonnière et les de Riddes de Belletour. Ils jouèrent, au xvrr° siècle, un rôle important à Cluses*. Sous le priorat de Jeanne de Riddes se passent plusieurs actes, transactions ou reconnaissances, que nous allons rapidement analyser.
En 1311, le châtelain de Bonneville avait reconnu le droit de péche de Mélan sur tout le Giffre, droit conféré par Béatrix dans la charte de 1292 3. Le 29 avril 1320, Hugues, dauphin, confirme ce droit .
Le même jour et par les mèmes patentes, il accorde au monastère le droit de percevoir les dimes des vignes plantées à Marignier entre Ayse et le Giffre, et de celles plantées dans la dimerie de Blens (Châtillon). Il ordonne en outre à son châtelain de Châtillon de « délivrer audit Mélan quatre poses de terre, dans l'ile dudit Marignier. Suivent plusieurs autres donations sur Fraigny, les Fontaines, Valaru, Estain, Montami, tous hameaux de Châtillon ou de Marignier.
La même année 1320, le 13 juin, eut lieu une transaction entre le
1 Invent. Mélan, B. 4, f° 7.
? Lavorel, Cluses, etc., t. I, p. 231 ; Pettex, Notre sur l'historien Besson, P. è. renvoi 5.
3 Invent., arch. Mélan, f° 10, C. 1.
#4 Ihid., C. 2.
na —
prieur de Contamine et la chartreuse de Mélan. Celle-ci, comme nous l'avons dit, avait acquis les biens que possédaient les de Cellières en Mont-Luez. Ces biens contenaient environ 28 sétorées au lieu dit à la Ronzière, et se mouvaient du fief dudit prieuré de Contamine. Le prieur reconnut à Mélan le droit de dime sur ces terres, moyennant 60 sols pour les laods, 2 sols de cense annuelle et 6 deniers à chaque mutation de prieure de Mélan !.
Le vendredi après le 24 août de la même année, plusieurs particuliers de Châtillon et de Marignier déclarèrent que, d’après un acte signé Guillaume de Scientrier, vicaire de Mélan, diverses pièces situées rière leurs communes étaient de la dimerie de blé de la chartreuse, et que Mélan devait en percevoir les dimes suivant les patentes
à ce concédées par le souverain de Faucigny 2. Enfin, le 2 septembre de l’année suivante, une transaction avait
lieu entre Humbert Vigelli, curé de Marignier, et Mélan. Celui-ci cédait au curé le tiers par indivis des dimes d’'Antermes, des Rougières et du Chayney, et le curé, en retour, lui donnait les deux tiers des novales de Marignier *.
Mais l’acte le plus important du priorat de Jeanne de Riddes est l’acquisition, faite par la chartreuse, des moulins de Sallanches. D’après un parchemin, aux archives de Mélar, Béatrix avait, en 1283, albergé à titre de perpétuel albergement à Vuiffred de Cornillon, Anserme de Stissor, Anserme Quinery, Burnet Verdan et à leurs successeurs, les moulins, battoirs, fouloirs de Sallanches ainsi que les aigages qu'elle tenait sur les deux torrents de ce nom. Elle leur permettait en outre d'’édifier moulins, battoirs, fouloirs, dans les mêmes limites, et de prendre dans ses forèts les bois nécessaires pour réparations ou nouvelles constructions desdits moulins. Le tout sous la cense de dix muids de froment, payables à la Toussaint et à Carnaval*. Dans la charte de 1292, Béatrix cède à la chartreuse de Mélan le revenu de dix muids ci-dessus fixé*.
En 1321, les héritiers des susdits albergataires ne payant pas la cense convenue, Hugues, dauphin, résilie l’acte de 1283. Il remet ensuite et « cède à la chartreuse de Mélan toutes les choses et droits contenus au susdit albergement, avec promesse de garantie et injonction de contraindre par
1 Inv. Mélan, E. 3, f° 19.
? Acte original en parchemin aux arch.de Mélan. V. pièces justif., n°3. 3 Inv. Mélan, M. 6, f° 45.
4 V. pièces justif., n° 1.
ÿ V. page 35.
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amende les jurés de Sallanches à se servir desdits artifices!.
Le 1° février 1322, Jacquette et Jeanne Donzel, de Sallanches, vendaient à la chartreuse de Mélan une maison en ladite commune pour le logement du meunier ?.