VICAIRE : D. JACQUES FABRI
28 famille de Chissé dont nous avons parlé à l’année #22 1371 donne une nouvelle prieure à Mélan. Le priorat de Michelette est, qu’on nous passe le mot, une armistice entre les priorats de Joannine de la Croix et de Pantaléone de Cornillon. Les religieuses de Mélan sont heureuses de ce choix. Elles réclameront Michelette sous le priorat de Pantaléone, mais leurs réclamations ne seront pas entendues. D'ailleurs, sous ce priorat, comme sous les deux suivants, D. Jacques Fabri tiendra les rênes d’une main ferme.
A l'extérieur, comme à l’intérieur, l’administration de Michelette n'offre rien de bien remarquable.
Le 9 août 1504, la prieure renouvelle en faveur de Charles- Amédée l’acte de reconnaissance des biens que Mélan tient en fief du duc de Savoie. Fait à Mélan, en présence de la Dame Abbesse (sic). Signé : Jean Trombert de Tollon, bourgeois de Cruseilles, commissaire des extentes, pour le mandement de Châtillon et Cluses *.
La mème année, des subhastations, faites à la requête de Mélan contre Michel de Leponex, alias Dori, de Thiez, donnent au monastère une maison et une sétorée de pré au territoire des Crétex, une pose de terre en Moctousan et un tiers de pose en Prapin *.
1 fgaïe, 1X, 5.
2 Copie arch. de Mélan.
3 Inv., D. 19; f° 37.
Le 22 août 1505, Mélan augmente ses vignes à Vigny (Thiez) de 4 fossorées qu'il acquiert de messire de Marignier, seigneur de Berbey!.
Le 4 mars 1507, il alberge à P. Picrron, de Thiez, trois quarts de sétorée de pré en pré Lombard, sous la cense annuelle de trois quarts de froment 2.
A cette époque. les nobles Pierre et Jean du Châtelard (Saint-Sigismond), père et fils, possédaient par indivis avec Guillaume du Chàtelard et autres particuliers le quart des dimes de blé de Châtillon. Par contrat du 18 mars 1307, Mélan acquit ce quart de dime, mais l'Inventaire de la chartreuse ne donne pas le prix de vente ÿ.
Le priorat de Michelette de Chissé nous offre le premier contrat dotal de religieuses que nous rencontrions dans notre histoire. Nous avons vu qu'en entrant en religion, les religieuses conservaient leur patrimoine et qu'elles allaient mème, par abus, percevoir les revenus de leurs biens. D'autre part, dès leur entrée au monastère elles avaient encore le droit d’hériter. Les religieuses Claudine et Catherine Goudard avaient elles-mêmes accepté la succession de leurs parents, moulins de Cellières, droits communaux, 16 deniers de revenus annuels, etc., et avaient ensuite transmis le tout au monastère {. Plus tard, nous voyons Étienne de Lucinge faire un legs à sa fille Percevalle, religieuse à Mélan. Toutefois, les Statuts cartusiens ne permettaient pas alors aux filles entrant en religion d'apporter une dot à leur monastère. Aussi, le contrat dont nous voulons parler n'est-il pas explicitement énoncé comme contrat dotal.
Vers 1506, une demoiselle de Breyna”, Collette, faisait sa profession à Mélan. À cause de sa réception, son oncle noble François de Breyna, par acte du 7 juin de cette annéelà, donne au monastère, par donation entre vifs, 5 florins de cense annuelle et perpétuelle, payables par les héritiers de François Fabri,de Taninge. et à prendre sur leur martinet,
1 Inv., K. 20, f° 37.
2 Inv., L.20 ; f° 42.
3 Inv., 9. 11; f° 31.
{ V. Amortissement de 1434, copie arch. de Mélan.
5 Brenaz, hameau de Vinz-en-Sallaz, ancien fief qui en 1513 appartenait aux nobles dits de Taninge. (Note de M. l'avocat H. Tavernier.)