TRENTE-TROISIÈME PRIEURE CONNUE
ous avons dit un mot des nobles de la Frasse à l’occasion de Marguerite prieure en 1422. Le gouverneà ND ment de Georgie fut très court, d’une année au plus.
La période que nous traversons est du reste excessivement ingrate pour l’historien. Elle est pauvre en documents, et ceux qui nous restent nous laissent apercevoir une sorte de lassitude physique et d’affaissement moral. La société est épuisée par les luttes religieuses. La vie monastique ressent le contre-coup des malheurs publics. Les affaires sont dans
1'Inv., J. 15; f° 32.
2 Ex carta 1568.
une stagnation désolante. Un horizon nouveau s’ouvre à l’avenir par les œuvres littéraires et les découvertes de ce tempslà ; mais la transition est laborieuse.
A Mélan, l'état spirituel est sans vie, le temporel sans intérèt. Plus mème de lettres ducales amortissant les biens acquis. L’attention des ducs de Savoie se porte ailleurs et des guerres incessantes absorbent toute leur activité. En 1765, Charles-Emmanuel devra remonter deux siècles, jusqu’à 1567, pour renouer la série des lettres d'amortissement de notre monastère.
Deux actes d'achat peuvent se rattacher au priorat de Georgie de la Frasse.
Le premier est du 6 avril 1372. Messire Pierre Mermet, notaire, vend à la chartreuse « une Jouhente! de pré en l'Essert » (Taninge)?. L'autre est du 19 mai de la même année. Polet Maniguet vend à Mélan une pièce de joux en la montagne de Mont-Luez, lieu dit en Crolet, contenant une pose et demie*.
Sœur Bernarde de Neuvecelle, sœur Françoise Hygerii et la prieure elle-mème, Georgie de la Frasse, meurent en 1572.