CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Ascension de Paris à Cliavenay (Seine-et-Oise), •£! Beplcmlire iWTr, voyages aériens cxécntéa en 1879 dang l'cnceinle da grand liallon captif à vaptu 3Q jaillet 1S69, de Paris à Vinantea (Seine-et-Marne).
Nous avons exécuté, mon frère el moi, une nouvelle ascension aérostatique le samedi ùd septembre 1877. Il y avait pi-és de deux ans que je n'avais mis le pied dans la nacelle d'un ballon, et je commençais à subir les atteintes d'une véritable nostalgie aérienne. Le départ a eu lieu à trois heures vingt minutes, sur le terrain de l'usine Flaud et Cohendet, avenue de SufTrcn (Champ-de-Mars), M. Henry Giffard, qui se préparait à construire son grand ballon captif à vapeur pour l'Exposition de -1878, avait encore étudié un nouvel appareil à gaz hydrogène, dans lequel la réaction se produisait par la méthode ordinaire : décomposition de l'eau à froid sous l'action du fer et de l'acide sulfurique. Chaque fois qu'il expérimentait son appareil, il faisait gonller un petit ballon destiné k une ascension libre.
Le temps était magnifique le 39 septembre, le ciel bleu, le soleil ardent ; cependant l'atmosphère n'était nullement homogène, contrairement à ce qui s'observe habituellement dans des circonstances analogues. Trois couches bien distinctes s'y superposaient dans l'ordre suivant :
1° De la surface du sol h 4CX) mètres, couche d'air animée d'un mouvement très faible de l'est à l'ouest ; elle était limitée à la partie supérieure par une mince nappe de buée toutà fait transparente dans le sens vertical, mais très visible dans le sens horizontal;
2° De 400 à 800 mètres, deuxième couche d'air d'une température de
14° (thermomètre fronde) douée d'un mouvement assez rapide de l'esté
l'ouest de yO à 25 kilomètres à l'heure;
3° De 800 à 1 000 mètres, nous avons traversé une seconde zone de buée nettement limitée à 1 900 mètres d'altitude. Au dessus, l'air était presque complètement immohile ; à i 109 mètres, point culminant de l'ascension le ballon est resté stationnaire, comme nous l'avons constaté en prenant, un point de repère sur le sol ;\ l'extrèmilé du guide-rope pendu sous la
nacelle. On distinguait en effet nettement laterre à travers les deux zones de buée.
On voit donc qu'une couche d'air animée d'un mouvement assez rapide et limitée en haut et en bas par de minces couches de buée, glissait entre deux nappes d'air presque immobiles. C'est la première fois que nous avons constaté cette particularité atmosphérique.
A l'altitude de 1 100 mètres, le fond de l'air n'était pas à une température
HISTOIRE DE MES ASCENSIONS élevée {11°,50) ; cependant les rayons solaires étaient très ardents et très chauds.
A 4 heures 4ô minutes, le ballon a traversé dans sa longueur le réservoir de Marly, où il se réfléchissait comme dans un miroir,puis il a passé à 300 mètres au-dessus du clocher de Saint-Nom.
Le spectacle de la forêt de Marly, vue à travers la brume translucide comme une fine mousseline, offrait un lableau délicieux. Le soleil argentait les buées aériennes du côté de l'occident, et ses feux se reflétaient avec tant d'intensité dans l'étang de Vaucresson, que la surface de celuici ressemblait à une plaque de métal incandescents, l;m(,-ant au sein de la brume des rayons d'or.
Appnreil il gai des |>i'euiiera mérouantea. — Unnutiu île li>nii5ri . , coBclied-eau. (Pag» î».)
A 800 mètres, nous avons rencontré, planant autour de nous, un assez yrand nombre de /ils de la Vierge.
Ce fait montre que sous l'influence du soleil ou de mouvements tourbillonnants, les corpuscules légers suspendus dans l'air peuvent s'élever à une assez grande hauteur. J'ai rencontré, il y a déjà quelques années, des fils de la Vierge à deux mille mètres d'altitude.
J'avais emporté du nitrate d'ammoniaque pour faire un mélange réfrigérant, afin de condenser le givre, dans le but d'étudier les poussières atmosphériques à différentes altitudes; mais la formation du givre, que j'avais pu déterminer à terre, n'a pas réussi dans les couches supérieures, où l'air était très sec et les rayons solaires très intenses.
TÔIRE DE MES ASCENSIONS Aprt- -^ .oyage de deux heures, nous avons touché terre à Ghavenay
(Seine-et-Oise), à 23 kilomètres du poiut de départ.
Le ballon, qui cubait 4^ mètres, avait été gonflé très promptemenl au moyen du nouvel appareil à gaz hydrogène.
Nous donnons ci-dessous la coupe de cet appareil à gaz hydrogène, que M. Giliard construisit avec quelques améliorations, dans la cour des Tuileries en 1878.
Il nous paraît intéressant de donner une description succincte de cet appareil, en l'aisaiit comprendre son importance.
Les aéronautes, qui utilisaient la méthode de production de l'hydrogène par voie humide, se servaient habituellement d'appareils qui représentaient grossièrement ceux que les chimistes utilisent dans les laboratoires. Un ou plusieurs tonneaux contenaient du fer et de l'eau, on y versait l'acide sulfurique nécessaire pour déterminer la formation de l'hydrogène. La réaction, d'abord trop tumultueuse, devenait d'autant plus lente que le sulfate de fer prenait naissance avec plus d'abondance, le métal s'cncroûtant en quelqui* sorte du sel formé; après le dégagement
du gaz, une épaisse crislallisatiou s'amoncelait au fond des récipients, et souvent il fallait les briser pour en retirer le résidu. Cette métliode était grossière elbarbare.
M. Giffard, après l'avoir utilisée lui-même, en a immédiatement saisi les incoQvénients. Il a compris que pour obtenir, par cette réaction, un dégagement abondant et continu d'hydrogène, il fallait éliminer au fur et à mesure de sa naissance, le sulfate de fer résidu de l'opération et mettre sans cesse en présence de nouveaux éléments de la production du gaz.
Le second appareil de M. Giffard, moins remarquable au point de vue économiiiue que le précédent, est un modèle de dispositions ingénieuses et d'organes bien appropriés.
La ligure ci-contre (page 222) en est la reproduction exacte. Le générateur A est la pièce essentielle de l'appareil ; nous le décrirons dès à présent. C'est là que l'hydrogène prend naissance. La tournure de fer est introduite à l'aide du plan incliné B que l'on peut à volonté faire basculer. Elle tombe dans le large conduit C, disposé comme le gueulard d'un haut fourneau et rais à l'abri de l'air extérieur par une fermeture hydrauli(;ue mobile que l'on soulève au moment du remplissage à l'aide d'une corde enroulée dans la gorge d'une poulie D.
La tournure de fer remplit l'espace intérieur du vase A jusqu'à une plaque inférieure percée de trous et formant double fond. L'eau mélangée d'acide sulfurique arrive par le tube E à la partie inférieure du vase A. Elle s'y élève et dissout avec énergie la tournure ; l'hydrogène pro duit, se dégage avec abondance et s'échappe par le tube G. Le sulfate de fer en dissolution s'écoule par le tube en U, H et se déverse par une ca nalisatlon dans un grand bac. L'eau chargée d'acide sulfurique soulève par bouillonnement la tournure de fer, et les éléments de la réaction se trouvent constamment en contact si intime, que la production du gaz, à poids égal de substances, est trente fois environ plus considérable que dans l'emploi des appareils ordinaires. Le vase A où s'opère la réaction est intérieurement garni d'épaisses feuilles de plomb sur lesquelles l'acide est sans action; la réaction peut être des plus énergiques sans
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qu'il puisse en résulter aucun inconvénient. Telle est, en quelque sotte l'ftme du système, mais 11 \'o sans ilire que pour en assurer le fonctioimement régulier, il a fallu le compléter par toute une série de dispositifs ingéaieux et bien étudiés.
Le gaz produit dans le générateur traverse le laveur R, 1 epuratf à chaux S, le réfrigérant T, un compteur de dégagement V et se ensuite au ballon.
Avant de procéder au gonflement du grand ballon captif à vapeur, M. Henry Glffard à tait fonctionner dans lacour des Tuileries, son appareil à production d'hydrogène, à deux reprises différentes, et, pour déterniiner la densité du gaz produit, il a gonflé lors de chaque opération, un petit aérostat de 400 mètres cubes, dont le poids était connu. Une fois le petit ballon gonflé, ce qui a été fait en 95 minutes, il ne restait plus qu'à le conduire dans les airs alïn de déterminer exactement sa force ascensionnelle. La première ascension a été faite le 30 juin, par M. Jules Godard
et par moi, la seconde le 7 juillet par mon frère Albert et M. W. de Fonvielle, auxquels M. Giffard avait offert l'hospitalité des hautes régions.
Le voyage que j'ai exécuté le ;îO juin est représenté par le diagramme ci-joint (p. 294), Le tracédu voyage montre que le vent de terre soufflait du N, 0,, tandis que le vent supérieur soufflait du S. 0, Des vapeui-s très légères étaient suspendues à 300 mètres d'altitude. Les températures sont données par mon diagramme. La descente eut lieu près de Torcy
(Seine-et-Marne), après une heure quinze minutes de voyage.
Voici d'autre part le récit que mon frère a écrit au sujet du second voyage du 7 juillet:
« A 6 heures 30 du soir nous partions avec M, W. de Fonvielle ; le soleil à demi voilé par lesnuages nousa'permis de faire quelques observations intéressantes ou du moins de constater encore d'une fai.;on plus certaine la curieuse influence des eaux et des forêts sur la température à une hauteur variant de 800 à 1 ÔOd métres.A notre départ de la l'our des
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Toileries i 6 b«ures 30 du soir, te themiomètre c«atigraile tnarqamîll Je me suU élevé peu à peu. et lorsque notre ballon passait au-dessos de Cbenevîêre et des détours nombreux de la Marne, â &V mètres d'attitude, il De manioait déjà plus que 15*. Quelques moments plus tard ob air TÎf venait de la terre: la forêt d'Armanviiliers était à nos pieds et nom envoyait sa fraîcheur jusqu'à la hauteur de lôOO mètres; noos n'avions plus alors que t:^.
> Le crépuscule commence bientôt à tomber, des nuages d'une forme fantastique couvrent le soleil comme pour atténuer l'éclat de ses derniers rayons, un immense reflet rou^e couvre ta terre : la ville de Touman, le grand étang du parc des Larocbefoucaolt s'éclairent d'une Eacon extraordinaires et jusqu'aux deniièreslimites de lliorizo n, tout semble îUuDÙDé par des feux de Beagale des teintes les plus vives. Du côté opposé an coucber du soleil, un spectacle plus étonnant encore s'offre à nos yeox: c'est uu immense cumuins resplendissant de clarté dont ta base semble s'appuyer sur la couche de vapeurs située à ;$^) mètres d'altitude. Les cimes de c^ nuage ^t>.'antesque ëolairves par les rayons du soleil semblaient atteindre une hauteur de 1 ->Y> mètres au-dessus de nos tètes et étaient traversées par d^s t>an<]es de cumulus mamelonnés ; nous faisions partie de la deuxième rouohe de nuages.
kUne s-iTte de caverne d'une étonnante proportion, formée par l'ombre fartée des masses de vapeurs les unes sur les autres semblaient creuser ta base de ce cumulus et lui donnait ainsi l'apparence d'an monument colossal. Les icebergs du pMe, isolés au milieu des mers ijlacé^s peuvent seuls donner l'idée de ce formidable amoncellement de vapeurs. Ce cumulus a gardé sa forme presque pendant toute la durée de notre voyage, mais lorsque les derniers rayons du soleil couchant ont élè voilés parles brumes qui rentouraieat, il se produisit alors conuse on eSoudrement général de ce nuage admirable et en peu de temps nousle vîmes s'étaler sur celte couche de vapeur où nous étions revenus cous— même 8)II3 mètresi.
• Aprèsnolre descente.nousavons suqu*il avait pludans tes eavirtMis;
plusieurs éclairs ont aussi éclairé l'horizon à ce moment, de sorte que nous pouvons penser que ce cumulus gigantesque était un réservoir de pluie et sa prompte disparition au-dessus de la première couciie de nuages semblerait expliquer l'orage tombé sur terre à ce moment.
> Pendant notre voyage, noua avons eu trois couches de nuages bien distinctes, l'une à8iK) mètres, l'autre située certainement à 2000 et enfin des eirrus paraissant plus élevés, vers 3 000 mètres. Le même courant aérien poussait cette masse de vapeurs dans toute sa hauteur.
> A 8 heures 15 minutes, nous descendions à Breiiil, sitié à 3 kilomètres de Rozoy en Brie. »
Ce voyage, comme on a pu le remarquer, a offert à l'observation un fait des plus intéressants, celui d'un cumulus d'unedimension extraordinaire.
Pendant que ces ascensions s'exécutaient en vue d'essayer l'appareil à gaz, le ballon captif se construisait. M. Henry Ojffard m'avait fait l'honneur de me nommer directeur gérant de son installation grandiose, avec mon frère Albert comme sous-directeur. MM, Eugène et Jules Godard et Camille d'Artois, étaient les aéronautes choisis par l'éminent ingénieur pour exécuter et diriger les ascensions captives.
C'est en 18(i7, lors de TExposition universelle de Paris, que'litfard présenta au public son premier ballon captif à vapeur ; il inaugura pour l'étofTe du ballon, le système d'enveloppe formée de tissus superposés, séparés par des couches de caoutchouc, et qui convient admirablement pour les aérostatsde grand volume. L'annéesuivante,enl8fi8,il construisità Londres un nouveau ballon caplifà vapeur de l'jrxw mètres cubes dont nous avons déjà parlé précédemment; rappelons que cet aérostat,gonfié d'hydrogène,enlevait 13 voyageurs à 400 mètresd'altitude. Enfin en 1878, Giffard continuant à se faire la main dans les grandes constructions aériennes, installa dans la cour des Tuileries, à Paris, son immense ballon captif à vapeur, que l'on peut considérer comme une des merveilles de la mécanique moderne.
Cet aérostat constituait la plus grande sphère que l'homme ait jamais faite ; son diamètre était de 36 mètres, il avait un volume de 3.j 00(1 mètres
culjes;son poids total était de 14000 kilogrammes. L'aérostat, a marré à terre, avait 55 mètres de hauteur ; il pouvait contenir dans sa nacelle 30 voyageurs qu'il élevait à 500 mètres d'altitude. Pour gonfler ce ballon immense, Gifl'ard a construit un g!;^nd appareil à gaz qui permettait d'obtenir 1 OOU mètres cubes d'hydrogène pur en une heure.
Le ballon captif a été rempli de gaz, en 2ô heures de temps ; on a dû employer 190000 kilogr. d'acide sulfnrique à,Ti2', et 80 000 kilogr. de tournure de fer. Le ballon captif était ramené à terre par deux machines à vapeur de 300 chevaux qui étaient des chefs-d'œuvre de mécanique. En 1878, ce matériel admirable a lonctionné du 'Si Juillet au 4 novembre. II a accompli lOW voyages à 350 ouù 500 mi>tre& de haut, et a enlevé dans les airs 35*K)0 voyageurs.
En outre dea ascensions captives qui s'exécutaient quand le temps était favorable, un grand nombre d'ascensions libres ont été faites dans l'enceinte de l'aérostat captif lors de l'Exposition de 1878.
L'année suivante, en 1879, le ballon captif usé par le service fut regonflé dans la cour des Tuileries : un ouragan furieux le mit en pièces alors qu'il était arrimé k terre. Le ballon captif ne l'ooctionnait pas quand il y avait du vent ; il ei1t été de toute impossibilité que semblable accident survînt en l'air.
Un »n (iprrs l'espIoitatioiÈ du liallon captif, Je fis quelques mois après mou mariage, une ascension libre avec ma Jeune femme qui désirait se rendre compte des impressions d'un voyage aérien.
Le diagramme ci-contre (page 2;!!), représente l'état de l'atmosphère observé pendant cette ascension exécutée dans le ballon te Nalional ', le mercredi ;30 juillet 1879. Le départ a eu lieu à cinq heures préciaea^de l'u sine à gaz de la Villette ; l'aérostat dans la nac<2lle duquel nous avions pris place, un aéronaute Armand Petit, mon frère Albert, M"- Gaston Tissandier et moi, s'est dirigé ver;? le nord-est, entraîné par un vent sudouest. La température à terre, de "iHd" environ, était de 24" à l'altitude
1. Cet aéroslal, qui cubait fJOO mètres cubes, ylait alors pn lié le nient neuf. Il avait été coDbtriiil avec beaucoup Ue soins et d'iiabilcté pai' M. Armand Pclil.
de 400 mètres, et de 17" à 1 720 mètres, maximum de hauteur que nous avons pu atteindre. Un quart d'heure environ après le départ, nous arona traversé un nuage brumeux, très froid, qui a fait ' aussitôt descendre l'aérostat. Pour le traverser, nous avons dû jeter coup sur coup deux sacs de lest; le séjour y a été de trop courte durée pour que le thermomètre ait pu prendre l'équilibre de température. L'air, au delà, était sec et rhaud ; après deux heures et demie de voyage, le ballon
à 1400 mètres d'altitude, se trouvait à la hauteur de remarquables cumulus, suspendus tout autour de la nacelle, sur tous les points de l'horizon. Ci et là, des stratus de couleur foncée se détachaient de leur masse. A un niveau supérieur, on remarquait des cirrus très abondants, dont la forme était particulièrement pennée. Pendant la durée de notre voyage, qui s'est prolongé trois heures environ, nous avons vu descendre ces cirrus vers les régions inférieures, et produire, au coucher du soleil, un très beau halOj
as HISTOIRE DE MES ASCENSIONS
dont mon frère a reproduit les aspects par des dessine. Nos lecteurs ont eu si souvent soua les yeux la reproduction de pbéQomènea analogues, que nous n'avons pas cru devoir leur en donner un nouveau spécimen.
11 nous parait intéressant de faire remarquer que cette descente des cirrus des régions supérieures de l'air vers les régions inférieures, s'est manifesté le soir et le lendemain de notre voyage, par un abaissement de température et un ciiangetnent du temps à la surface du sol.
A six heures cinquante minutes, le ballon, revenu dans le voisinage de la terre, se trouvait au-dessus de la ville de Dammartin, à 29 kilomètres de Paris, à vol d'oiseau, La nacelle planait à 60 mètres au-dessus de terre lorsque le vent, changeant brusquement de direction, nous a fait tourner autour de la ville, et nous a dirigé vers le sud-est. Après un parcours de sept kilomètres dans cette nouvelle direction, l'aérostat a touché terre dans le voisinage de Vinantes (Seine-et-Marne), à sept heures quarantecinq minutes du soir.
Madame Gaston Tissandier fut à la descente, l'objet d'une telle curiosité de la part des villageoises, qui n'avaient jamais vu une dame descendre du ciel, qu'elle faillit être étouffée par la foule. A deux reprises dillérentes. nous dûmes venir la dégager des curieuses qui l'entouraient de trop près.
Un intervalle de quelques années allait s'écouleravantqueje ne retourne dans l'atmosphère ; j'y fus conduit â la suite de mes études sur la navî-