CHAPITRE VINGTIEME
La H holographie en hallor
On finit quel înLérî't poiirniient oITi-îr à l'art niUitairiî, A la topographie, ù lii géographie, les pliotograpliies du sot exécutées en ballon, à diflérentes altitudes. 11 ne nous parnît pas nécessaire d'insister sur l'importance de ce problème qui, à l'époque où je résolus de l'alioi-der, n'avait pas encoro été résolu d'une façon satisfaisante malgré de nombreuses tentatives. M. G.-N. Shadbolt, liabil'i opérateur anglais, a cependant obtenu A Londres des résultats remarquables qui ne laissent presque rien à désirer; deux photographies, notamment, faites par M. Shadbolt, l'une à (iiKt, rmitro iï !H)0 mi-tres d'altitude, sont d'une netteté suffisante pour bien disttuguer les défaits du sol et des constructions qui s'y trouvent.
Les expériences d'aérostnlion photographique que j'ai exécutées en IfWi.iivoi'lii collalioniliou d'un jeune et liabile amateur, dont j'ai déjà prononcé le nom, :M. Jacques Ducom. nous ont permis de faire mieux enooro; elles ont donné des résultats très complets quant il l'un des clicbês obttmns dont nous allons entretenir nos lecteurs. Le clichédonl n parlons. H été fait au-dessus de Paris.A CiOô mètres d'altitude; il est d't netteté qui ne laisse absolument rien A désirer; nous le reproduisons contre par l'héliogravure (page 2811. Oi^^lqu^^ autres phot<^rapfai qui li'oul pas donné des résultats aussi parfaits, sont cependant asa
satisfaisantes pour être signalées. Deux ou trois d'entre elles dépassent encore comme netteté, tout ce qui avait été obtenu jusqu'ici '.
L'ascension a eu lieu à l'atelier aéronautique d'Auteuil, le vendredi, 19 juin 1885, dans notre at'-rostat le Comm-andant Rivière; mon frère était alors absent, ayant entrepris un grand voyage aux États- Unis. M. Jacques Ducom s'occupait spécialement de la partie photographique de l'expérience, tandis que je fp renais soin de la conduite de l'aérostat; M. Georges Prus, ingénieur des arts et manufactures, nous accompagnait.
L'appareil photographique, disposé sur le bord de la nacelle, de manière à pivoter sur un axe, et & être fixé verticalement, est une chambre, dite de touriste 13/18, à soufflet tournant, construite par M. Mackensten. L'objectif est un rectiligne rapide n- 4, de M. Français, de 0",36 de foyer: cet objectif a été employé avec un diaphragme de 0",02G; son ouverture étant de 0'",tl36. Les photographies ont été successivement faites avec un obturateur de M. Français, et avec une guillotine i déclencliement pneumatique et ;\ ressort de caoutchouc, tout spécialement construite pour notre expédition, par M. Moussette. Le temps de pose, avec ce dernier système, était de 1/50 de seconde. On pourrait facilement obtenir un temps de pose de durée encore moindre, mais cela ne paraît pas nécessaire pour les opérations aérostatiques.
L'émulsion des plaques au gélatino-bromure d'argent employée a été aussi spécialement préparée par M, Bacard, et les plaques nous ont été gracieusement offertes par M. Véra.
Le départ a eu lieu à i h. 40 de l'après-midi, par un vent sud-ouest, nous dirigeant dans la direction du noi-d-est.
Dix minutes après l'aseeusion, une première pliotographîe a été exé-
1. On pourrii se reiidi-e compte des résullals de la pliotOKraphio aéronauliqiio jusqu'à ce jour, en visitaDt une des galeiics du Conservatoire des Arts et Métiers, où M. le colODel Lauasedala exposé les épreuves qui sont dues à M. Desmarets, à M. Shadbold elàd'aulreR opérateurs. Nous nous sommes oiupreaaés d'offrir i noire grand atablissemenl national les nouvciUes éprouver obtenues pendant noire récente eipérience.
ijai HISTOIRE DE MES ASCENSIONS
cutée h 670 mètres au-dessus âe la rue de Babylone et des magasins du
BoD-Marclu^
Une autre opération a étâ faîte au-dessus du pont Saint-Michel, à une hauteur presque semblable. On distingue nettement sur l'épreuve obtenue, le pont et le quai Saint-Michel, le quai du Marché-Neuf, l'état-major des pompiers près la Préfecture de police. On compte quinze voitures de place stationnant sur le quai du Marché-Neuf; on voit les tramways, les passants, et la trace d'une voiture d'arrosage, qui a marqué sur l'épreuve une traînée grisâtre.
Au-dessus de l'ile Saint-Louis, à 005 mètres d'altitude, l'appareil a donné le remarquable cliché que nous présentons à nos lecteurs, mais dont l'hélio-gravurc ne peut malheureusement pasproduire un fac-similé absolument exact quant à la finesse des détails (Voyez p. 281). Quand on examine à la loupe l'épreuve photographique elle-même que nous regrettons de ne pouvoir publier ici, on découvre des détails inattendus, tels que les rouleaux de corde dans un bateau amarré près de l'établissement de bains froids, des passants arrêtés sur le quai, etc. On peut, sur le cliché, compter les cheminées des maisons, formant en projection de petits points noirs sur les toits.
Une nouvelle photographie d'une très grande netteté, mais d'un ton un peu grisâtre, a été obtenue quelques minutes après notre passage audessus de l'île Saint-Louis, à 800 mètres d'altitude (3 h. 8 m.) au-dessus de la prison de la Roquette; on voit sur l'épreuve une partie de cette prison, et le groupe des maisons comprises dans le voisinage entre la rue Saint-Maur, la rue Servan, la rue Merlin, avec les entrecroisements Îot—\ mes par les rues Orner-Talon et Duranty. L'établissement du dépôt du Mont-de-Piété s'y distingue très clairement.
Au moment où nous allions quitter Paris, un bon cliché a été obtenu i S h. 13 m. au-dessus du réservoir de Ménilmoutant (altitude 820 mètres). On voit le fossé des fortifications, le boulevard Mortier, la rue Sîdnt- Fargeau, la porte de Ménilmontant et la caserne des remparts qui trouve entre Bagnolet pt le pré Saint-Gervais.
HISTOIRE IJE MES ASCENSIONS 28ii
Deux autres photographies ont été faites hors Paris, à des hauteurs plus considérables, de 1000 à 1100 mètres; l'une d'elles représente la campagne de Germigny-l'Evèque (S.-et-M.)i avec des chemins et des constructions, et l'autre le village de Lizy-sur-Ourcq, dans le même département. Ces deux nouvelles expériences ont été exécutées à 3h. l^ et à 3 h. 35 m.
Pendant la traversée de Paris que nous avons faite de notre atelier d'Auteuîl à la porte Ménilmontant, de 1 h. 40 m. à 2 h. là m., nous avons donc pu faire cinq photographies : l'une au-dessus des magasins du Bon-Mai'ché, la seconde au-dessus du pont Saint-Micliel, la troisième au-dessus de la pointe nord de l'ile Saint-Louis, la quatrième au-dessus de la Itoquetto, et la cinquième au-dessus des réservoirs de Ménilmontant et des fortifications. On pourrait facilement avoir dans la nacelle deux ou trois appareils photographiques avec un opérateur pour chacun d'eux; on obtiendrait ainsi une série continue de clichés ; on aurait pour le lever d'un plan des documents topographtques d'une incomparable précision. Enfin il ne serait pas impossible d'opérer avec des appareils panoramiques spéciaux, dont les résultats otTri raient encore un intérêt tout particulier.
Parmi les épreuves photographiques que nous avons rapportées, celle qui ne laisse absolument rien h désirer comme netteté, a été faite au moment où le soleil lançait ses rayons sur Paris. Les bonnes conditions d'éclairage sont indispensables, et au moment où les autres expériences ont été exécutées, des nuages assez nombreux formaient écran devant le soleil. Malgré l'instantanéité, il faut éviter de faire osciller la nacelle au moment où la guillotine photographique va être mise en mouvement; il est facile aux opérateurs de rester alors absolument immobiles. La translation de l'aérostat ne nuit pas à la netteté des épreuves obtenues ; pendant nos expériences, le courant aérien était assez rapide, puisque nous avons traversé Paris dans sa plus grande largeur, c'est-à-dire sur une étendue de II kilomètres environ, en 'i-2 minutes. La vitesse du vent a beaucoup augmenté postérieurement pendant la durée de notre ascension comme on va le voir par la suite de notre récit.
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ornent du (lôpai-t, des photographies instantanées ont été Taites de la nacelle et du ballon, par MM. Albert Londe et Vera, dont oii connaît la remai'i^uable habileté. Après le départ qui a eu lieu il 1 h. 40 m., l'aérostat est monté lentement jusqu'à 900 mètres d'altitude, et noua l'avons laissé bientôt redescendre danB des régions un peu moins élevées, de liOO à 800 mètres jusqu'au moment de la sortie de Paris, au-dessus du réservoir de Ménilmontant.
A 3 h. 20 m., nous passons à 1100 mètres d'altitude au-dessus de Meaux. Le soir même un autre aérostat, monté par M. Eugène Godard et plusieurs voyageurs, parti de Paris quelques heures après nous, allait atterrir dans cette localité.
Nous suivons actuellement une véritable route aéronautique très fréquentée, un lleuve aérien dont l'existence n'est pas rare. C'est à Meaux que Nadar est descendu en 1863, lors de son premier voyage du Gêanl; c'est à Meaux que nous avons déjà pris terre, mon frère et moi, le 37 juin 1870, avec trois voyageurs. Bien d'autres ballons sont descendus dans cette même direction.
On va voir un peu plus loin que Le commandant Rivière a passé entre Château-Thierry et Neuilly-Saint-Front, prolongement delà ligne de Paris à Meaux; c'est précisément au-dessus d'un bois que nous avons traversé, que j'ai fait en 18(j9, en compaguie de W. de Fonvielle, celte descente extraordinaire, au milieu d'un ouragan, qui nous fit parcourir, en traînant sur le sol, l'espace de 4 kilomètres en cinq minutes.
Mais revenons à notre voyage aérien du 1!) juin.
Les circonstances atmosphériques que nous avons observées méritent comme nous l'avons dit un peu plus haut, d'être enregistrées.
A l'altitude de 1 00(1 à 1400 mètres régnait un courant aérien, dont la vitesse de translation était assez considérable ; nous l'avons estimée â 40 kilomètres à l'heure environ. A i 400 mètres un massif de nuages blancs translucides s'étendait dans l'atmosphère, et tloltait à la partie supérieure du courant aérien. Au dessus, l'atmosphère était calme; de petit nuages planaient immoLiles â plus de )JOUO mètres, et le boleil était très ardent.
lïISTÔÏRBOBMËSTsÏÏËNSÎÔNS Après ùtro descendus tout près de terre au-delà de CbiUeim-Thi
(Voyez le diagramme ci-dessous), nous avons voulu nous élancer au-t des beaux nuages, iiu sein desquels nous étions plongés tout à l'heure. Mes compagnons de voyage MM. J. Ducom et G. Prus qui, pour la première lois, mettaient le pied dans la nacelle d'un ballon, ont pu voir que les récits des ai-éonautes n'ont rien d'exagéré quand ils décrivent les
splendeurs du monde aérien. Montagnes de vapeur aux vallées d'ai aux rellets cljloui8sants,ombre du ballon sur les nuages, entourée de l'auréole multicolore, spectacles immenses,admirés au milieu du calme et du silence imposant qui régnent dans ces régions élt'vées, vous èla» merveilles de la nature!
C'est à 6 heures, à l'altitude de IIHK) mètres que noua avons remarqiii l'ombre de notre hallon projetée sur la nappe blanche des nuées; elle
kau
formait un petit cercle giisiUie, entourée d'une auréole de diffractionaux sept couleurs de l'arc-en-ciel; quand nous uous sommes rapprochés des nuages, c'est seulement l'ombre de la nacelle et de la partie inférieure de l'aérostat, dont on distinguait la projection jrauréole prenait alors un diamètre plus considérable.
A 6 h. 10 m. nous nous apprêtons à commencer la descente ; le ballon
d-»prJB
va quitter les régions élevées, car il est temps de revenir A terre. Les - régions du soleil et des éblouissements de lumière sont abandonnées. Le Commandant Rivière traverse la banquise de nuages; la surface du sol, qu'on aperçoit bientôt, paraît grise et terne â côté de ces magnifiques pays d'en haut. On regrette de les avoir abandonnés si tôt.
Notre nacelle arrive prés de terre; bientôt IjercOe à l'extrémité de son guide-rope et de sa corde d'ancre, elle vient se poser, comme l'oiseau, au milieu d'un taillis du bois des Rozais, avant-poste de la forêt de Reims.
Nous sommes en pleine Champagne, à quelques kilomètres de Reims
dont la c;itli6di'ale so proAIc à l'horizon, à quelques centaines de mètres du superbe ch&teau de M. Poinmery, ou nous trouvons une bospitslilé si alTable et si cordiiile, i|ue nous ne pensons plus à regretter les régioDS
Nous donnons ci-conlre les diagrammes de deux autres ascenâOBt choisies parmi celles que nous avons exécutées mon frère et moi, en 1886, à notre atelier d'Auteuil. Le premier (page :SI3> figure une ascension £dle par mon frère Alben ïissandier en compagnie de MM. Friesé et Itaouls: cette ascension est remarquable par la vitesse du vent qui en moins de trois heures a emporté les voyageurs de Paris en Belgique. Le second diagramme (page 'Mi) reproduit un voyage aérien que j'ai exécuté en juin 1886 avec MM. Lannette et Maurice Leloir. L'ascension a été prolongée longtemps, pendant six heures environ, le vent était au faible et le chemin parcouru relativement peu considérable. On voit par les diagrammes, que dans l'un et l'autre voyage, la rapidité du vent était plus considérable — comme cela se produit fréquemment — pendant l'après-midi, que vers la fin de la journée. Dans l'un et l'autre voyage, les spectacles aériens, auréoles do diffraction et mer de nuages ont été incomparables de beauté.
Nous avons l'ait connaître au cumiiiencemenl de ce chapitre les résultats que nous avions obtenus avec le concours de M. J. Ducom, au siyet de photographies de la surface de la terre, prises de la nacelle du ballon, le liJ juin I88Ô. Pendant ce dernier voyage exécuté en compagnie de MM. Launette et Maurice Leloir, nous avons séjourné pendant plus de deux heures au-dessus des nuages. M. Maurice Leloir a eu le temps de crayonner mon portrait dans la nacelle même de l'aérostat à plus de 2^0(1 mètres d'altitude. .\u retour, réniinent artiste a exécuté la magnifique composition qui a obtenu tant de succès à l'exposition des aquarellistes en 1887. M. Maurice Leloir en me faisant hommage de ce tableau, m'a donné l'un des plus précieux souvenirs que m'aient jamais valu mes campagnes aéronautiques.
Lory de cette ascension, j'avais emporté un appareil pliotograpbique
dans la nacelle ; cet appareil me servit à faire au retour quelques vues intéressantes après la descente.
Nous reproduisons ci-contre l'une de ces photographies qui montre les voyageurs du Commandant Rivière, aidiint à charger dans un fourgon de chemin de fer le ballon plié dans sa nacelle (page 289).
Depuis cette époque plusieurs autres opérateurs ont renouvelé avec plus ou moins de succès, les opérations de photographie en hallon. Nous filerons d'abord les résultats obtenus par M. Pinard, lors d'un voyage aérien exécuté il Nantes le H Juillet 188.').
Nous mentionnerons dune manière toute spéciale, les remarquables essais esécutés pendant une ascension qui eut lieu des ateliers de Chalais- Meudon le 18. juillet de la même année. Le ballon était monté par MM. les cnpilaines du génie Cb. et P. Renard, et Georget, ce dernier chargé des opérations photographiques. MM. Renard et Georget ont' exposé à la de Société physique l'une des photographies obtenues lorsque l'aérostat planait à7"^ mètres au-dessus de l'École polytechnique à Paris, à 10 heures 17 minutes du matin. La vue en perspective est digne d'être signalée ; elle s'étend depuis le Panthéon, au premier plan, jusqu'au-delà du Sénat et du jardin du Luxembourg.
Nous avons entrepris, mon frère et moi, de poursuivre ces intéressaDts essais de photograghie aérienne, et voulant ne rien négliger pour obtenir des résultats aussi satisfaisants que le comporte l'état actuel de l'art photographique, nous avons résolu de confier le soin des opérations à un praticien d'une habileté reconnue. Nous ne pouvions mieux faire que de nous adresser à M, Paul Nadar, heureux d'offrir l'hospitalité dans la nacelle de notre ballon le Commandant Ririère, au fils de celui qui avait déji'i fait, il y a plus de vingt-huit ans, les premiers l'ssais de photographie aérienne.
L'ascension a eu lieu led juillet 1881), de notre atelier d'.\uteuil, à 1 heure ;>(l minutes. La descente a été opérée à 7 heures 10 du soir à Ségrie, dans le département de la Sarthe, après un parcours de 180 kilomètres environ. L'altitude niaxima n'a pis dépassé 1 700 mè-
Ires'. Pendant ce voyage de presque six heures de durée, M. P. Nadar n'a pas exécuté moins de3il photographies instantanées. Parmi celles-ci, il y en a une douzaine qui constituent incontestablement l'upe des pliu belles séries d'épreuves qui ait été obtenues en ballon. Nous citerons plus remarquables d'entre elles :
Diagramtni
Deux vues do Versailles, montrant en 'plan le chAtoau et les jardîi à 800 mètres d'altitude.
Une vue de Sèvres au delà do la Manufacture de porcelaine. Une vue prise en face de l'étang de Trappes, à 1H7 mètres d'altitud
1. Nous nous faisons un plaisir de mantiimnor ici l6!i remarqnablps résulUU obtew depuis, par M. le commandant Fi-ibourg, Inrs d'une ascensimi libri' exâcul^c a ComtnanilanlRenard et le eoinniaiidaat Coupillaud. Le dépaii du IjuIIqu eut lien k fidj tt'lier de Uhalais-Meudon. la 10 se]itemljre 1886. ha. pholograptrie en ballon catdestiKH à rendre asaur^ment de gronda sorvicos il Tarmoe.
Une vue d'uii quartier de la ville «le Beli^me diins t'Orne (quartier
Siiint-Pierre), à 1 100 mètres d'altitude.
Plusieurs vues perspectives de la petite ville île Saiat-Remy (Sartlir-Jct
des environs.
Ces dernièn's vm's, dont ([iioIiines-uTios ont vli) prises à 1 200 mètres
d'iiltitude, représentent une surface considérable, et n'en sont pas moins ti'c-s nettes dans tous leurs détails. Ces photographies ont été faites avec Inppareil placé dans des positions différentes, sur le bord de la nacelle, tantôt dans une situation voisine de la verticale, tantôt incliné de manière à former, avec la ligne de l'horizon, un angle variant de 25" à 45°.
Dans une seconde ascension exécutée la semaine suivante, M. P. Nadar a encore obtenu trois bonnes vues des bords de la Marne,- de Ghampiguy et du parc de Saint-Maur. Toutes les glaces, au gélatino-bromure, ont été impressionnées à l'aide d'un obturateur instantané. Ce voyage aérien fut
aP4 HISTOIRE DE MES ASCENSI ONS
effectué 80IIS la direction de mon frère, avec MM. Boudet et E. Maindroii comme voyageurs. Les résultats pli otogi-aphiq lies obtenus ont été très remarquables.
Nous ajouterons que M. Nadar a soumis ses clichés à des agrandissements, obtenus avec le nouveau papier Estmann, dont les épreuves offrent un aspect des plus remarquables.
Par la finesse de leurs détails et par l'exactitude de leur ensemlde, ces agrandissements font comprendre toutes les ressources que la science doit pouvoir emprunter à la photographie en ballon, dont la perfection ne laisse plus de doute aujourd'hui.
Ici se termine V//is(oire de mea nscc/isions jusqu'en 1887.
Si les voyages aériens dont on vient de lire le récit n'ont eu pour résultat que la connaissance d'un petit nombre de faits nouveaux, l'auteur oe se félicite pas moins de les avoir entrepris, parce qu'ils auront développé en lui deux passions qu'il espère ne voir s'éteindre qu'avec sa vie : l'amour de l:i Science et l'amour de la Pairie.