‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 2 sur 247 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

prières et de souffrances . Cette autre, cette ouvrière, ce missionnaire, cet apôtre, ce fut M""" Duchesne.

On comprendra facilement quel intérêt particulier s'attache pour nous à cette mission de la servante de Dieu, quand on saura que le champ de son apostolat fut cette ancienne Louisiane, qui, après avoir été la fille de la France, en est toujours restée la plus fidèle amie. « Nulle part, dit un écrivain, on ne trouverait des cœurs plus français que dans ce pays tout rempU, comme le Canada, des noms, des mœurs et des souvenirs de la mère patrie. C'est surtout au moment où la France est accablée sous le poids de ses revers que se réveille le sentiment de cette fraternité. Qu'il nous suffise de rappeler que, quoique ruinée ellemême par une guerre récente, par l'émancipation des nègres et les carpet bagger^s , la Louisiane a fourni, en 1870 et 1871, la somme de 400,000 francs pour nos soldats blessés, et, plus récemment encore, elle envoyait 40,000 francs à nos inondés du Midi'. » Un pays qui se souvient si généreusement de nous ne mérite -t-il pas que nous nous souvenions de lui? •

Mais plus haut que l'attention que nous lui devons comme Français, se place celle que l'Amérique nous commande comme catholiques. Certes, ne fût-ce qu'au point de vue de la grandeur matérielle, déjà notre ancien monde aurait raison d'admirer les accroissements prodigieux d'un peuple qu'un de nos écrivains

1 Molinari, Lettres sur les États-Unis et le Canada, cliap. xiv, p. 236 Paris, Hachette, 1876.

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