‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 213 sur 247 · SA DIRECTION SPIRITUELLE · texte numérisé non relu

SA DIRECTION SPIRITUELLE

Même fermeté de vues , même droiture de conduite dans les choses relatives au. gouvernement général de la Société. Durant la crise que celle-ci traversa, à partir de 1839, jusqu'en 1844, et parmi le dissentiment provoqué en Europe par un essai de changement dans les anciennes règles, M™" Duchesne avait commencé par protester à la mère générale « qu'elle serait avec elle invariablement ». — (( Toutes nos maisons d'Amérique, lui écrivait -elle, ont accepté respectueusement les changemeats opérés par M™^ Galitzin , parce qu'on y voyait vos intentions ; mais à votre seule parole, je suis sûre que l'on reprendrait l'ancien ordre de choses ^ . »

La même lumière lui donnait la connaissance des personnes et de leurs aptitudes. Par une lettre du 6 juin 1846, elle désignait pour les fonctions de mère provinciale des maisons d'Amérique celle-là même qui aujourd'hui les dirige en qualité d'assistante générale : a On verra, écrivit-elle, on verra généralement au dedans et au dehors avec plus de satisfaction une Provinciale de la nation américaine et de la même langue... C'est sur M'"^ Hardey que je jetterais les yeux, si j'avais à en parler-. » Quatre ans plus tard, M'""^ Barat sanctionnait cet heureux choix, et justifiait les vues de M™^ Duchesne.

Ce sommet lumineux de l'union à Dieu était un poste avancé du haut duquel elle veillait au maintien de l'esprit de son Institut. Sentinelle inexorable, elle ne laissait rien passer de ce qui pouvait en être une altération. Le goût de la magnificence, la recherche de l'éclat aux dépens du solide, dans l'éducation, étaient dénoncés fermement à j\Ime Barat. Elle lui citait, par exemple, le fait d'une élève externe, obligée de travailler pour s'entretenir à l'école,

1 Saint -Charles, 10 septembre 1847. — 2 ibid., 6" janvier 1844.

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et qui avait manifesté le dessein d'apprendre l'algèbre !... (( J'ai dit, écrivait -elle, que vous n'approuviez point ce goût des hautes sciences; cela n'a rien produit. On veut connaître tous les mouvements des cieux et des étoiles , et on ne sait pas l'histoire sainte, ni cultiver un jardin ' ! » Les choses saintes, la religion et les soins domestiques, voilà ce qu'elle plaçait au fondement et au couronnement de l'éducation ; et dans une autre lettre adressée à M°i° Boilvin : « Le P. Grival, écrit-elle, m'a dit qu'il reconnaissait au confessionnal les jeunes personnes élevées chez nous , par la bonne méthode qu'elles gardent pour le sacrement'^. » Plus on pénétrera dans les justes besoins de l'éducation des femuies, plus on donnera raison à M°^° Duchesne.

Elle priait pour les enfants , elle se mortifiait pour elles : c'était la dernière ressource et le dernier moyen de servir leurs âmes qui restât à sa vieillesse. Une fois, malgré son âge, elle jeûna huit jours de suite pour obtenir la conversion d'une élève qu'elle poursuivait d'une austère et infatigable affection. Cette jeune fille lui dut la grâce de la vocation religieuse. Plus tard , M""*^ Duchesne , alors près de mourir, ayant appris que cette enfant de ses prières était sur le point de faire profession , elle en versa des pleurs de joie et de reconnaissance.

Elle priait pour les missions et les missionnaires; et ceux-ci n'hésitaient pas à lui attribuer le succès de leur apostolat : « A chaque retour de mes missions, écrit le P. de Smet, je me faisais un devoir et un bonheur d'aller offrir mes respects à la bonne mère Duchesne; et je ne sortais jamais de ces visites sans être convaincu que je

1 Saint -Charles, 5 jura 1846. — 2 a M^e Boilvin, 17 décembre

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