TRANSLATION A SAINT-CHARLES
pagna lui-même la voiture à cheval, aidant les religieuses à passer la rivière, tandis que les braves gens porteurs de leur bagage refusaient de recevoir un sou pour leur salaire, disant que « prêtres et religieuses leur représentaient Notre-Seigneur Jésus-Christ ».
Saint-Louis n'avait donc été, pour M'° Duchesne, qu'une halle de quelques semaines, un poste d'observation , d'où il lui avait été donné d'embrasser d'un regard l'élat du catholicisme et l'œuvre des missions dans cette chrétienté. Saint- Charles du Missouri, où nous allons la suivre, ne sera pas non plus un séjour de longue durée. 11 faut nous habituer, dans ces divers changements, à voir M"° Duchesne descendre et rester longtemps dans des centres d’action de plus en plus petits. Le comte de Maistre l’a dit : « Rien de grand n'eut jamais de grands commencements. » Mais il faut observer en même temps que l'influence de la sainte missionnaire déborde son action. Par la force incalculable de sa prière, de ses désirs, de son initiative, de son exemple, et surtout de sa vie de sacrifice, M"° Duchesne embrasse l'Amérique entière. Ses lettres en font foi. Ce sera donc donner à son hisloire sa vérité comme son intégrité, que de montrer, à mesure que nous avancerons, l'accroissement de cette Église dont, de ses humbles retraites, cette femme apostolique provoque et prépare au loin le développement, semblable à ces grands feux allumés sur les montagnes qui, non contents d'éclairer le foyer où ils brûlent, projeltent encore leur clarté sur les campagnes lointaines.