‹ Histoire de Mme Duchesne [microforme]Chapitre 183 sur 270 · A MALADIE ET SA GUÉRISON · texte numérisé non relu

A MALADIE ET SA GUÉRISON

filiale soumission, aussi forte que tendre : « C'est demain que, dans tous les États, on célèbre la fète de l'Indépendance. Les catholiques n'oublient pas que ce jour leur a donné la liberté du culte. Quant à moi, je me transporte à votre fète du 22 (la fête de sainte Madeleine), et je célèbre en mon cœur l'aimable dépendance qui me lie à vous, et dont je bénirai Dieu jusqu'à mon dernier soupir {.» .

Me Barat lui répondit en mêlant à l’action de grâces pour son heureuse guérison la recommandation de ménager ses jours : « Je vous prie, ma chère fille, de vous laisser soigner. Voyez combien vous me causeriez de chagrin si vous tombiez malade. Je n'ai personne pour vous remplacer ; il faut au moins que vous viviez jusque-là ?, »—« Je ne désire de vivre, repartit M"° Duchesne, que pour consumer ma vie dans de plus grands travaux. Je sens que le repos n’est pas pour cette vie. Il faut avoir le corps à la gêne et le cœur sous le pressoir. Si je puis servir à la moindre petite œuvre pour la gloire du sacré Cœur, je consens à vieillir sans succès, sans reconnaissance, pour la seule gloire du Cœur en qui je suis votre fille indigne, Philippine ?, »

La fondation de Saint-Michel fut conclue entre les deux mères, d'autant plus facilement que M"° Duchesne venait de la négocier elle-même avec succès auprès de M Barat, comme nous l’apprend cette lettre à M. Delacroix : « J'ai évité de prononcer sur une affaire de ce genre avant de connaître les intentions de notre supérieure générale. Mais déjà sa dernière lettre sup-

! Fleurissant, 3 juillet 1825. 2? Paris, août 1825.

3 Fleurissant, 14 septembre 1825,

pose un consentement !, M"° Duchesne en adressa son humble reconnaissance à Celui dont elle voyait et adorait la main dans toutes ses affaires : « Le Père Van Quickenborn m'a fait lui-même cet aveu : « Je ne sais comment il se fait que tout va ici, car je n’y vois rien! » C’est bien autre chose de moi, pauvre pécore, vieille et sans talents, sans amabilité et sans vertu. Il n’y a que Dieu qui voit la fin°. »

En conséquence de cette humble disposition, M"° Duchesne écrivit pour faire attribuer à une plus capable qu'elle la conduite et le mérite de cette fondation: «Il n’y a que M"° Audé qui puisse être là, écrivait-elle précédemment à la supérieure générale. Il faut sa fermeté, son adresse, sa conduite irréprochable par sa grande prudence et régularité ; qualités qui la rendent propre à tenir un poste difficile‘, »

M°° Barat agréa, avec la proposition de M. Delacroix, la nomination de M"° Audé, qui devait être remplacée aux Opelousas par M'"° Murphy. Elle y mit en même temps la condition expresse que l'inspection générale des trois établissements resterait commise à M" Duchesne : « Vous allez donc avoir, écrivait-elle à celle-ci, trois maisons en Louisiane. Vous comprenez, ma fille, que deux de ces établissements étant confiés à de jeunes supérieures, elles auront besoin d’être guidées. La distance si grande qui est entre nous ne peut permettre, sans de graves inconvénients, que ces maisons soient immédiatement dirigées par votre mère. C'est à vous, ma chère Philippine, que j’en laisse la conduite comme

1 Le 1er mai 1824, 2 Fleurissant, 14 septembre 1825, 3 Fleurissant, 4er janvier 1825. — Jtem, à M. Delacroix, 1° mars 1825.

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